En 1990 au National d’Aurillac, fin de partie contre Daniel Voisin et Laurent Morillon

Cette année-là, Dominique Pourcel, alors professionnellement basé à Aurillac, avait invité ses copains villefranchois à venir y disputer le National de la Ville. Et voilà Dominique Souyri, Patrice Hennequin, Thierry Ortalo et Nicolas et Cyrille Costes partis rejoindre Dominique Pourcel dans le Cantal. Après le National triplettes du samedi, place à l’épreuve en doublettes le dimanche. Cyrille et Nicolas Costes avancent dans le concours et atteignent, en début de soirée, les quart-de-finales. A ce stade-là, ils sont opposés aux grands favoris que sont Daniel voisin et Laurent Morillon. Les jeunes Villefranchois connaissent bien évidemment leurs prestigieux adversaires mais restent, eux, d’illustres inconnus. Des inconnus qui, sans prétendre se hisser au niveau de leurs adversaires, mènent un jeu très intéressant. Suffisamment en tout cas pour rester collés au score alors que l’on arrive dans le « money time » (9 ou 10 à 11). Cette fois pourtant, la cause semble entendue car les frères Costes n’ont pas la mène pour eux. Voisin a 2 points par terre et il reste une boule de tir à Laurent Morillon. C’est donc aux Villefranchois de jouer et il ne leur reste plus qu’une seule munition. Les 2 frangins discutent. Soit ils pointent mais, Laurent Morillon ne sachant pas ce que manquer veut dire, seul un devant de boule pourrait éventuellement les sauver. Cyrille Costes décide alors de tirer de rafle, estimant que, sur le bitume de ce parking de supermarché d’Aurillac, il est plus facile de faire carreau que de venir se coller à la boule. Nicolas valide ce choix. La boule sera frappée mais il n’y aura pas carreau. Laurent Morillon pointe et rajoute le 13e. Fin de la bataille. Daniel Voisin s’approche alors de Cyrille Costes et s’adresse à lui en ces termes : « Monsieur, je ne suis pas sûr que vous ayez fait le bon choix de jeu. A votre place, j’aurais pointé ». Et Cyrille Costes de lui répondre : « Monsieur Voisin, ce n’est pas maintenant qu’il faut me le dire. Il fallait le faire tant que j’avais la boule en main ». Un brin surpris, mais appréciant visiblement l’humour, le Montluçonnais conclut alors : « Messieurs, venez boire un verre ». Quelques minutes d’échanges pour le moins sympathiques plus tard, nous souhaitons bonne continuation à nos adversaires.
Un mois plus tard, changement de décor. Nous sommes de retour en Aveyron et, cette fois, c’est le National de Millau qui envahit le Parc de la Victoire. Ce jour là, il est 21 h 30 et les parties en doublettes doivent reprendre. Cyrille et Nicolas Costes sont présents au rendez-vous et ils s’apprêtent à jeter le bouchon d’une partie en cours et interrompue par le traditionnel arrêt de 19 h 30. Alors qu’ils jettent des dernières boules d’échauffement dans leur cadre du haut des allées, des vagues incessantes de joueurs et autres spectateurs montent ces mêmes allées pour aller investir les terrains mais aussi les tribunes du carré d’honneur. Parmi eux, les Montluçonnais Christian Fazzino et Daniel Voisin. Alors que le premier passe à notre hauteur et continue logiquement sa route, le second s’arrête. Il nous reconnait et nous serre la main. Surpris de se retrouver soudainement sans son fidèle partenaire, Christian Fazzino se retourne et demande à Daniel Voisin les raisons de son arrêt : « T’inquiètes pas, je vais venir. Il y a là 2 jeunes que je connais et qui jouent plutôt pas mal. J’aimerais les regarder jouer une mène ». L’histoire ne dit pas si la présence de Daniel Voisin a souri aux couleurs villefranchoises. La récente annonce du décès du joueur montluçonnais a en tout cas permis de redonner vie à ce souvenir.