1980 – 2014 : plus de 30 ans de souvenirs !

Quand approche la cinquantaine, on commence forcément à regarder dans les rétros. On fait travailler sa mémoire, il parait que ça fait du bien. Certains souvenirs sont très précis, d’autres beaucoup moins. ça ne fait rien, c’est comme ça, on n’y peut rien. Qu’ils soient restés précis ou alors devenus très lointains, qu’ils soient bons ou mauvais, j’ai eu envie de remuer ces souvenirs. De vider les cartons, de sortir les albums. Des rencontres, des victoires, des défaites, des images, des phrases, des anecdotes, des faits de jeu, des faits de vie… autant de moments forcément partagés avec nombre d’entre vous. Si vous vous reconnaissez dans ce qui va suivre, parce que vous êtes cités ou alors parce que vous vous souvenez avoir été au même endroit au même moment, si vous aussi vous avez des archives, notamment photographiques, n’hésitez surtout pas à vous manifester. Les documents numériques ont cet avantage d’être facilement corrigibles pour être précisés, développés. En un mot, pour être enrichis. Allez, c’est parti. Petit retour en arrière sur 30 ans de pétanque. Essentiellement en Aveyron… mais aussi un peu ailleurs.  

Cyrille COSTES

1980 : premier concours et première victoire avec Jérôme Bouviale

Je suis né à une portée de boule de la Place Saint-Jean à Villefranche-de-Rouergue. Un Saint-Jean sur lequel mon grand-père, artisan peintre à la retraite, passait toutes ses après-midis. La pétanque, vous l’aurez compris, je pouvais difficilement y passer à côté. Le déménagement de mes parents sur les collines environnantes, la priorité donnée à l’école…, autant de raisons qui expliquent que j’ai pourtant tardé à m’y lancer. Je me rappellerai toujours de mon premier concours. Ce devait être en 1980, je n’avais pas encore 15 ans. C’était un concours amical en doublettes réservé aux jeunes Villefranchois. Je faisais équipe avec Jérôme Bouviale. Je me souviendrai toujours de ce premier concours pour la simple et bonne raison que, un peu à la surprise générale, nous l’avons emporté. Je n’ai malheureusement jamais eu l’occasion de refaire équipe avec ce partenaire. Quelques années plus tard, Jérôme a perdu la vie au volant de sa voiture alors qu’il effectuait son service militaire et qu’il rentrait en permission à Villefranche.

1981 : première licence junior signée à la Pétanque Villefranchoise

Ma première licence remonte en fait à 1981. Je viens de souffler mes 15 bougies et je signe une licence junior à la Pétanque Villefranchoise. Cette année-là, les éliminatoires triplettes se disputent à Villeneuve. Je fais équipe avec Yvon Place et Kamel Mouzaïa. Nous perdons en finale mais nous nous qualifions pour la finale départementale organisée à Espalion. Pas mal pour une première même si beaucoup de choses doivent être rectifiées. J’oublie de regarder devant pour rester face à l’objectif qui nous prend alors en photo. Mais bon, ce n’est pas grave puisque ce n’est pas de moi dont il s’agit. La légende parle en effet d’un certain… COSTEM ! Ouf, j’ai eu peur…

1981-PremierChampionnat

1982, 1983 : les années blanches…, les années Bac

Durant ces deux années, je joue très peu. La priorité est donnée aux études avec les Bac de Français puis le Bac tout court. De mémoire, je ne joue que quelques championnats. Sans grands résultats. Ce que je retiens de ces années-là, ce sont surtout mes après-midi passées sur le Saint-Jean. Pendant les vacances scolaires où je n’attends qu’une chose… Que mon grand-père me fasse rentrer dans des parties avec des certains Diego Diaz ou encore Patrick Vinatier, ses deux grands amis. Diego arrive souvent le premier, les mains dans les poches. Ses boules sont dans la malle de la voiture à Papy Peyre (mon grand-père). Il va se servir et commence son récital. Il ne manque (presque) jamais. Six mètres, dix mètres… douze mètres, il frappe toujours et fait souvent carreau. 17 h 10, 17 h 15… Patrick Vinatier arrive enfin. Il a fini sa journée à la BOMAP. Il gare sa Peugeot 204 blanche souvent au même endroit. A peine sorti de sa voiture, il ouvre le coffre et la petite malle qui contient ses boules. Je me souviens… des ATC, diamètre 75 mm, 670 grammes. On fait les équipes et je rêve de tomber avec lui. Il le sait et il me prend souvent comme pointeur. Il apprécie mon application, j’admire sa discrétion et son efficacité. On sympathise. Il vient à la maison disputer des parties de ping-pong. Je rêve de disputer un concours à ses côtés.

1984 : décès de Patrick Vinatier et 1ère licence senior… toujours à la Pétanque Villefranchoise

VinatierPatrickFévrier 1984 : je décroche mon permis de conduire et Patrick me demande si je suis d’accord pour le prendre jouer un dimanche un concours de fêtes à Promilhanes, dans le Lot voisin. Bien-sûr que je suis d’accord. Sauf que ce jour-là, il a plu et nous n’avons jamais été à Promilhanes. Je pensais que ce n’était que partie remise. Je me trompais. En fait, je ne jouerai jamais avec Patrick Vinatier. Le vendredi 23 février 1984, Patrick Vinatier s’est donné la mort au domicile qu’il occupait avec sa maman. Il n’ avait pas 28 ans. Je me souviendrai toujours de ce jour-là. En fin d’après-midi, je bossais mes cours dans ma chambre. J’ai entendu mon grand-père arriver. Il venait souvent nous dire bonjour, à mon frère et à moi. Mais ce jour-là, j’ai vite compris que quelque chose n’allait pas. Je l’entendais parler à ma mère, il n’avait pas sa voix de d’habitude. J’ai ouvert la porte, j’ai tendu l’oreille, j’ai vite compris la mauvaise nouvelle. Un drame pour lui, une profonde tristesse pour moi. Dans les semaines qui ont suivi, mon grand-père s’est même mis à culpabiliser. Il s’est souvenu avoir trouvé Patrick mal dans sa peau. On était alors fin 1983. Pour le réconforter, il lui avait parlé de la nouvelle saison de pétanque qui allait redémarrer au printemps suivant : « Tu verras, ça ira mieux quand tu rejoueras. Tu retrouveras toute ta motivation pour défendre ton titre départemental en doublettes », lui avait-il glissé. « Monsieur Peyre, l’an prochain, je ne jouerai pas à la pétanque », lui avait alors répondu Patrick Vinatier. Sur le coup, mon grand-père n’a pas porté attention à cette réponse. Il l’a entendue mais il n’y a pas cru. Il se l’ai reproché jusqu’à la fin de ses jours. Un peu plus de 2 mois plus tard, Diego Diaz, en compagnie de Dominique Pourcel qui avait la lourde tâche de remplacer Patrick Vinatier, conservait son titre de champion de l’Aveyron en doublettes. Une victoire en forme d’hommage.

En ce début de printemps 1984, mon grand-père a besoin de se changer les idées. Je vais signer ma première licence senior et il s’est mis en tête de me former une équipe pour les championnats. Un samedi, Henri Perez, dit Riquet, me demande pour aller faire un concours officiel à Privezac. C’est une première. Nous ne gagnons pas mais Riquet dit avoir passé une bonne après-midi en ma compagnie. Papy Peyre saute sur l’occasion et lance : « Si tu es si content de lui, prends le pour faire les championnats ». Aussitôt dit aussitôt fait. Ou presque. En triplettes, nous ferons équipe avec Pedro Hernandez, dit Gringo.

Les printemps des « Premières »

Première participation à des éliminatoires seniors, première victoire et première qualification pour la Ligue à Auch !

Cette année-là, les éliminatoires se jouent un dimanche, à Capdenac pour le district de Villefranche. Quand Riquet vient me chercher le matin avec sa fameuse R5 verte, je sais déjà qu’il faut que je sois rentré assez tôt, le soir même, pour pouvoir prendre le train. Direction Toulouse, pour être à l’heure le lundi matin à la fac. Cela ne devrait pas poser problème tant notre équipe manque de repères et d’expérience. Je me souviens même pas si nous avions déjà fait un concours tous les 3 ensemble. Sur le goudron du centre-ville de Capdenac, nous sortons de poule. A midi, le contrat est déjà rempli. L’après-midi, les parties et les victoires (deux ? trois ? je ne sais plus) s’enchainent. Nous sommes les premiers qualifiés pour les demi-finales. Je suis à la fois content et embarrassé. Content parce que, qu’il arrive maintenant, on peut parler de véritable performance. Embarrassé parce que je sais que l’on ne peut pas gagner ce concours. Mais je sais surtout que je suis en train de rater mon train et en rentrant ce soir à la maison, je vais entendre le reste. Mais je n’ai pas le choix. La pétanque est un jeu d’équipe, je ne peux pas abandonner mes copains. Il est déjà plus de 22 h 30 et nous n’avons toujours pas d’adversaire. Cette fois, c’est Gringo qui s’inquiète de laisser sa famille sans nouvelles. Lui non plus n’est pas habitué à rentrer si tard quand il va jouer à la pétanque. En fait, pour lui aussi il s’agit d’une première ! Je le revois entrer dans la cabine téléphonique de la Place de la Roseraie, là où le concours se poursuivait en soirée. Je le ré-entens dire (du Gringo dans le texte) : « Allo Cristina, es Papa. Soy en demi-finale. Voy a me retardar ».  Notre milieu ne croyait pas si bien dire. Plus de 3 heures et deux victoires plus tard (dont une contre les locaux de l’étape, les trois frères Gussman), nous quittons Capdenac le titre de champions de district en poche. Je demande à mes deux partenaires de pouvoir garder avec moi le trophée Dulaurand. Histoire de ne pas rentrer à la maison les mains vides. Histoire de mieux faire passer la pilule du train qui est finalement parti sans moi…

1984-ChampionsDistrictTriplettes

On voulait voir Auch… on a vu Auch et « su bel edificio »

