« Pour la 3e fois, je ne défendrai pas mon titre départemental en triplette »
A son retour de Valence d’Agen où il a coaché l’équipe de Millau qui a participé à la 19e édition du Trophée des Villes, Jean-Pierre Mas a bien voulu répondre à nos questions. L’occasion de nous confirmer que les bruits qui circulaient concernant la fin prématurée de son association avec Maxime Vanel et Jérémy Leroch étaient bien vérifiés.

Pétanque 12 :Vous connaissiez le Trophée des Villes pour y avoir participé à 2 reprises en tant que joueur. Vous venez de le découvrir avec la casquette de coach. Quel bilan tirez-vous de cette édition 2019 en général et de la performation de votre équipe en particulier ?
Jean-Pierre Mas : Le Trophée des Villes est vraiment une compétition à part. Quand on a la chance d’y participer, on mesure l’engouement ô combien mérité qu’elle suscite tant auprès du public que des joueurs. C’est une épreuve haut de gamme tant sur le plan sportif que sur celui de l’organisation. Concernant les performances de l’équipe de Millau que j’ai eu la chance de coacher, je retiendrai surtout la bonne entame contre Monaco vendredi matin en 16e de finale. Le niveau de jeu pratiqué par Jérémy, Thibault, Dorian et Nicolas a été très satisfaisant. Ce fut ensuite plus compliqué contre Palavas-les-Flots, une équipe plus solide et surtout plus expérimentée, en 8e de finale. Après le partage des points en doublettes, l’opposition en triplette était décisive. Contrairement au tour précédent, j’ai fait le choix d’un jeu offensif en faisant jouer Jérémy, Thibaut et Dorian. Aucun des 3 n’a su s’exprimer sous son meilleur jour et l’entrée de Nicolas nous a permis d’espérer mais n’a finalement rien changé. Le résultat est on ne peut plus logique. Concernnat l’épreuve individuelle du tir de précision, je retiendrai la belle performance de Jérémy qui, avec 42 pts, a réalisé le 5e meilleur score des 32 participants. Un résultat qui lui a valu sa qualification pour les quarts-de-finales où il fut opposé au brillant Lucas Desport. La confrontation a eu lieu sur un des terrains du carré d’honneur, terrain dont la surface a été plus favorables aux tirs plus tendus de Lucas qui a su ramasser certaines boules qui se sont dérobées aux courbes plus hautes des tirs de Jérémy.
Jérémy Leroch, justement parlons-en. Est-il vrai que vous ne défendrez pas, en cette année 2020, le titre de Champion départemental en triplettes acquis l’an passé à Millau aux côtés de Maxime Vanel ?
C’est vrai et je le regrette. A titre personnel, c’est la 3e fois que cela m’arrive et c’est toujours aussi frustrant. Mais malgré tous mes efforts, je n’ai pas su convaincre Maxime et Jérémy de passer outre leurs différents.
Tout le monde reconnait à Jérémy Leroch de vraies qualités boulistiques mais le bonhomme est loin de faire l’unanimité en terme de comportement sur les terrains. Quel est votre avis ?
Je connais Jérémy Leroch depuis suffisamment longtemps pour savoir qu’il s’agit d’un bon gars. Mais je suis obligé de reconnaître que son comportement a parfois eu, ces derniers temps, un côté tendancieux dans lequel je ne me reconnais absolument pas. J’ai d’ailleurs profité de ces quelques jours passés ensemble à Valence d’Agen pour lui en parler.
Que vous-a-t’il dit ?
Il a fait preuve de lucidité puisqu’il a reconnu, au moins en partie, ses erreurs. Des erreurs qu’il justifie par son tempérament. Ce garçon est un gagneur qui n’accepte que très difficilement la défaite. Personnellement, je ne me reconnais pas dans cette philosophie et, même si il s’est engagé à prendre sur lui et à corriger son comportement, cette différence explique aussi notre séparation en 2020. Ce qui n’empêche que Jérémy reste un ami avec qui je prendrai plaisir à disputer quelques nationaux tout au long de la saison.
Jérémy Leroch va-t-il rester sociétaire de la Pétanque de Creissels en 2020 ?
Je ne lui ai pas posé la question mais pour moi cela ne fait aucun doute. Les effectifs de la société sont suffisamment riches pour que Jérémy parvienne à construire une nouvelle équipe à la hauteur de son talent.
Et vous, avec qui allez-vous faire équipe la saison prochaine ?
Avant de savoir avec qui je vais faire équipe, la question est de savoir si je vais vraiment jouer. Je me suis en effet engagé sur une liste pour les prochaines élections municipales à Millau et, en cas d’élection, je ne vais pas vous cacher que la pétanque ne sera plus pour moi la première de mes priorités.
Alors on va tourner notre question autrement. Si vous deviez jouer, ça serait avec qui ?
Les liens qui nous unissent, Maxime et moi, sont indestructibles. Maxime, c’est comme un fils pour moi. Et si je dois jouer en doublettes en 2020, ce sera forcément avec lui.
Propos recueillis
par Cyrille COSTES
.