« Le Grand-Prix joue son avenir cette année »
Un cadre magnifique, une équipe organisatrice sympathique et conviviale, des terrains qui font l’unanimité ou presque, une dotation plus qu’attractive… le Grand-Prix Régional du Pet’ Onet Village ne manque pas d’atouts. Sa participation reste pourtant bloquée à un niveau qui est très en deçà de ceux réalisés chez les voisins proposant les mêmes types de formule. Quand La Primaube, Drulhe ou encore Villefranche dépassent allègrement la barre des 100 doublettes, Onet Village ne fait que s’en approcher (88 en 2014 et 93 en 2015). Pourquoi ? La question, le président Serge Bernié et son équipe l’ont tournée et retournée dans tous les sens. Sans parvenir, jusqu’à présent en tout cas, à y apporter une réponse. La 9e édition, programmée le samedi 11 juin prochain, se présente comme un véritable tournant. Serge Bernié nous dévoile sa nouvelle stratégie pour passer définitivement à la vitesse supérieure.
Propos recueillis par Cyrille COSTES
Pétanque 12 : Comment se présente cette 9e édition ?
Serge Bernié : J’ai envie de dire bien, comme chaque année. Il va pourtant falloir qu’il se passe vraiment quelque chose de différent sinon je peux vous annoncer d’ores-et-déjà que le Grand-Prix aurait vécu, en tout cas sous sa forme actuelle. On proposerait certainement un autre rendez-vous mais ce serait quelque chose de foncièrement différent.
Comment peut-on en arriver là alors que la société du Pet’ d’Onet Village, son équipe, son site et ses différents concours sont souvent cités en exemple ?
C’est comme un jeune qui obtiendrait les félicitations du jury quand il passe son examen blanc mais qui, le jour J, n’arrive jamais à décrocher son diplôme. Mettez-vous à notre place. On se met en quatre pour offrir plus et mieux que les autres, je pense à nos voisins organisateurs eux aussi de concours régionaux. Nous avons la chance d’avoir un site, aux portes de Rodez, qui fait l’unanimité. Nos terrains, variés et sélectifs à souhait, nous valent que des compliments. Mais à l’arrivée, c’est toujours le même résultat. Malgré les progrès faits ces deux dernières années, nous restons à moins trente voire moins quarante équipes en dessous des scores réalisés par certains. Avouez que c’est frustrant et comprenez que mon équipe, aussi motivée et mobilisée soit-elle, commence à se poser des questions.
Chaque année, vous proposez de nouvelles adaptations et l’on reste pourtant toujours aussi éloigné des 120 ou 130 doublettes, voire davantage, que mériterait un tel Grand-Prix. Pourquoi ne pas opter sur une formule sur 2 jours avec les parties finales du Grand-Prix doublettes qui se disputeraient le dimanche matin ?
On y a pensé tant ces parties finales dont vous parlez et que l’on tient tant à se voir jouer se disputent souvent à une heure fort avancée de la nuit et en présence seulement des derniers dirigeants et des arbitres. Offrir le coucher et le petit-déjeuner aux quatre équipes demi-finalistes et faire se disputer les parties du dernier carré le dimanche matin est effectivement une option séduisante mais cela supposerait que l’on enchaine le dimanche sur un concours sans doute en triplettes. Cela supposerait surtout que les bénévoles de l’association, déjà contraints de poser un jour de repos le vendredi pour tout mettre en place et offrir les meilleurs conditions de jeu aux joueurs, fassent de même le lundi cette fois pour tout ranger et remettre en l’état. Je demande déjà beaucoup aux membres de mon équipe. Là, ce serait vraiment trop.
Quelle va être votre nouvelle stratégie pour cette édition 2016 qui fête son 9e anniversaire ?
Je crois être quelqu’un d’ouvert qui essaie d’écouter les messages qu’on essaie de lui faire passer. Si nous n’arrivons toujours pas à décoller, c’est parce que nous avons du mal à mobiliser des joueurs aveyronnais. Trop de joueurs dits moyens préfèrent s’abstenir ou alors aller disputer des concours amicaux plutôt que de venir à Onet apporter de l’argent aux grosses pointures qu’elles soient aveyronnaises, tarnaises ou encore lotoises. Nous avons donc décidé de nous adresser à cette masse sans qui nous n’arriverons jamais à atteindre nos objectifs.
Concrètement, cela donne quoi ?
La particularité de notre concours est de concilier dotations financières et dotations matérielles. Aux 1 500 euros plus les mises, nous offrons en effet des lots en nature d’une valeur de 2 000 euros. Jusqu’à présent, ces derniers étaient distribués aux équipes atteignant le dernier carré. Nous avons décidé de maintenir le principe mais d’en faire profiter cette fois touts les formations allanat jusqu’en 8e et quarts-de-finale. Cela donnera un attrait supplémentaire aux parties de 16e de finales qui se disputent bien plus tôt dans l’après-midi et aussi en présence de bien plus de spectateurs. Nous espérons surtout que cette initiative sera perçue par l’ensemble des joueurs aveyronnais comme une chance et comme la preuve que le club du Pet’ Onet Village n’est là que pour donner de l’argent aux grosses équipes venues des autres départements.
Et si vous n’êtes toujours pas entendu…?
Si nous ne sommes pas entendus, nous sommes bien décidés à en tirer les conséquences. On reste, je crois, une équipe dynamique qui a envie de rester une force mobilisée pour proposer des rendez-vous intéressants à tous ceux qui aiment la pétanque. Nous saurons continuer à exister mais différemment. Mais je préfère ne pas en dire davantage. J’ose encore espérer que cette 2016 sera l’année qui va enfin marquer le passage du Grand-Prix à la vitesse supérieure.