16 juin 1984, départ pour Auch où se disputent les 20e Championnats de Ligue Midi-Pyrénées.  Les « Dossamente, dossamente… » répétés de Gringo rendent le trajet interminable. Plus de deux heures et demies (avec une rapide pause café à Mauvezin , dans le Gers) plus tard, nous arrivons enfin à Auch. Il fait chaud, très chaud. Alors que nous essayons, Riquet et moi, de repérer le bon trajet pour rejoindre le terrain de boules, Gringo admire la grandeur et la beauté de la cathédrale auscitaine : « Es un bel edificio », lâche notre milieu. Dans notre bande, la remarque est devenue culte ! El Bel Edificio étant passé, le trajet menant au terrain étant repéré, nous nous mettons maintenant en quête d’une table pour une rapide pause déjeuner. Nous voulons faire vite et une Cafeteria de grande surface fera l’affaire. Nous prenons nos plateaux, Riquet ouvre le bal, Gringo ferme la marche. Entrée, viande, dessert… les caisses sont déjà là. Sauf que, quand on se retourne avec Riquet, plus de trace de Gringo. On pense qu’il hésite encore entre deux plats et qu’il ne va tarder à nous rejoindre. La queue, déjà longue, commence à s’impatienter. Nous payons pour ne pas encombrer et nous partons réserver une table. Nous commençons à manger pensant que cela va le faire venir. Le problème, c’est que les minutes passent et toujours pas de Gringo. Déjà qu’à trois, ça s’annonce difficile, à deux on n’y arrivera pas. Il faut retrouver Gringo. Visiblement, la disparition  ne coupe pas l’appétit de Riquet alors moi, quitte à manger froid,  je pars à sa recherche. Toujours personne en caisse alors je demande à pouvoir revenir sur mes pas. Desserts, viandes…et d’un coup, je découvre notre homme, planté là, le plateau à la main, devant le rayon Entrées. A sa hauteur, un panneau indique : « Composez vous-même votre plateau ». Gringo, lui, commençait à s’impatienter. Il attendait que qu’une employée veuille bien le servir.  Un fou rire plus tard, on retrouvait Riquet. L’aventure, le mot n’est pas trop fort, pouvait continuer.

Premiers arrivés, premiers repartis…
Nous sommes finalement parmi les premiers à arriver sur le site de ce Championnat de Ligue. Nous cherchons une équipe avec qui l’on pourrait faire quelques mènes d’échauffement. ça tombe bien, les Espalionnais Archimbeaud, Salerno et Routaboul s’entraînent juste à côté. Le problème, c’est que nous on les connait mais eux, ils ne nous connaissent pas. Heureusement, nous avons les mêmes tenues qu’eux. Ils nous demandent de quel district nous venons. Ils acceptent de faire quelques mènes. Nous ne touchons jamais le bouchon. Malheureusement, il en sera quasiment de même pendant les deux parties perdues en poules. Nous n’avons pas tenu plus de 2 heures dans la canicule gersoise. Suffisant en tout cas pour choper un zona plus que douloureux dont je mettrai des semaines à me défaire. Gringo, qui entre deux boules jouées, allait chercher de l’ombre sous un arbre, ne souhaite pas s’attarder. Nous étions les premiers arrivés, nous sommes les premiers à repartir. Il n’est pas 20 heures et nous sommes déjà de retour à Villefranche. Je connaissais Auch pour y avoir été y faire  les fameux 3 jours préalables au service militaire. Cette fois, j’ai connu Auch via un aller – retour express.

1985 : Costes / Catusse, le début d’une longue et belle histoire

Ce samedi-là, il y a un concours officiel en doublettes à Claunhac, commune de Salles-Courbatiès. Même si on n’a pas fait les championnats ensemble cette année-là, je joue avec Riquet (Henri Perez). On en gagne une, deux, trois…et ce qui devait arriver un jour ou l’autre arrive ce jour-là. Le tirage au sort annonce la partie Costes contre Catusse qui fait équipe avec un certain Christian Lafon. Plus de 10 ans après avoir été Champions de France puis Vice-Champions du Monde, les deux compères continuent à écumer les petits concours départementaux. Je suis content de ce tirage. Cela va nous permettre de nous étalonner face à l’une des toutes meilleures équipes aveyronnaises. Les Decazevillois ont la pièce, ils nous prennent dans une rue du village. On  a intérêt à bien maitriser le sol en bitume parce que, de ce guet-apens, on ne peut pas vraiment s’échapper. Coincés sur les côtés, on est condamnés à faire des allers retours comme dans un vrai match de tennis.  Dès les premiers échanges, Catusse et Lafon sont égaux à eux-mêmes. Ils jouent bien. Nous on s’accroche. On est peut-être en sur-régime mais on soutient la comparaison. Il en sera ainsi toute la partie, partie que l’on finit par perdre sur la plus petite de marges (13 à 12). Jusqu’au bout, on les a inquiétés et c’est pour moi comme une première victoire. Nos adversaires nous paient à boire et Jean-Claude Catusse me félicite quant à la qualité de mon jeu. Cela fait plaisir. Je dirai même que c’est comme une deuxième victoire.

Première contre Catusse - Lafon un samedi à Claunhac : victoire à 12 des Decazevillois. Plus de 15 ans et 23 confrontations plus tard, il y a avait 12 à 11. Pour Catusse ? Pour Costes ? Je ne me souviens pas.
Première contre Catusse – Lafon un samedi à Claunhac : victoire à 12 des Decazevillois. Plus de 15 ans et 23 confrontations plus tard, il y a avait 12 à 11. Pour Catusse ? Pour Costes ? Je ne me souviens pas.

La victoire, la vraie, ne va pas tarder. Le lendemain, le dimanche, concours à La Fouillade. Je ne sais plus s’il s’agit d’un concours officiel ou bien d’un concours de fête. Peu importe. Il y a un monde fou et je fais équipe avec Dominique Souyri. A l’annonce du tirage au sort, j’entends Costes contre Catusse. L’heure de la revanche a sonné mais j’aurais préféré attendre un peu. J’aurais préféré rester sur l’impression de la veille. En tout cas, j’ai pas intérêt à me louper sinon cette bonne impression aura déjà vécu. Ce jour-là, Jean-Claude Catusse joue avec un certain Gilles Billaut que je n’ai jamais battu dans les confrontations en junior. Catusse pointe devant ce qui en fait un adversaire encore plus direct que la veille. Sur des terrains variés et légèrement inclinés, Domi et moi jouons bien. Nos adversaires beaucoup moins. Le verdict est sans appel. 13 à 5, la victoire est nette et sans bavure. Je tiens ma revanche. 1 à 1, balle au centre et vivement la belle. La belle sera plus que belle, elle sera incroyable (lire ci-après, année 1986). Dans les dix ans qui vont suivre, les confrontations Costes contre Catusse vont devenir un véritable classique de la pétanque en Ouest Aveyron. Si ma mémoire ne me fait pas défaut, notre dernière affrontement remonte à 1992 lors d’un concours officiel à Salles-la-Source. Selon les statistiques que je ne manquais pas de tenir, c’était le 23e du nom. Comme tous les autres, il a longtemps été incertain. Je me souviens de ce tournant de partie quand Jean-Claude Catusse a choisi d’aller sous un arbre pour condamner mes portées à l’appoint.  Mon frère Nicolas a moyennement apprécié et il n’a pu s’empêcher de le dire : « Quand on s’appelle Catusse et qu’on a besoin de ça pour gagner, c’est grave ». Nous avons perdu la partie et nous avons été boire un coup à trois. Nicolas n’est pas venu. Après cette 23e confrontation, le compteur indiquait 12 à 11. Pour qui ? Je ne me souviens pas. Y-aura-t-il une 24e partie ? Pas-sûr. Mais sait-on jamais ! C’est bien connu, certaines histoires n’en finissent jamais de s’écrire.

1986 : une doublette improbable pour une aventure incroyable

Mai 1986, matin d’éliminatoires doublettes. Le district de Villefranche a rendez-vous à Maleville. Cette année-là, je n’ai pas d’équipe pour disputer les championnats. Je décide quand même d’aller voir jouer. Je m’arrête boire un café au bar Le Saint-Jean siège de la Pétanque Villefranchoise. J’allais repartir quand arrive un certain Joël Périé. L’enfant de Cabanes, commune de Labastide-L’Evêque, me demande ce que je fais là. Je lui réponds : « Comme toi, je suppose que tu montes à Maleville ». Joël Périé fait alors du Joël Périé : « On le fait ensemble. On jette quelques boules, on en fait rire quelques-uns et après ce sera l’heure de l’apéro… » Je ne me reconnais pas dans de telles perspectives. Jeter des boules, cela ne me ressemble pas, surtout lors d’un championnat. M’inscrire pour simplement participer ne m’intéresse pas. Joël insiste. Je finis par accepter à une condition. Qu’on s’applique et qu’on se donne le maximum de chances de faire partie des heureux élus qui feront le voyage à Camarès, lieu de la finale départementale.

Joël prend sa voiture et nous montons à Maleville. Arrivés la-haut, je suis chargé des inscriptions. Je commence à faire la queue mais je suis vite obligé de quitter les rangs. Je ne trouve pas ma licence. Je vais voir Joël pour lui dire qu’il peut rentrer les boules. On ne jouera pas parce qu’ils ne voudront pas nous inscrire sans les deux licences. Marc Nogaret me prêt sa 104 ZS. Je « fonce » à Villefranche, récupère ma licence restée dans la portière de la voiture et remonte à Maleville. J’arrive juste à temps. Sur le gong, la doublette Costes – Périé est finalement inscrite. Ce jour-là, il ne peut plus rien nous arriver…

En matinée, effectivement, il ne nous arrive rien. Nous sortons sans souci de poules. On est à l’heure pour l’apéro. Mais, comme on pouvait s’y attendre, ça se gâte lors de la partie après poules. Nous affrontons une autre doublette villefranchoise composée de Yves Servières et Barbe. M. Barbe était un Villefranchois d’adoption. Il avait débarqué dans la Bastide pour raisons professionnelles. C’était un tireur très adroit. Quand il a été dans le rond pour tirer à la gagne, j’étais sûr que c’était fini. Il y avait sept mètres, le terrain était sablé et la boule était bien dégagée. Comme prévu, M. Barbe est tombé sur la boule. Mais il est tombé sur la tête de la boule. Comme dirait l’autre, il a fait casquette. Nous avons marqué et deux mènes plus tard, nous leurs serrions la mains. En vainqueurs. Cette fois, c’était sûr. Plus rien ne pouvait nous arriver. En fin d’après-midi, une dernière victoire nous ouvre les portes de la finale départementale à Camards. Joël Périé devient intenable. La demi-finale qui nous oppose à Souyri – Nogaret tourne vite à la rigolade. On échafaude déjà des plans pour notre sortie en Sud-Aveyron. Cela promet. Il s’agira en tout cas de ma première participation à une finale départementale en doublettes.

