10 ans après, « Lulu » remet ça…
A 76 ans, Lucette Rech profite d’une quasi-retraite boulistique bien méritée. Elle ne joue quasiment plus même si elle reste très impliquée dans le seul club qu’elle a connu, la Pétanque de Creissels. En 2008, un certain Stéphane Guerrero l’avait déjà embauchée pour un championnat départemental en doublettes mixtes. Résultat de l’embauche, une place de finaliste et un titre de vice-championne. Dix ans après, « Lulu » vivait de souvenirs et ne pensait pas avoir la,chance de revivre une telle aventure. Mais quand Thibaut Bories l’a sollicitée pour en faire sa partenaire, elle n’a pas hésité. Mais pas question de se contenter de participer. Dès le début, la mamie creisseloise a senti que son équipe avait son mot à dire sur les terrains du foirail espalionnais. Sans doute l’intuition féminine. Retour sur un week-end où la complicité inter-générationnelle et l’Amitié ont fait des miracles.
Lucette Rech ne fait plus partie de l’échiquier de la pétanque féminine aveyronnaise. A 76, après quelque 40 de passion et de pratique, elle a rangé les boules et vit de souvenirs. Si vous êtes un habitué du boulodrome Paul-Granier à Creissels, vous connaissez forcément celle que l’on surnomme « Lulu », ce petit bout de femme qui s’active sans relâche derrière le bar. En semaine au service des habitués du lieu, le week-end à celui de ceux venus disputer tel ou tel concours : « Depuis que mon mari n’est plus là, je vis seule et je trouve le temps long. J’ai besoin d’avoir une occupation, et si possible de rendre service, pour me prouver que je sers encore à quelque chose ». Des services, « Lulu » en a rendus et en rend encore. Totalement impliquée dans la vie de la Pétanque de Creissels depuis plusieurs décennies, elle en a vu passé des générations. Elle pourrait être la grand-mère d’Aurélie et Thibaut, les derniers de la famille Bories : « Ces deux-là, je les ai vu naître, grandir, faire leurs premiers pas, jeter leurs premières boules… ».

Un profil de candidate au poste de Capitaine coach
Dans ces conditions, on comprend que les souvenirs ont du se bousculer dans sa tête, samedi soir sur le coup de 22 heures, quand le tirage au sort a proposé un 16e de finale opposant la doublette qu’elle formée avec Thibaut à celle d’Aurélie Bories et Dorian Guilhem : « Cette partie, je ne pensais pas la gagner. Sur le papier, ils sont plus forts que nous. En fait, je crois que c’est davantage eux qui l’ont perdue que nous qui l’avons gagnée. Quand je reverrai Dorian, je ne manquerai d’ailleurs de lui dire. Je ne comprends pas pourquoi il s’est entêté à vouloir jouer si long. Sans doute pour profiter de mon manque de forces à longue distance. Je lui dirai que quand on est un bon joueur, on pense d’abord à ses points forts et non aux faiblesses de l’adversaire. Surtout que l’état de grossesse d’Aurélie allait aussi dans ce sens… ». Décidément, cette « Lulu » possède plusieurs cordes à son arc. Bénévole, joueuse, la justesse et la lucidité de son analyse font d’elle une candidate toute désignée au profil de capitaine d’équipe.
« 15 jours de vacances et de pur bonheur »
En attendant, « Lulu » savoure et espère bien faire une place toute particulière à cet épisode espalionnais dans sa fameuse armoire aux souvenirs : « Ces 2 jours passés aux côtés de Thibaut valent pour moi 15 jours de vacances et de pur bonheur. Franchement, je ne pensais pas revivre un tel bonheur à mon âge. Cette histoire m’a donné du courage et m’a redonné envie ». C’est donc avec un état d’esprit tourné vers l’optimisme et avec un objectif bien précis que la doublettes Rech – Bories participera, le dimanche 20 mai prochain, au Championnat Régional Midi-Pyrénées à Montauban : « On ira pour se faire plaisir. A moi mais aussi et surtout à Thibaut, ce jeune homme adorable qui a su mettre dans l’équipe toute la confiance qui est la sienne aujourd’hui ». Ou quand l’alchimie de l’amitié, de la complicité et du talent reste sans doute la meilleure arme pour renverser des montagnes. C’est en tout cas tout le mal que l’on peut leur souhaiter.

