Championnat de France à Brétigny-sur-Orge (Essonne)
En pantalons… longs

Le premier souvenir que je garde de ce Championnat de France tient dans la tenue vestimentaire. Le comité a doté les 3 équipoes qualifiées de tenues qui ne ressemblent pas à grand chose, à savoir des sweats verts et des pantalons en toile bleus marines (voir photo ci-dessous) : « C’est pas grave, vous ne devriez pas les porter longtemps », s’amusent les copains moqueurs. Ils ont sans doute raison autant faire en sorte que l’on se sente bien dans cette tenue. Mes pantalons, trop longs, ont besoin d’être retouchés. Ma compagne prend les mesures, s’applique pour poser les épingles et décide de faire faire les retouches par sa maman. Dans la semaine qui précède le départ pour l’Essonne, les pantalons nous sont retournés. Direction le sac de voyage prévu à cet effet. Dans la journée pourtant, pressentiment masculin sans doute, je décide de ressortir ces pantalons pour les essayer. Et là, surprise, ce ne sont plus des pantalons mais plutôt des… pantacourts.
Les genoux sont certes couverts mais les mollets, eux, ne peuvent pas en dire autant. Je n’en crois pas mes yeux tant je m’imagine ce qui se serait passé si la scène avait eu lieu samedi mati à Brétigny. Sans doute tout l’étage de l’hôtel aurait été mis au courant… Reste maintenant à voir comment on peut réparer ce coup manqué. Dans mon malheur, je vais avoir de la chance. Je retourne les pantalons et je m’aperçois en effet que la mamie retoucheuse n’a pas découpé l’ourlet. Il ne reste plus qu’à le défaire, à reprendre les mesures et à bien retoucher cette fois. Nous sommes déjà jeudi et nous partons dès le lendemain matin à 9 h. L’opération devient donc une priorité. Cette fois, c’est sûr, j’essaierai les pantalons… avant de les mettre dans le sac !
Sur le trajet, de l’ambiance, du Vassal et du… Ricard
Pour monter à Bretigny, je « fais équipe » avec les champions de l’Aveyron. Claude Guilhem et son monospace sont passés par Rodez pour venir nous chercher, Dominique Souyri et moi. Nous devons retrouver Marc Nogaret et Fernand Marragou, qui sont partis de leur côté, ainsi que le reste de la délégation aveyronnaise (l’équipe Rouquayrol ainsi que la famille Vassal représentant le comité départemental) pour partager le repas de midi quelque part entre Clermont-Ferrand et Paris. A l’heure des retrouvailles, le président Vassal nous demande de le suivre. Avant d’aller au restaurant, il a quelque chose à nous montrer. Il ouvre sa malle, sort une bouteille de Ricard et nous offre l’apéritif. Et une, et deux et trois tournées plus tard, on n’a pas encore le maillot « bleu – blanc – rouge » sur les épaules mais sait-on jamais ! C’est la raison pour laquelle la bouteille passablement entamée est précieusement rangée au cas où… il y ait une belle performance aveyronnaise à fêter un peu plus tard dans le week-end. Nous reprenons la route en début d’après-midi. Direction Bretigny-sur-Orge et son site accueillant le 50e Championnat de France en triplettes.
La presse aveyronnaise mal renseignée
En fin d’après-midi, nous nous retrouvons pour la traditionnelle remise des licences. J’ai en tête le numéro du cadre qui nous attend le lendemain et j’en profite pour aller voir à quoi cela ressemble. Pour tout dire, cela ne ressemble pas à grand chose. Si ce n’est à rien. Pour tout dire, c’est à se demander si l’on ne sait pas trompé d’épreuve tant ces terrains de jeu ressemblent davantage à des terrains de lyonnaise plutôt qu’à de véritables terrains de pétanque. Une chose est sûre. Demain matin, il faudra pratiquer un jeu de roulette et, sans doute, tirer à la rafle.
Le samedi, le jet des premières boules d’échauffement ne fait que confirmer les impressions de la veille. Ces véritables billards sont tout sauf intéressants. La boule ne s’arrête jamais. On dirait même qu’elle prend de la vitesse au fur et à mesure qu’elle avance vers le cochonnet. L’appoint demande une énorme concentration. Il faut se forcer à ne pas regarder le cochonnet et parvenir à se fixer un autre but, situé un mètre avant. Il faut se forcer enfin à faire partir la boules des pieds. Bref un véritable jeu de « papys » qui n’est pas celui qui nous convient le mieux. Mais on, n’a plus le choix. Le coup de sifflet retentit et il faut faire avec. Nos premiers adversaires sont justement des jeunes vétérans, des Varois répondant au nom de Laurrot. Sans être exceptionnelle, notre prestation est suffisante pour l’emporter. Pas si mal pour un début, surtout quand on sait que cette triplette d’anciens finira par sortir finalement de poule pour se hisser, le dimanche matin, jusqu’en 8e de finales. La deuxième partie a quant à elle valeur de véritable test puisqu’elle nous oppose à la triplette Petit, une formation du Loiret qui, il y a quelques années, a été sacrée vice-championne de France. Même stratégie, même résultat. Nous tenons le bouchon loin, nous faisons un bon jeu d’appoint, nous faisons preuve d’une certaine justesse dans la façon de mener le jeu… autant de conditions qui nous permettent de signer une nouvelle victoire synonyme de sortie de poule. Certes la suite sera moins convaincante. Nous nous inclinons dès les 64e de finale contre une équipe de la Haute-Savoie qui a vraiment rien de plus que nous. C’est même certainement, des 3 formations rencontrées ce jour-là, celle qui a le moins de potentiel. Peu importe, le résultat est là. C’est donc en spectateur que nous suivrons la suite, mais pas la fin, de cette 50e édition des Championnats de France. Nous quittons en effet Bretigny-sur-Orge le dimanche en fin de matinée alors que jouent encore les derniers quarts-de-finale. Ce n’est que le lendemain que nous découvrons, en lisant la presse écrite aveyronnaise, que ce sont finalement les joueurs du cru, les Essonnais de l’U.P. Montgeron Jean-Claude Rasle, Eric Sirot et Philippe Pouzier qui sont devenus champions de France en privant les champions en titre (Marc Chagot, Alain Bideau et Didier Choupay) d’un doublé. Dans cette même presse écrite locale, on découvre également un article qui, sous le titre « Les Aveyronnais : un p’tit tour et puis… », est censé informer le lecteur sur le parcours des 3 équipes représentant l’Aveyron. Or, selon cet article, les 3 triplettes en question ont toutes échoué en poules. A cette époque là, je ne suis pas encore dans le métier mais sans le savoir j’apprends déjà. Quand un journaliste n’est pas présent sur un évènement, la moindre des choses est de vérifier la véracité des informations communiquées par les soi-disants relais.