Week-end en Sud-Aveyron : arrivés en parfaits inconnus, repartis en (presque) héros

Le samedi, veille de la finale du championnat doublettes, il y a un concours à Creissels. Marc Nogaret, qui a un pied à terre dans le Sud-Aveyron, propose la chose suivante. On part tous les 4 (lui, Dominique Souyri, Joël Périé et moi) le samedi en fin de matinée et on se fait un week-end 100% pétanque. La semaine qui précède, le tirage au sort livre son verdict. Une poule attire toutes les attentions, c’est la poule 6 alias la fameuse poule de la mort : Artal père et fils (Gaby et Rémy),  Archimbeaud – Salerno, Mourino – Bousquet et… Souyri – Nogaret. Excusez du peu. On sait déjà que 2 doublettes pouvant prétendre au titre départemental ne sortiront pas de poules. La nôtre poule n’est pas mal non plus avec Jean-Pierre Mas et Bernard Rouquayrol,  qui ne  sont autres que les champions en titre,  les Ruthénois Jean-Pierre Baudounet et Marc Privat et les Decazevillois Madeira – Sénézergues (ou Madeira – Azéma). Pas suffisant en tout cas pour remettre en cause l’euphorie dans laquelle on baigne depuis notre qualification surprise à Maleville.

Samedi, tout début d’après-midi. Nous arrivons à Creissels où nous avons décidé de panacher les équipes. Je jouerai avec « Domi » Souyri, Joël avec Marc.  A peine sorti de la voiture, Marc Nogaret, très connu en Sud-Aveyron d’où il est originaire, est abordé par un certain Jean-Pierre Mas : « Tu dois les connaitre ces Villefranchois Costes et Périé que l’on a dans la poule ». Et Marc de partir dans cet éclat de rire dont il a le secret : « Oui, je les connais. D’ailleurs je les connais tellement bien que je te les présente », dit-il en se tournant vers Joël et moi. Poignées de mains (les bises n’étaient pas encore à la mode !), invitation à prendre un café  ensemble et, très vite, le championnat du lendemain s’invite dans la conversation. Plus personne ne parle du concours qui va démarre, tout le monde a déjà l’esprit tourné vers demain, vers Camarès. Arrivent alors les « Artaux » (c’est comme ça qu’on les appelait dans la bande) et ça commence à chambrer dur. La fameuse poule 6 a visiblement déjà débuté, notamment sur le plan psychologique. Moi, je ne dis rien. J’écoute, j’observe, je découvre des têtes dont j’ai beaucoup entendu parler et qui font régulièrement la « une » de l’actualité pétanque en Aveyron. Pour tout dire, j’aimerais aller jeter quelques boules mais je n’ose pas quitter la table. Celui qui parle le plus c’est incontestablement Gaby Artal. Il parle même de nous inviter, le soir même, à venir découvrir sa cave à vins… Je découvre des gens différents. Personnellement, je ne me verrai pas passer la soirée avec des joueurs qui seront mes adversaires le lendemain matin de bonne heure, surtout en championnat. D’un coup, le graphique annonce la fin prochaine des inscriptions. On s’active enfin. On est venu la veille d’abord pour jouer que je sache !

Dimanche, jour de finale à Camarès. La soirée a été plutôt calme mais la nuit a été courte. J’ai mis du temps à m’endormir. Je faisais déjà la partie d’entame contre les champions en titre, Jean-Pierre Mas et Bernard Rouquayrol que j’avais connus le jour même. Pourvu que l’on ne soit pas ridicule. C’est seulement notre deuxième concours ensemble, Joël et moi. Nous manquons trop de repères. En plus, il paraît que les terrains goudronnés et pentus sont très sélectifs. Cela nous changera du sablé de Maleville. On a intérêt à bien pointer car on va forcément manquer de tir. Joël n’est pas maladroit mais il joue peu et surtout il ne tire jamais…

Rouquayrol 13 – Costes 10 : une défaite initiale à la fois rassurante et frustrante
On a un peu de route à faire et il tarde de découvrir ces terrains. Je suis vite rassuré. Sous un beau soleil printanier, la place de Camarès offre des cadres certes sélectifs mais qui paraissent plutôt francs. Contre Rouquayrol, l’entame est plutôt encourageante. On marque assez rapidement et je suis rassuré. Ils ont beau être champions en titre, ils ne les jouent pas toutes. En fait, c’était peut-être notre chance de les prendre en première partie. La machine n’est visiblement pas encore réglée mais, sans doute parce que nous avons été trop respectueux, plus exactement pas assez audacieux, nous nous inclinons  finalement 13 à 10. On nous aurait dit çà avant de commencer, je crois qu’on aurait signé de suite. Mais là, on réalise vite que l’on est peut être passé à côté d’une première et belle performance. Pourvu que l’on n’ait pas à le regretter. Pas le temps de gamberger, juste de prendre des nouvelles des copains (Domi et Marc s’imposent à 11 face aux Artaux et s’apprêtent maintenant à défier les Espalionnais Eric Archimbeaud et Nicolas Salerno) et Clément Madeira et Roland Sénézergues nous attendent déjà pour faire la pièce. De cette partie, je n’ai aucun souvenir précis. La seule chose dont je me souvienne, c’est que nous l’avons emporté gagnant ainsi le droit de disputer une partie de barrages. Cette première victoire fait beaucoup de bien au mental. Elle montre en tout cas que notre qualification pour cette finale départementale était sans doute une surprise, certainement pas le seul fruit du pur hasard. Midi approche, la chaleur s’est installée et nous n’avons toujours pas rangé les boules. A l’arrêt des parties, les deux équipes villefranchoises partagent le même bilan. Pendant que nous imposions face aux Decazevillois, Souyri et Nogaret ne pouvaient strictement rien faire face au niveau de jeu des Espalionnais incontestablement deux tons au-dessus. A l’arrivée, cinglante défaite 13 à 1. Après un repas terminé par un très bon Roquefort, place, sous une chaleur devenue suffocante, aux parties de repêchage. Est-ce la chaleur ? Où alors le Roquefort qui a du mal à passer ? Le tout est que Marc Nogaret passe complètement à côté de sa partie (nouvelle défaite 13 à 1 contre Alain Mourino et Bruno Bousquet) et que nous deux copains deviennent vite nos premiers supporters.

Sortie de poule, d’autres Villefranchois à l’horizon…
Cette troisième partie de poule non plus ne m’a pas laissé des souvenirs impérissables. Une chose est sûre. Nous ne sommes certes pas favoris (la même année, nos adversaires des Quatre-Saisons, Jean-Pierre Baudounet et Marc Privat, se sont qualifiés pour le championnat de France triplettes en compagnie d’un certain Patrick Campredon) mais çà, vous aurez compris que l’on commence à en avoir l’habitude. Le tout est que nous vendons chèrement notre peau et que nous finissons par l’emporter empochant ainsi le deuxième billet de sortie de poule. Pas mal pour une première participation à une finale doublette. Le meilleur reste pourtant à venir. Le tirage au sort va d’abord être sympa, il va nous épargner une mission impossible. Pas de Catusse, de Segonds, d’Archimbeaud, de Steis ou encore de Mourino…autant de cadors encore en course,  le hasard a voulu qu’on s’explique entre Villefranchois. Joël et moi sommes licenciés à la Boule du Quercy, nos adversaires de cette partie après poules, Firmin Païva et José Da Costa, jouent sous les couleurs de la Pétanque Villefranchoise. Entre les deux sociétés, ce n’est pas l’amour fous mais entre les deux équipes, c’est la règle du respect qui s’impose. La partie est plus tendue et laborieuse que vraiment géniale. Peu importe, l’essentiel est ailleurs. Nous mettons le temps qu’il faut mais nous finissons par l’emporter 13 à 11. Le tirage au sort nous exempte de cadrages, nous sommes en quart-de-finale. Pincez-moi, je rêve ! Mais, c’est bien connu, toutes les bonnes choses ont une fin.

Costes contre Catusse, comme un air de déjà vu
Des sept autres équipes restant en course pour ce titre départemental, on n’en connait pas une qui ne voudrait pas tomber contre nous. Cette chance, car vu le plateau encore en lice il s’agit d’une vraie chance, ce sont les Decazevillois Jean-Claude Catusse et Jean=Philippe Rey qui vont en hériter…
Avec Jean-Claude Catusse, on commence à bien se connaître. Même si l’on s’est joué plusieurs fois, cette confrontation est la première à avoir lieu dans le cadre d’un championnat. Jean-Philippe Rey, j’ai entendu beaucoup de bien sur lui (plus de 25 ans après les faits, Jean-Claude Catusse avec qui je reparlais de cette partie de 1986 m’a dit que, selon lui, c’était « le plus fort potentiel qu’ait jamais connu le département de l’Aveyron ») mais je ne l’ai jamais croisé. Cette première rencontre a lieu dans le cadre qui nous a été attribué. Je vais vers lui pour lui dire bonjour. Je me souviens encore que sa poignée de main est alors remplie d’indifférence. Je reviens un instant sur la cadre car son choix va avoir une importance majeure. Ce cadre, c’est comme une oasis de sable au milieu d’un désert de bitume. Un terrain qui plus est 100% aplani qui contraste singulièrement avec tous les autres faits de pentes et autres dévers. Cette particularité n’échappe évidemment pas à Joël qui m’annonce illico qu’il va tirer des rafle. Je lui réponds « Ok » mais je me pense : « Tire comme tu veux et laisse-moi me concentrer, je vais en avoir bien besoin pour rivaliser à l’appoint avec un certain Catusse ». Le Champion de France et Vice-Champion du Monde connait l’importance des débuts de parties. En tout cas, lui, il réussit le sien, toutes ses premières boules envoyant mon tireur dans le rond. Joël ne suit déjà plus le rythme. Lors des 3 premières mènes, il en manque systématiquement au moins une ce qui nous met immédiatement en retard de boules et en grand danger. Trois fois, Joël choisit de retirer pour casser des points et essayer de faire carreau pour revenir à hauteur de boules. Trois fois manqué, trois fois le but aux planches. Trois mènes, un petit quart d’heure de jeu, et toujours 0 à 0 et, surtout, 0 boule jetée par Jean-Philippe Rey. La situation a visiblement le don d’énerver le tireur decazevillois qui ne s’en cache pas.

