« Nous reconnaissons nos erreurs et nos insuffisances mais nous sommes déjà prêts à les effacer car nous serons bien là en 2017 »
Moins de 72 heures après la fin de cette première édition du Festival International de Pétanque de Millau (FIPEM), le président Francis Sabatier a accepté de répondre à nos questions. La voix éraillée et visiblement fatiguée, l’homme reconnait que ces 6 jours ont été particulièrement difficiles et regrette le manque d’aide et de soutien du monde de la pétanque, notamment aveyronnaise. Touchée mais pas coulée, l’équipe mise en place pour cette édition 2016 ne compte pourtant pas quitter le navire. Et annonce déjà un pré-programme pour 2017. Entretien.
Pétanque 12 : Président, comment allez-vous ?
Francis Sabatier : Je vais comme quelqu’un qui a eu la volonté de faire du bien à la pétanque, qui a conscience de ne pas y être vraiment arrivé et qui regrette de ne pas avoir eu l’aide et le soutien qu’il méritait sans doute.
Quel bilan plus précis tirez-vous de ce premier festival ?
Forcément mitigé. La participation a été sensiblement en dessous de ce que nous espérions et, à l’arrivée, même si nous n’avons pas encore les chiffres exacts, nous sommes loin de l’équilibre financier.
Comment expliquez-vous ce scénario ?
Il n’y a pas une mais plusieurs explications. Sur le plan de la participation, je dirai que les torts sont partagés. Nous avons commis des erreurs sur le plan de la communication et nous l’avons payé cash. En Aveyron, tout le monde était au courant que Millau repartait. Et pourtant la moitié des équipes se déplaçant traditionnellement à l’occasion du Mondial ont cette année manqué à l’appel. A l’échelon national cette fois, l’information a été déficiente. Notre plaquette de communication n’a pas été distribuée dans les délais et notre site internet a connu des insuffisances.
La participation est une chose, le déroulement des concours en est une autre…
Nous reconnaissons nos erreurs et nous les assumons. J’en profite d’ailleurs pour présenter toutes mes excuses à tous ceux et toutes celles qui ont souffert de ces divers désagréments. Je pense notamment au concours non officiel qu’était le Grand-Prix de la Ville de Millau. Ce concours n’avait sans doute pas lieu d’être et son statut a d’ailleurs été utilisé par certains pour nous empêcher de poser nos affiches.
Il n’y a pas eu que cela. Les tables de marque ont aussi posé pas mal de soucis.
L’équipe retenue pour assurer cette mission manquait d’homogénéité. Certains personnes ont fait un travail remarquable, d’autres ont été moins performantes. On saura s’en souvenir.
Vous êtres en train de nous annoncer qu’il y aura un deuxième FIPEM.
Cela a été annoncé à plusieurs reprises lors de la semaine qui vient de s’écouler et je vous le confirme aujourd’hui. Nous serons bien là en 2017 et un deuxième Festival International aura bien lieu. Le déficit 2016 est embêtant mais il n’est pas rédhibitoire. Nous avons contracté un prêt et la municipalité s’est portée garante. Rembourser ce prêt ne coûtera rien au contribuable millavois et même aveyronnais.
Vous avez depuis le début le soutien de la municipalité millavoise. C’est très bien mais on vous rappelle que ce sont les joueurs qui font, ou pas, le succès d’une manifestation.
Nous en avons parfaitement conscience et nous avons entendu leur mécontentement. Nous en avons d’ailleurs tenu compte et nous sommes déjà prêts à vous annoncer un pré-programme qui devrait être celui du Festival 2017.
On vous écoute.
Le premier changement, dans l’ordre chronologique des choses, concerne les inscriptions. Elles continueront à se faire par Internet mais pas seulement. Nous accepterons également les inscriptions par courrier. Ensuite, le Festival ne se déroulera plus sur 6 jours mais sur 5. On devrait débuter par une Grand-Prix de la Ville de Millau qui prendra la forme d’un National triplettes ouvert aux 55 ans et plus. Nous enchainerons le lendemain par les Nationaux doublettes seniors et féminines. Le troisième jour sera celui des Nationaux tête.-à-tête. Ensuite, il y aura les Nationaux triplettes et nous finirons par un National triplettes mixtes et par les compétitions jeunes. Une précision importate, tous ces Nationaux débuteraient le matin et se disputeraient en poules. Ils seraient complétés l’après-midi par des concours jouées en éliminations directes ce qui garantirait à chaque équipe inscrite de faire au minimum 3 parties dans la journée.
Et l’équipe de l’AGSM dans tout çà, ne doit-elle pas être étoffée ?
Serge Gaillard et moi-même avons été élus pour 3 ans. Nous serons donc là l’an prochain. Par contre, il est évident que notre équipe à tout à gagner à trouver des renforts. J’ai déjà prévu d’aller frapper à certaines portes mais notre porte à nous n’est fermée à personne. Surtout pas aux pétanqueurs de ce département qui pourraient nous faire bénéficier de leurs connaissances et de leurs expériences.
Et l’aspect festif et les concerts ?
Les deux concerts de cette année n’ont pas eu le succès escompté. On les supprime de la programmation. On se recentre sur la pétanque et seulement sur la pétanque.
Vous croyez que ce sera suffisant ?
J’ai de bonnes raisons de le croire. J’en veux pour preuve les promesses faites par les joueurs vedettes de cette 1ère édition qui m’ont tous fait la promesse d’être parmi nous en 2017. Je pense aux familles Rocher et Molinas, je pense à Marco Foyot, je pense à Maison Durk, je pense à Michel Loy. Je terminerai en disant un mot sur la note que le délégué de la FFPJP, présent pendant toute la durée de ce Festival, nous a octroyé en parallèle du rapport qu’il se doit de rédiger à destination de la Fédé. Laurent Rougier nous a donné un 79 sur 100. Même si elle n’efface pas tous les soucis rencontrés, cette note est une belle récompense pour tous les efforts fournis et un encouragement pour tous ceux qui restent à fournir. Nous reconnaissons nos erreurs et nous assumons nos responsabilités de dirigeants. Nous serons là, encore plus forts, en 2017.
Propos recueillis par Cyrille COSTES