Et un, et deux et trois carreaux puis… casquette
Quelques mènes plus tard, les compteurs sont enfin débloqués. Jean-Philippe Rey manque alors à la marque ce qui lui vaut une remarque de Jean-Claude Catusse qui lui reproche un certain dilettantisme et, surtout, une présence insuffisante dans la partie. Le jeune tireur a davantage la tête tournée vers les cadres voisins et leurs joueurs avec qui il échange des mots  plutôt que vers le sien et son partenaire avec qui c’est plutôt silence radio. La remarque est visiblement mal appréciée. Alors que je jette le bouchon, Jean-Philippe Rey ramasse ses 3 boules et montre que personne, pas plus Catusse qu’un autre, n’a lui dire ce qu’il a à faire. Il repart discuter avec le cadre voisin tournant carrément le dos à notre terrain. Le bouchon est à 7 mètres environ, j’engage une boule correcte à  40 cm du bouchon. Mon adversaire doit avoir des yeux dans le dos. La boule tout juste arrêtée, il est déjà dans le rond. Il tire plein fer. Carreau sec. Et il repart poursuive sa discussion au cadre à côté. Je vais dans le rond, j’essaie de rester concentré. Je regagne juste le point mais je le regagne. Deuxième carreau sec. La discussion ne devait pas être terminée puisque le garçon est déjà reparti. Je regagne le point, cette fois à une vingtaine de centimètres du bouchon. Troisième carreau sec. Mais sec de chez sec, toujours plein fer. Impressionnant. tellement impressionnant que Joël me parle de suite de tirer le bouchon, tant qu’il a deux boules pour le faire. On se calme. On va dans le rond. Toujours sans croiser le bombardier qui, décidément, en avait des choses à dire puisqu’il est encore et toujours reparti discuter. J’essaie de convaincre Joël de pointer. Il peut se coller à la boule, il peut embouchonner. Je lui explique que j’ai confiance en lui et que si ça se passe mal, si on en prend un quatrième dans la tête, je suis sûr qu’une seule boule lui suffira pour sortir le but. J’ai dû être convaincant puisque mon partenaire accepte de pointer. Et de bien pointer puisqu’il regagne encore le point. Catusse part au rond, arme ce geste mécanique qui n’appartient qu’à lui, tombe sur la boule et fait… casquette. Je ne me souviens pas comment s’est finie la mène mais je me rappelle que ce tir malheureux fut le tournant de la partie. Un peu parce que ce fait de jeu n’a fait que refroidir les relations entre nos deux adversaires qui ont continué à jouer leurs boules chacun de leur côté. Beaucoup parce que nous étions galvanisés. Jusqu’à la fin de la partie, quasiment plus aucun déchet, nous jouions six boules quasiment toutes les mènes. Notamment la dernière où Joël finit par une reprise à l’appoint suivie de deux carreaux à la rafle. Un niveau de jeu exceptionnel pour une victoire de prestige sur la marque de 13 à 11. Nous invitons nos adversaires malheureux à boire un coup. Jean-Philippe Rey a du avoir du mal à trouver le chemin de la buvette parce que nous l’attendons encore. Depuis ce jour-là, je n’ai jamais recroisé la route de l’enfant du Bassin.

Le président Olive Pizzutto débarque de Villefranche
Le rêve continue. Ce n’est même plus un rêve. C’est devenu un véritable délire. Deux jeunes que personne ne connait, qui n’ont jamais joué ensemble, qui font équipe le matin même des éliminatoires, qui ne doivent leur qualification pour la finale départementale qu’à un tir malheureux de leur adversaire tireur, qui sortent d’une poule difficile et qui finissent par mettre KO la doublette sans doute la plus prestigieuse de la compétition pour se hisser dans le dernier carré …, c’est tout simplement impensable, inimaginable, incroyable. L’élimination des favoris Decazevillois par des inconnus Villefranchois fait en tout cas l’effet d’une bombe en plein centre de Camarès. Allant même jusqu’à reléguer au second plan la défaite, lors de la partie après poules,  des autres grandissimes favoris de la compétition, les Espalionnais Eric Archimbeaud et Nicolas Salerno. Le séisme ne s’arrête pas en tout cas aux limites de la seule place de Camarès. Des secousses sont perçues jusqu’à Villefranche-de-Rouergue où le président de la Boule du Quercy apprend l’exploit réalisé de ses protégés. Pour être à leurs côtés, ainsi qu’à ceux de Louis Steis et Jean-Louis Alonso, deux autres licenciés eux aussi qualifiés pour les demi-finales, et parce qu’un arrêt des parties d’1 h 30 est prévu avant l’explication finale, Olive Pizzutto  décide de prendre le volant et la route. Direction Camarès, 120 km et deux heures de route plus tard. Encore chapeau à un garçon bien trop tôt disparu.

Costes contre Steis : le Quercy aura sa Boule en finale !
Mourino, Alfonso, Costes et Alonso dans le carré…. comme le titre le Midi Libre du lendemain. Il reste à Costes un brin de lucidité. Plus que l’adversaire, ce sont les terrains réservés aux demi-finales qui le préoccupent. Les organisateurs font logiquement le choix de délimiter des cadres sur la partie la plus sélective de la place. Avant même d’aller manger, je sais que nos chances d’aller en finale sont réduites à néant. Tout le monde en a d’ailleurs conscience. Pendant la pause repas, il n’est jamais question de la demi-finale à venir. On ne parle que d’une chose, de ce quart-de-finale au scénario incroyable. Cette situation fait l’affaire de deux hommes, Louis Steis et Jean-Louis Alonso. Le tirage au sort a en effet un duel 100% villefranchois. Je dirai même mieux 100% Boule du Quercy puisque nous sommes tous les 4 licenciés dans la même société. Même si on ne parle de rien, les expérimentés et talentueux Steis et Alonso ont partie gagnée d’avance. Le terrain ne fera que confirmer cette évidence. La partie dure moins d’une heure. Je crois que nous ne faisons  que 3 petits points. Une fois encore, j’ai raté le train pour Toulouse. Alors, à y être, autant regarder la finale qui va opposer Steis – Alonso à Bousquet – Mourino. Ces derniers, sur un nuage, deviennent de beaux champions de l’Aveyron. Le plus dur reste maintenant à faire. Epuisés par la chaleur et les émotions de la journée, nous devons affronter deux heures de route pour rentrer à Villefranche. Au beau milieu de la nuit, deux heures, c’est long, très long. Heureusement, il y a un quart de finale à faire et refaire encore et toujours.  Quelques jours plus tard, concours aux Costes-Rouges. Dans la file des inscriptions, le gars devant moi lâche haut et fort : « Au fait, j’ai lu le journal. Qui c’est ce Costes qui était en demi à Camarès ? Personne ne le connait ! ». Je lui tape gentiment sur l’épaule. Il se retourne et je lui réponds : « Costes, c’est moi. Et vous, vous êtes qui ? Moi non plus, je ne vous connais pas ! ».  Il m’a regardé de haut et s’est retourné sans dire un mot. Renseignement pris, ce gars c’était un certain Yves Rey dit Bras d’Or.  

1986-FinaleDoubletteCamarès 1

Après cette première rencontre pas très réussie, ce ne fut jamais le grand amour entre nous deux. Plus de 15 ans plus tard, alors que j’avais en charge la rédaction de la page Pétanque Hebdo dans le quotidien Midi Libre, nous nous croisons un jour au café Gabariages aux Quatre-Saisons. A la personne qui l’accompagne ce jour-là, Yves Rey lâche alors, suffisamment fort pour que j’entende : « Ce Costes, il n’a de journaliste que le nom. Ce n’est rien d’autre qu’un pisse-copie ». Entendez par-là un rédacteur qui écrit abondemment en privilégiant la quantité à la qualité. J’ai toujours regretté de ne pas avoir répondu que l’on n’avait que les professionnels que l’on méritait. Fermons la parenthèse.

1986, championnat tête-à-tête à Espalion :
tout seul, c’est pas mal non plus

La demi-finale de Camarès nous a valu, à Joël et à moi, tout un tas de réactions. La plupart positives faites de messages de félicitations. Je retiendrai surtout celle de mon grand-père quand je l’ai revu pour la première fois après ce dimanche de folie. C’était en tout début de semaine au Saint-Jean. Peu démonstratif à l’accoutumée, papy Peyre a eu du mal à cacher sa joie. Je parlerai même d’émotion. Il était heureux et cela se voyait. Il y avait même un brin de fierté dans son attitude. Normal, c’était quand même lui qui m’avait emmené aux boules, qui m’avait fait aimer ce jeu et qui m’avait surtout appris à jouer. On s’est assis sur un banc et on s’est remémoré tous ces après-midis passés sur la place à jouer en tête-à-tête l’un contre l’autre. Pendant ce temps-là, les autres prenaient leurs voitures et partaient faire des concours. Personne me demandait pour jouer et dans ma tête, je me disais : « Un jour, je vous battrai tous. Un jour, vous vous mordrez les doigts de m’avoir jamais pris faire équipe avec vous ». 

D’autres réactions sont beaucoup moins saines. Elles sont empreintes de jalousies, ce sentiment qui est dominant dans le monde la pétanque. Ceux qui nous les adressent veulent nous faire comprendre une simple et bonne chose. Il ne faut surtout pas s’enflammer. On n’est pas devenus bons d’un coup et et cet exploit sera forcément sans lendemain. Ces remarques, je les entends. Je les écoute et je les garde en moi. Elles ne vont faire qu’une chose : accroître ma motivation.

Aujourd’hui, c’est jour de tête-à-tête à Espalion. Un jour de tête-à-tête qui, à l’époque plus que maintenant, rime avec jour de fête. Dans ces années-là, et pour encore longtemps, il n’y avait pas d’éliminatoires dans cette spécialité. Ce sont des centaines et des centaines de joueurs qui se retrouvent de bonne heure le matin et c’est parti pour une journée marathon. Enfin, pour ceux qui ont la, chance de passer quelques tours. Sinon, c’est apéro bien costaud pour attendre 15 h et le lancement du concours amical en doublettes. En cette année 86, on s’en va entre copains. Sans prétentions aucune ce qui ne veut pas dire sans la moindre motivation. De mémoire, il y a Domi (Souyri), Eric (Courtois), Thierry (Ortalo), Marc (Nogaret) et tous les autres… On se souvient quand même qu’il y a tout juste 2 ans, Domi avait créé la surprise en étant sacré champion de l’Aveyron en tête-à-tête sur ses terres villefranchoises. Rien n’est donc impossible. De cette journée, trois souvenirs prennent le dessus. Le premier, c’est la fin de partie de ma première partie de poule.  Je suis 7 à 7 contre Clément Madeira, le joueur du Bassin contre qui j’ai joué, et gagné, il y a quelques jours à Camarès. J' »escampe »  alors six boules à l’appoint. 7 et 3 qui font dix. 10 et 3 qui font treize. fermez le ban. En me serrant la main, Clément Madeira me tient ces propos : « Jeune, tu joues bien. Tu n’as pas eu de chance. Tu es mal tombé six fois. Tu verras, tu sortiras de poule ». J‘ai eu un peu de mal comprendre parce que on ne tombe pas mal six fois de suite sur le sablé du Foirail d’Espalion. Mes boules étaient mal jouées, tout simplement. Par contre Clément Madeira avait raison. Deux parties plus tard, je parviens à sortir de poules. On se retrouve avec les copains, on s’informe sur qui a fait quoi, les premiers gobelets à la main. Cela ne dure pas, mon numéro vient d’être appelé. J’ai tiré un gros morceau en la personne de Rémy Artal. Avec Rémy, on se connait depuis quelques jours seulement mais entre jeunes, la partie promet d’être détendue et sympa. J’ai la pièce et je décide d’aller sur un espace qui n’existe plus aujourd’hui, en bordure de la rivière Lot. Je crains en effet les tirs avantageux de Rémy Artal dans le sablé et je veux essayer de profiter de ces terrains en terre battue bosselée pour faire la différence au point. On jette quelques boules et Rémy me dit que c’est bon. La partie n’a pas commencé mais c’est déjà lui qui donne le tempo. Il a plus d’expérience que moi et il sait que le tête-à-tête est aussi une épreuve où la psychologie est une carte maitresse. J’entame bien la partie, lui non. Je marque les 3 premières mènes et je mène 5 ou 6 à 0. Je m’apprête à relancer le bouchon  quand il m’arrête et me dit : « Attends une seconde, je veux vérifier quelque chose ». Il s’en va et revient 2 minutes plus tard et me lance : « C’est bien ce que je pensais. On n’a pas le droit de jouer là. L’arbitre m’a dit de changer de terrain et de reprendre la partie à 0 à 0. Donc on change mais tu ne repars pas à 0, tu conserves tes points. ». Cette dernière décision que je qualifierai de mitigée (elle ménage la chèvre et le chou) m’a immédiatement mis un doute à l’esprit. Est-ce vraiment la décision d’un arbitre ou bien celle de mon adversaire qui me montre qu’il me fait un sacré cadeau en obtenant ce qu’il voulait, c’est-à-dire changer de terrain. Je ne l’ai jamais su (parce que je ne l’ai jamais demandé) et je ne veux pas le savoir. Le tout est que je décide de ne pas aller demander quelque confirmation que ce soit. Nous changeons de terrain et la partie reprend avec un score de 5 ou 6 à 0 en ma faveur. Sur le sablé du foirail Rémy Artal refera certes une partie de son retard. Mais une partie seulement. J’arrive à 13 avant lui et je me qualifie pour la suite de la compétition.

La 3e et dernière image de cette journée espalionnaise reste ma partie contre Jean-Louis Alonso. Nous sommes en fin d’après-midi dans les carrés d’honneur. Quelques jours après la demi-finale perdue à Camarès, je retrouve en effet le joueur du Bassin licencié à Villefranche cette fois… en quart-de-finale. La victoire en fin de matinée face à Rémy Artal m’avait mis en confiance. Le tirage au sort ayant été plutôt clément avec moi, j’ai pu dérouler mon jeu et passer, je crois, 2 ou 3 tours supplémentaires. Mais là, de revanche il n’y eut pas. Je ne me souviens pas du nombre de points que j’ai réussi à faire mais je sais qu’il n’y a pas eu photo. Quelques heures plus tard, Jean-Louis Alonso s’inclinait en finale de la compétition contre un certain Didier Vezins alors licencié à Marcillac. C’était sa deuxième finale départementale perdue en quelques jours après sa défaite en doublettes à Camarès.
Demi-finaliste en doublettes à Camarès, quart-de-finaliste en tête à Espalion, ces championnats 1986 restent pour moi un excellent souvenir. Parce qu’ils sont synonymes de premières performances en championnats à l’échelon départemental. Surtout, parce qu’ils vont avoir une conséquence pour le moins inattendue. Nous sommes à l’automne 86. Jean-Louis Alonso et Louis Steis ne souhaitent pas renouveler l’association qu’ils ont eu cette année en triplettes avec un certain Alfred Sigari, le libraire villefranchois. Ils me demandent si cela m’intéresse de les rejoindre à La Boule du Petit Langedoc pour faire équipe avec eux. Pour un jeune (21 ans) pointeur qui n’ a pas pu s’aligner en triplettes en cette année 86 faute d’équipe, une telle proposition est plus qu’une simple opportunité. Faire équipe avec Steis et Alonso, dont le talent et surtout l’expérience ne sont déjà plus à démontrer, est une véritable aubaine.

1987 : mutation à la Boule du Petit Languedoc, du rêve au cauchemar !

C’est ma 4e année en seniors et c’est déjà ma 3e société. Après la Pétanque Villefranchoise, après la Boule du Quercy, je signe en effet ma licence à La Boule du Petit Languedoc. Tout comme la première, cette deuxième mutation n’a strictement rien à voir avec la société elle-même. Il s’agit juste d’une question d’hommes, de partenaires. Quand vous avez 21 ans, quand vous avez rongé votre frein pendant des années en voyant partir les autres sur les concours et quand, enfin, deux joueurs de la trempe de Louis Steis et Jean-Louis Alonso vous demandent pour faire équipe avec eux, vous vous dites que la patience et la persévérance ont du bon.

L’équipe explose avant d’avoir existé !

Avril 87, la saison redémarre enfin. Il n’y a pas de boulodromes couverts et l’hiver a été long. Il me tarde de faire un premier concours avec mes nouveaux partenaires. Ce sera à Capdenac où la Joyeuse Pétanque locale organise une compétition sur sa place coupée en 2 par la rue Jean-Jaurès.  Les Capdenacois n’ont jamais fait de cadeaux aux Villefranchois. Ce jour-là, ce sera encore le cas. En première partie, ils annoncent une affiche qui, à mes yeux,  a presque valeur de finale avant la lettre. Steis contre Steis ou Louis contre Johnny ou Cyrille contre Domi (Souyri) et Marc (Nogaret)… tournez-le comme vous voulez, il va falloir jouer contre des copains avec qui on est venus en voiture. Il va surtout falloir affronter une des meilleurs équipes du moment en Aveyron. Sur la petite place qui fait face au café restaurant qui s’appelle alors La Roseraie, le début de partie est plus que compliqué. Je suis dominé par Domi à l’appoint et je mets mes partenaires très vite en retard de boules. Louis Steis ne tarde pas à mougonner puis à me dire tout haut et fort ce qu’il pense de ma façon de jouer. Je suis jeune et je ne trouve pas les mots pour lui répondre. Je vis en tout cas très cette véritable scène publique  et je me dis en mon fort intérieur : « Regarde-moi bien Louis, c’est la première et dernière fois que je joue avec toi ».  Les choses rentrent rapidement dans l’ordre. Nos adversaires sont loin devant au score mais je retrouve petit à petit tous mes moyens. La partie dure mais je ne lâche pas le moindre mot. Nous grignotons les points un à un mais nous échouons finalement à 10. Et autant le début de partie est pour moi, autant je n’ai rien à me reprocher sur la seconde moitié de la partie en général, sur le scénario final en particulier. Touché mais pas coulé, je profite du verre de fin de partie offert par nos adversaires pour répondre à Louis Steis : ‘‘Vu que je ne suis pas assez bon pour jouer avec toi, ne compte pas sur moi pour le championnat ». Le message a le mérite d’être clair. Louis et Jean-Louis entendent mais ne répondent pas. En attendant; il faut disputer le complémentaire et, vu le contexte, l’après-midi promet d’être longue.

Mai 87, aujourd’hui c’est jour d’éliminatoires en triplettes dans les six districts aveyronnais. Depuis le concours de Capdenac, il s’est écoulé 2 ou 3 semaines au cours desquelles j’ai pris du recul avec la pétanque.  Je n’ai pas été au Saint-Jean, je n’ai pas disputé d’autres concours. Je n’ai aucune nouvelle  de Louis Steis et de Jean-Louis Alonso. Je ne sais même pas s’ils ont trouvé quelqu’un pour me remplacer et de toute façon je m’en fous. Par contre, je leur en veux toujours autant et pour parler vrai, cela me « fait chier » de rater ce rendez-vous important du calendrier. Les éliminatoires du district de Villefranche se disputent cette année-là à La Fouillage. Je compte y passer dans la journée mais je ne veux pas y être à l’heure du jet du bouchon. Je ne voudrais pas qu’ils pensent que je m’abaisse devant eux et que j’essaie de revenir par la petite porte. Ce n’est pas le genre de la maison. Et puis de toute façon, je risque rien. Ils ont forcément trouvé quelqu’un pour faire leur troisième…

7 h 45 : j’ai enfilé short et maillot et je me prépare à aller courir. Comme 5 fois par semaine à cette époque, 10 kms sont au programme du jour.  Je descends l’escalier, je passe par le garage, je monte l’allée et au moment où je franchis le portail, mon père ouvre la fenêtre et m’interpelle : « Cyrille, un coup de fil pour toi » . « C’est qui ? « . « Je sais pas, il ne s’est pas présenté. Il me semble connaître cette voix mais je ne vois pas qui c’est ». Je reste dehors et je lui demander de se renseigner. « C’est Riquet. Dépêche-toi, il me dit que c’est urgent » . Riquet, vous savez, c’est Henri Perez, mon premier partenaire en senior avec qui je me suis qualifié pour la ligue il y a déjà 3 ans.  Louis Steis sait que nous sommes restés assez proches alors ce matin, quand il le croise au café du Saint-Jean, il essaie de se rassurer. Il essaie de savoir si j’ai bien prévu de monter à La Fouillage.  Mais Riquet est au courant de rien. Il a le numéro de la maison de mes parents alors tout ce qu’il peut faire, c’est m’appeler :  » Louis me demande. Tu sera bien à La Fouillade tout à l’heure. Il compte sur toi ».  « Pardon, il compte sur moi ! Mais Louis n’a pas bien compris ce que je lui ai dit à Capdenac. On ne s’est pas revu depuis et je n’ai pas changé d’avis ». « Déconne pas Cyrille. Ils ne sont que deux et ils comptent sur toi ».
Je ne veux ni scandale aujourd’hui ni embrouille demain. Je décide d’aller à La Fouillage pour y disputer ces éliminatoires triplettes. On va expédier les affaires courantes. On va essayer de se qualifier pour la finale de Bozouls. On s’est d’ailleurs donné rendez-vous avec l’équipe  d’un certain Didier Combes (avec Joël Maury et un dénommé Isaac).  Une chose est sûre. La pétanque passera au second plan.  Pour moi, l’équipe Louis Steis – Jean-Louis Alonso – Cyrille Costes est morte avant même d’avoir vraiment existé.

A La Fouillade, les retrouvailles avec mes deux partenaires sont à l’image de la température matinale, à peine tièdes. Mais contrairement à celles du thermomètre, elles ne vont guère se réchauffer durant la journée. Le mal est bien profond et la rupture est visiblement consommée. Mon niveau de jeu est tout juste moyen et Louis et Jean-Louis assurent l’essentiel, à savoir la qualification. Pour la victoire dans cet éliminatoire par district, synonyme de qualification pour la Ligue, il faudra repasser. Je ne me souviens même pas contre qui nous perdons. Mais nous perdons. Nous disputerons donc le championnat de l’Aveyron à Bozouls, pas le championnat de Ligue. Cela ne me fait ni chaud ni froid.

 Quand nous rentrons à l’hôtel, Patrick Barriac0 se lève…
Dans ma tête, les choses sont claires. Si je vais à Bozouls, c’est avant tout pour faire la fête au cours d’une soirée que l’on a décidée depuis quelques temps déjà. Domi Souyri, Didier Combes, Joël Maury, Isaac… seront de la partie, cela promet. Les parties de poules débutent sur cet immense terrain sablé stabilisé. J’ai déjà la tête ailleurs. Cela n’empêche pas mon équipe de passer ce premier cas et même de gagner la partie après poule. Impossible de vous dire contre qui, je n’en ai aucun souvenir. Autant dire que nous sommes qualifiés pour les huitièmes de finales du lendemain matin.  Je vous rassure, cela ne change rien à notre plan de soirée. Débutée à Bozouls, achevée à l’Hostellerie Fontanges à Rodez, la soirée a été longue, très longue. Elle a duré toute la nuit. A notre retour sur Bozouls, nous avons juste le temps de passer par l’hôtel où nous devions dormir pour prendre une bonne douche, histoire d’avoir les idées claires à notre retour sur les terrains. Il est aux alentours de 6 heures du matin. On cherche comment rentrer dans l’hôtel sans se faire trop remarquer quand, tout à coup, les volets puis la fenêtre de la chambre à côté de la mienne s’ouvrent en grand. Je reconnais de suite Patrick Barriac qui, lui, a la mine de celui qui a bien dormi. Le joueur decazevillois fait semblant de rien mais il venait de marquer les premiers points de la journée face à des adversaires potentiels. Si nos routes devaient se recroiser dans la journée, il partirait c’est sûr avec un avantage, du moins sur le plan psychologique. Ce dimanche 24 mai 1987, nos routes ne se sont finalement pas croisées. Mais le soir, Patrick Barriac était sacré champion d’Aveyron avec un certain Jean-Claude Catusse et un jeune qui commençait à faire parler de lui, Jean-Claude Contrino. Moi, cela faisait longtemps que j’avais rangé les boules puisque j’avais quitté la compétition sur le coup des 10 h, dès les 1/8e de finale, avec un zéro pointé face à la triplette Clément Madeira – Azéma – Roland Sénézergues. On dit qu’il est toujours bon d’apprendre. Cette expérience m’a  au moins appris une chose. Je me suis dit que si un jour je voulais faire un résultat en championnat, il faudrait oublier les nuits blanches et penser à dormir. Au moins un minimum.

En doublettes, une première avec mon frère Nicolas

La demi-finale de l’an passé à Camarès n’y aura rien changé, Joël Périé n’est pas devenu un « accro » des boules. On le voit toujours aussi peu sur les terrains de pétanque. Depuis Camarès, nous n’avons qu’une seule fois refait équipe ensemble. C’était un samedi à Agnat à l’occasion d’un concours départemental. Autant dire que l’idée de rejouer ensemble ne nous a même pas effleuré. Ni lui ni moi. En ce début d’année 2007, une fois encore je me retrouve donc seul. Je vais alors convaincre mon frère, qui n’a pas encore 18 ans, de faire équipe avec moi pour les éliminatoires en doublettes. Son adresse au tir est certaine, reste maintenant à savoir comment il va se comporter en compétition. Rendez-vous est donné à Savignac, petit village proche de Villefranche, sur des terrains que nous connaissons bien pour y a voir déjà discuté au moins un concours de fête. Nous sortons de poules, nous en gagnons une puis deux et arrivons à la fameuse partie qualificative avec, en jeu, un billet pour la finale départementale qui doit se jouer cette année-là à Villefranche-de-Rouergue. Nous sommes opposés à deux joueurs que nous connaissons bien, Olive Pizzutto et Robert Rossignol, puisqu’ils sont licenciés à la même société que nous. Pour tout dire, Olive est même notre président. Nicolas et moi sommes un peu tendus parce que nous savons une réelle chance de décrocher notre qualification. La Partie est plus tendue que détendue jusqu’à cet épisode de fin de partie qui a déclenché la polémique. Nous avons 12 et Robert Rossignol ayant gagné le point à sa dernière boule, je m’apprête à tirer à la gagne. Rossignol n’en finit alors plus de commenter et de gesticuler. Nous connaissons le personnage alors je patiente, je le laisse regagner le rang de ceux qui suivent la partie. Il se positionne alors à hauteur de la boule que je dois tirer et, au moment où j’arme, laisse échapper une énième gesticulation avec sa jambe cette fois. Le geste n’échappe à personne, surtout pas à mon frère qui, 18 ans ou pas 18 ans, ne se gêne pas pour dire ce qu’il pense à cet adulte qui pourrait être son grand-père. Le tout est que la boule a été manquée, que je n’ai pas eu droit à une seconde chance et que c’est la doublette Pizzutto – Rossignol qui se qualifie pour la finale départementale. Sans le savoir, on vient d’écrire, Nicolas et moi, le premier chapitre d’une histoire qui ne durera que 6 ans mais dont les plus beaux épisodes restent à venir.

« 24 heures de pétanque, première ! »

1987, c’est aussi le lancement d’une nouvelle épreuve organisée par l’UFOLEP sur le terrain stabilisé de Laurière, à Villefranche. Six éditions suivront, la dernière en 1993. Avec « Kiki » Marty et Patrick Pagnot puis avec « Domi » Souyri et mon frère Nicolas, je remporterai finalement 5 de ces 7 épreuves.  

Si les nuits blanches et festives ne sont pas recommandées pour aborder dans les meilleures conditions une deuxième journée de finale départementale de championnat de l’Aveyron, elles sont peut-être un bon entrainement pour un tout type d’épreuve. On veut parler des fameuses « 24 heures de pétanque ». Né dans la Sarthe dans l’esprit des encore plus prestigieuses « 24 heures du Mans », le concept a débarqué en Aveyron en cette année 1987 à l’initiative de l’UFOLEP. Pour cette première édition, je décide de faire équipe avec Patrick Pagnot et « kiki » Marty. Nous sommes jeunes (moins de 25 ans de moyenne d’âge). Nous sommes complémentaires, nous maitrisons plutôt bien le tir à la rafle si précieux sur ce type de surface et, surtout, nous sommes 3 copains qui ont l’habitude de jouer ensemble. Quand on sait que l’on va passer au moins 24 heures  ensemble, autant bien s’entendre. Quand je dis au « moins 24 heures », c’est que, pour certains, le temps de jeu  sera proche de la trentaine d’heures. Je m’explique. Le concours débute le samedi à 15 h et chaque équipe va devoir disputer 13 parties limitées en temps (1 h 30). . A l’issue de cette première phase, un classement est effectué et les 8 premières équipes sont alors qualifiées pour disputer les quarts-de-finale le dimanche après-midi. Pour être tout à fait complet, rappelons que les équipes s’inscrivent à 3 joueurs mais la première partie de l’épreuve se dispute en doublettes. Le 3e homme peut ainsi se reposer puisque les équipes ont même la possibilité de s’inscrire en réservant un lit dans les dortoirs du centre aéré de Laurière.

Contre les Ruthénois Cerchi – Pagès – Albuquerque en quarts !
De cette première édition, je n’ai pas gardé de nombreux souvenirs. Je me rappelle simplement que nous avons bien entamé la compétition et nous avons su enchainer les victoires pour faire la course en tête. Nous ne quitterons jamais le trio de tête et nous nous qualifions logiquement pour les quarts-de-finale. A ce stade-là, nous faisons le plus dur en écartant Bernard Cerchi, Michel Pagès et Jésus Albuquerque, des Ruthénois bien plus connus que nous. Dans la foulée, nous confirmons cette belle performance en remportant cette première édition. Je suis loin de me douter que cette victoire n’est que le début d’une belle série à venir.

1988 : Circuit Midi Libre et « 24 heures de pétanque », acte 2

En 1988, bientôt 23 ans et enfin une équipe semble vouloir se construire. Pour la deuxième année consécutive, nous décidons en effet de repartir ensemble, Nicolas et moi,  pour de nouvelles aventures. Depuis que je suis senior, c’est la première fois que je rejoue, deux ans de suite, avec le même partenaire. 

Catusse – Lafon, battus d’entrée chez eux à Combes !

En cette année 88, mes parents ont déménagé. Nous habitons désormais à Toulouse mais nous restons licenciés à Villefranche. En raison des déplacements à gérer, mais aussi sans doute parce qu’ils n’ont pas de 3e partenaire attitré, ceux que l’on na va tarder à appeler les frères Costes décident de ne faire que les championnats en doublettes. Les éliminatoires du district de Villefranche ont lieu à Salles-Courbatiés. Ce dimanche 8 mai 1988, un certain François-Mitterrand est réélu Président de la République et nous, sous la pluie, nous nous qualifions pour la finale départementale à Firmi. Et oui, à chacun ses challenges !

1988-CircuitMidiLibre

Pour préparer ce rendez-vous, nous décidons de participer à la première étape de la 2e édition du Circuit Midi Libre. Véritable championnat de l’Aveyron bis, cette épreuve prévoit un concours dans chacun des six districts et récompense celui qui aura accumulé le plus de points par un très joli cadeau. En cette année 88, le lauréat se verra ainsi offrir un voyage pour deux personnes à Gênes (Italie) où se disputera le championnat du Monde de pétanque. Le Bassin et la cité de Combes avec son Mineur Pétan Club accueillent ainsi plus de 90 doublettes parmi lesquelles Artal père et fils (Gaby et Rémi), les lauréats de la première édition. Nous ne sommes pas gâtés par le tirage au sort mais pouvait-il en être autrement vu la qualité du plateau présent. Dès la première partie, nous devons affronter les stars locales, à savoir Jean-Claude Catusse et Christian Lafon. Drôle d’entrée en matière quand on sait que, avant même que la pièce ne soit jetée, c’est déjà tout une galerie de spectateurs supporters qui vous entoure, les parents Catusse en tête, prêts à suivre et à commenter les exploits de leurs protégés. Plus qu’une doublette emblématique, c’est donc tout un Bassin que les frères Costes doivent donc défier. Solides et appliqués, ils s’imposent et signent-là leur première belle performance d’équipe. Dans la foulée, ils remportent une ou deux autres parties avant de baisser pavillon en 8e de finales dans un duel 100% villefranchois les opposant à Dominique Souyri et Marc Nogaret.

En huitièmes de finale, à Firmi

Cette finale départementale est la première à laquelle se qualifie la doublée des frères Costes. Encore méconnus à l’échelon départemental, ils ne font évidemment pas partie des favoris pour succéder aux surprenants Noël Domergue et José Garcia, vainqueurs l’an passé sur les cadres goudronnés du foirail de Villefranche. N’empêche que les deux jeunes frangins s’accrochent et tiennent leur rang. Ils arrivent même à passer le cap d la journée du samedi et se qualifient pour les 8e de finales du dimanche matin. A ce stade-là, le sort ne leur est pas très favorable puisque le tirage les oppose à deux vieilles connaissances, Jean-Louis Alonso et Louis Steis. Parce que les histoires vécues l’an passé avec ces deux joueurs sont tout sauf oubliées, je sais que je vais faire une bonne partie. C’est aussi le cas de mon frère. Ce n’est malheureusement pas suffisant. Sous la pluie firminoise, nous nous inclinons 13 à 8 malgré une prestation des plus honorables.

« 24 heures de pétanque », deuxième !

La première partie d cette 2e édition des "24 heures" nous oppose à mon frère Nicolas (ici à droite) qui joue avec Paul Sanchez (à gauche).
La première partie d cette 2e édition des « 24 heures » nous oppose à mon frère Nicolas (ici à droite) qui joue avec Paul Sanchez (à gauche).

La première partie de cette 2e édition des « 24 heures » nous oppose à mon frère Nicolas (ici à droite) qui joue avec Paul Sanchez (à gauche).
La première partie de cette 2e édition des « 24 heures » nous oppose à mon frère Nicolas (ici à droite) qui joue avec Paul Sanchez (à gauche).
Pour cette 2e édition des « 24 heures de pétanque » de Villefranche-de-Rouergue, je refais logiquement équipe avec Patrick Pagnot et « Kiki » Marty. Objectif : conserver notre titre. 34 équipes – soit plus de 100 joueurs – venues de tout le grand Sud-Ouest (Aveyron bien sûr mais aussi Tarn, Lot, Tarn-et-Garonne, Haute-Garonne, Lot-et-Garonne, Dordogne…) ont répondu cette année-là à l’invitation de l’UFOLEP et de la Pétanque Villefranchoise. Hasard du tirage au sort, la première partie a une connotation très familiale puisqu’elle nous oppose à mon frère Nicolas qui joue avec Paul Sanchez. Je décide de faire équipe avec Patrick Pagnot, Christian Marty reste pour le moment au repos. Nous nous imposons finalement et commençons du mieux qu’il soit cette série de 13 parties qui doit nous conduire dans les 8 premières équipes du classement invitées à disputer les quarts-de-finale.

1988-24HeuresB

Près de 24 heures plus tard, nous sommes bien dans le Top 8 et restons en course pour conserver notre titre. Les quarts-de-finale nous opposent à d’autres Villefranchois, Jean-Paul Boulogne, Patrick Barnabé et « Tino » Ten. Sans doute parce que nous adaptons mieux à la surface de jeu, nos tirs à la rafle font rapidement la différence. C’est beaucoup plus compliqué en demi-finale face à une autre « grosse » équipe locale composée de Johnny Steis, de son cousin Mathieu dit Le Blond et de notre copain Thierry Ortalo. C’est tellement compliqué que seul un miracle nous empêche de perdre. Deux mènes plus tard, nous gagnons le droit de disputer la finale et de défendre notre titre. Face à une équipe jeune et hyper motivée, les Figeais Salariale, Martin et Lauzur ne pèsent pas lourd. Ils font 5 petits points et laissent Patrick Pagnot, Christioan Marty et Cyrille Costes signer un joli doublé.

1988-24HeuresC

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Avec Eric Courtois, finalistes
du 3e Mini-National d’Espalion

76 doublettes étaient présentes sur les bords du Lot. Victoire finale des « Artaux », Gaby et Rémi. 

Je comprends mieux pourquoi certains, qui voient Costes et Courtois  jouer encore ensemble en cette année 2015, les appellent les vieux de la vieille. Il y a 27 ans déjà, le Villefranchois et le Villeneuvois faisaient déjà équipe ensemble. Le problème, c’est qu’à l’époque, il leur arrivait de gagner. Ou en tout cas de bien figurer. Ce fut par exemple la cas cet été 2008 sur les rives du Lot à Espalion. Là-haut, il n’était certes pas encore question de National, encore moins d’International, n’empêche que 76 doublettes avaient répondu présentes pour la 3e édition du Mini-National de la Ville. Vainqueurs du Carmausin Vayssettes en quart, puis des Ruthénois Cerchi et Pelat en demi, nous gagnons le droit, Eric et moi, d’affronter le père et le fils Artal en finale. Je me souviens qu’entre Gaby et Eric, il fut notamment question de chasse durant la partie. A ce petit jeu, c’est mon partenaire qui rendit les armes le premier. Une coupe d plus dans la besace de Gaby et Rémi !

Un trophée de plus dans la besace de la famille Artal.
Un trophée de plus dans la besace de la famille Artal.

 

1989 : Champion de district en triplette, privé de Ligue à Albi…

En cette année 89, la pétanque va forcément être mise entre parenthèses puisque je suis appelé sous les drapeaux de la Gendarmerie Nationale. Après 4 mois de classe à Tulle, la parenthèse s’ouvre pourtant puisque, ma demande d’affectation à Toulouse ayant été refusée, je choisis Rodez pour finir mon service militaire. Ce choix m’éloigne de mon domicile toulousain mais me rapproche de la société où je suis désormais licencié, La Boule Relax à Villefranche. Ce rapprochement donne forcément des idées comme, par exemple, celle de disputer au moins un championnat de l’Aveyron. Et si il doit n’y en avoir qu’un, autant que ce soit le plus beau : le championnat triplettes. Avec Eric Courtois et Emile Mathieu, je monte une équipe capable de tout, du meilleur comme du pire. A Saint-Salvadou, nous commençons la journée des éliminatoires par district par le pire. Nous perdons d’emblée une partie et sommes même à 2 doigts, plus exactement à une boule, de perdre la seconde. Après être passés si prés de la défaite, et donc de l’élimination en poule, plus rien ne pouvait nous arriver. En tout cas jusqu’à la finale qui, en soirée, nous oppose à une autre équipe portant les couleurs de La Boule Relax. Pour cette partie qualificative pour le championnat de Ligue prévu cette année-là à Albi, nous affrontons en effet Marc Nogaret et Dominique Souyri qui, pour la première fois cette année-là, font équipe avec un certain Fernand Marragou, tout droit venu du Bassin. De cette partie où nous partons tout sauf favoris, je ne me souviens que d’une seule chose. D’une question qui va glacer l’atmosphère. Nous sommes en tout début de partie et pourtant tout peut déjà basculer. Nos adversaires ont 4 points par terre et une boule en main. C’est à nous de jouer notre dernière boule. Emile Mathieu tourne et retourne, les minutes passent, la pression monte, jusqu’à la question qui tue : « Qui a la boule ? », demande notre milieu. Un silence pesant s’installe. Il finit enfin par pointer et par gagner le point.
Le sort n’est plus entre nos mains mais entre celles de Marc Nogaret, le tireur adverse qui a l’occasion de placer les siens sur une voie royale. Son tir à 4 est finalement un échec. Nous marquons un point et restons dans une partie devenue tendue et qui le restera jusqu’au bout. Une partie que nous finissons par emporter devenant ainsi champions du district en triplettes en cette année 1989. Sur un plan personnel, c’est mon deuxième titre après celui obtenu en 1984.

Cyrille COSTES - Emile MATHIEU - Eric COURTOIS : champions du district de Villefranche en triplettes en 1989.
Cyrille COSTES – Emile MATHIEU – Eric COURTOIS : champions du district de Villefranche en triplettes en 1989.

Les choses vont pourtant très vite se gâter. Il y aurait en effet un problème avec la licence de l’un de mes partenaires qui n’aurait pas du s’aligner au départ d’un tel championnat. Les sanctions tombent très vite. Le garçon est suspendu pendant deux ans et l’équipe COSTES n’a plus le bon profil pour représenter l’Aveyron à Albi lors du Championnat de Ligue Midi-Pyrénées. C’est finalement la triplette NOGARET – SOUYRI – MARRAGOU qui sera présente dans le Tarn où elle réalisera d’ailleurs une bien belle performance puisque, après avoir battu les frères Vis alors au sommet de leur forme, elle ne s’inclinera qu’en finale devant laisser le titre régional aux Gersois de DELOM.

…mais pas de championnat de l’Aveyron disputé à 4 boules contre 6 !

L’équipe COSTES devra par contre être bien présente au départ du championnat d l’Aveyron en triplettes qui se déroule cette année-là sur le terrain stabilisé Saint-Eloi à Rodez. Par contre, la sanction prononcée ayant une application immédiate, c’est à 2 joueurs et 4 boules que nous sommes partis défendre nos chances lors de cette finale départementale. En fait, nous n’avons rien défendu du tout tant les dés étaient pipés à l’avance. Sur des terrains aussi peu sélectifs, les 2 boules de retard ne se rattrapent jamais.

Fin des années 80 : A Villefranche-de-Rouergue, une cave devient le premier boulodrome couvert en Aveyron

Cette fois, ils sont devenus fous. C’est ce que n’ont pas manqué de se dire les habitués du Saint-Jean au fur et à mesure qu’ils apprenaient la nouvelle. On veut parler des dernières loufoqueries d’une bande de désoeuvrés qui a décidé de transformer une cave désaffectée en terrain de boules.

Au 10 de la rue Belle-Isle à Villefranche-de-Rouergue, la pizzeria La Gabelle cachait bien son jeu...

Au 10 de la rue Belle-Isle à Villefranche-de-Rouergue, la pizzeria La Gabelle cachait bien son jeu…

Nous sommes à la fin des années 80 et, entre deux parties de baby-foot, nous refaisons fréquemment le Monde. Notre Monde. Ah, si au moins on pouvait sabler ce kiosque histoire d’en jeter quelques-une manière de ne pas perdre trop la main… Jusqu’au jour où le malin Yves Servières eut l’idée de marier l’utile à l’agréable. La Gabelle, le restaurant pizzeria qu’il tenait tout près de là, au 10 de la rue Belle-Isle, était victime de son succès et il devait fréquemment refuser du monde. Dans une stratégie d’anticipation bien pensée, l’ami Servières nous proposa alors le deal suivant. On lui débarrassait la cave, on assurait le minimum d’aménagements nécessaires et il nous laissait les lieux à notre entière disposition pour en découdre boules en mains. Jusqu’au jour où ses projets d’agrandissement prendraient forme, et, là, il était entendu que tables et couverts remplaceraient définitivement ronds et autres données. Marché conclu. Après plusieurs semaines de déblaiement, de nettoyage et de divers petits aménagements (le charcutier voisin, un certain Jacques Edouard, futur Président du Comité Départemental de l’Aveyron, nous avait fait cadeau de néons qu’il avait fallu installer sous la voûte en pierres), il ne restait plus qu’à penser à la surface de jeu. Un aller retour au volant d’un petit camion benne du côté de Montsalès nous apportait la castine rouge attendue. Un dernier week-end de façonnage et le tour était joué. Les dimensions étaient certes limitées (on ne pouvait pas jouer au-delà de 8 mètres, la hauteur de la voûte n’autorisait pas les portées…) mais le plaisir était, lui, immense. Très vite, il fallut même instaurer des tours de jeu tant cette fameuse cave eut un succès fou. La petite rue de l’Election par laquelle se faisait l’entrée s’en souvient encore. Nous aussi. La cave de La Gabelle venait d’ouvrir une nouvelle ère en Aveyron, celle des boulodrome couverts.

 

16 réflexions sur « 1980 – 2014 : plus de 30 ans de souvenirs ! »

    1. Merci Jacques. Je vais essayer d’avancer mais certains souvenirs sont flous et demandent recherche et vérification. Et forcément cela prend du temps…
      A bientôt
      Cyrille

      1. Je ne connais pas ces gars la ,mais ces histoires sont vraiment géniale ,on s y voit dedans .amitiés patrick . E requista.

      2. Excellent j ai passe un super moment
        Un peu déçu ,j aurai bien aime avoir la suite de l histoire avec « le gros Joël » c était une figure (toujours sûrement)

    2. salut cyrille renseigne toi bien aupres de david recoules mais d’apres mes infos il ira bien a la ligue tete a tete
      amicalement et a bientôt pour d’autres souvenirs

  1. Salut Cyrille. Tres interressant a lire . Tu parle de machine millavoise (MAS ROUQUAYROL) mais je pense qu en 86 ils etaient St Affriquains. Juste pour précision. A demain pour la suite

  2. Salut Cyrille,en fait c’était unePeugeot 104zs grise .IL y avait dans le coffre de la voiture à Patrick Une caisse qui contenais plusieurs jeux de boules .Effectivement le jeu de boule d’entraînement de Diego se trouvais dans la LN Citroën de papy Peyre.Toutes mes Amities Cyrille Jean. D

    1. Salut Jean,

      merci pour l’info mais je crois que je parle de la voiture qu’il avait avant celle dont tu parles. Je le revois arriver avec sa peugeot blanche. Mais tu as sans doute raison pour la dernière, elle devait être grise. ;

  3. jean, tu as raison 104 zs grise j’ai eu la chance un jour de pouvoir y monter dedans .pour aller faire un concours aux costes rouges en nocturnes le seul concours que j’ai pu faire avec lui gros gros concours moi tres jeune admiratif ,impressionné pour lui une formalitée car patrick a l’epoque une reference ainsi que toi bien sur.nous repartons a 3h du matin le concours gagnée un immense souvenir de mr toi jean je sais que tu en a d’autre!!!

    1. Salut kiki, ca été toujours un régal de jouer avec toi,un vrai plaisir car tu es un garçon ,vraiment chouette .Patrick ,était un grand joueur de boule, son départ nous a bouleverses ,et quelque part laisse orphelin .Toutes mes Amities

  4. Un beau ,souvenir de pétanque au milieu des années 80, a Rignac avec un autre charmant garçon ,et très bon joueur du nom de Domi Souyri, je ne me rappelle ps du nombres d’équipes ,mais de mémoires je sais que nous avons infligés deux fannies ,une en demi et l’autre en finale, Domi cette journée la ne faisaient pratiquement que des piles, vraiment à décourager l’adversaire .J’ai passé un samedi après midi et une bonnes partie de la nuit d’un souvenir inoubliable avec mon ami Domi. Amities sincère J.D

  5. Génial ces souvenirs !
    Comment as-tu bien pu faire pour les garder ainsi ? Je me doute que tu as dû prendre plein de notes.
    En tous cas, quel plaisir de retrouver des noms qui ont marqué le Villefranchois et l’Aveyron, oubliés pour certains.
    Le détail des descriptions procure un plaisir certain, qui va t’obliger à continuer si tu ne veux pas tous nous frustrer.
    Parmi tous ces souvenirs, dont certains partagés d’une façon ou d’une autre, j’ai une pensée émue pour Patrick, bien trop tôt disparu, dont j’ai gardé quelques souvenirs et notamment un:
    Je jouais en 1980 (déjà !?) un 8ème de finale des 3 jours de St Pierre en tête à tête. Contre Foyot. Très impressionné par le personnage, je n’étais pas dans mon assiette. Patrick était là, au premier rang des tribunes, et m’a encouragé et rassuré, alors que je le connaissais peu. Il devait être présent avec Diégo pour la doublette, et quelle doublette ils formaient! Bref, son aide m’a marqué et j’y repense souvent. Pour la petite histoire, j’ai perdu cette partie, mais j’avais fait 10 points et plutôt bien résisté…

    Merci Cyrille.

    Messieurs les passionnés de pétanque aveyronnais : faites passer le message à vos clubs, qui doivent participer en aidant Pétanque12 à vivre. C’est vital ! Ne gâchons pas la chance inouïe que nous avons d’avoir un tel outil à portée de souris.

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