Pourquoi la pétanque a-t-elle autant de mal à mobiliser les vraies compétences ?
Certes elles ne sont pas légion mais elles existent. On veut parler de ces personnes passionnées de pétanque et capables d’apporter un véritable sang neuf à une discipline qui en a tant besoin. Le fait que certains soient réfractaires à la remise en question et s’accrochent à un pouvoir dont ils n’ont pas la hauteur explique sans doute beaucoup de choses.

Être opportuniste, courageux et ambitieux, ça veut dire quoi ?
Les Jeux Olympiques PARIS 2024 font chanter, danser, célébrer, partager…, bref font vivre le pays France et, pendant ce temps, la pétanque vit comme en vase clos. Pendant que des dizaines de sport, parmi lesquels certains pour le moins confidentiels, occupent les chaines médiatiques, la petite boule doit se contenter de diffusions en longs différés. Ce constat ne se limite malheureusement à l’échelle nationale, il est aussi vrai à l’échelon départemental et même local. La fonction de dirigeant est devenue aussi peu attractive qu’elle est aujourd’hui ouverte au premier venu. Mais le problème vient-il de la fonction en elle-même ou plutôt de ceux et celles qui se trouvent déjà aux responsabilités ? Poser la question suffit sans doute à y répondre. L’orgueil et l’ego des uns, l’incapacité à bien communiquer, à débattre ou encore à partager les avis et autres opinions des autres, l’envie de tout diligenter seul et contre tous des derniers, ne cherchez pas plus loin l’origine du mal. Qui va avoir envie de s’investir auprès de tels profils dignes d’un univers dictatorial et tyrannique ? Pas grand monde et certainement pas les plus compétents, ceux capables d’apporter de nouvelles idées, de nouvelles stratégies, de nouvelles méthodes. Bref, ceux qui ont un véritable potentiel d’intelligence et de gouvernance, ceux qui sont porteurs de véritables compétences. Tout simplement. L’Aveyron et sa pétanque n’échappent malheureusement pas à ce terrible constat. On peut même dire que celui qui est aux affaires depuis maintenant 12 ans en est la véritable incarnation. Dès 2013, l’individu en question fut le premier informé de notre volonté de créer un site de journalisme et de communication lié à la pétanque aveyronnaise. Plutôt que de percevoir l’opportunité de faire de l’Aveyron un département pilote en la matière, l’homme a préféré faire de « Pétanque 12 » un adversaire plutôt qu’un partenaire. Très vite, les chiffres allaient lui donner tort. Dès la première année en effet, alors que ce site d’information avait vocation à rester consultable sans abonnement, « Pétanque 12 » était consulté dans plus de 100 pays dans le monde, pays répartis sur les 5 continents de la planète. Les moyennes journalières de consultation dépassaient même les 1 000 visites jours jusqu’à atteindre des sommets le jour d’événements importants (plus de 7 000 connexions un jour de finale départementale en tête-à-tête à Sainte-Geneviève-sur-Argence). Avec un tel président incapable de reconnaitre ses erreurs et toujours resté droit dans ses bottes, le dialogue ne pouvait être rétabli.
Une incapacité à être un véritable leader entrepreneurial
Comme si cela ne suffisait pas, ce matelot de service n’a cessé de se tromper de cap. La faute à un équipage incapable de lui montrer les bonnes voies à suivre. La faute à cette règlementation dite de la liste bloquée qui empêche toute compétence individuelle à venir essayer de remettre l’embarcation dans le bon sens de la vague. Résultat, panique à bord et succession de mauvaises décisions. On pourra retenir l’échec du redécoupage du département en 3 ou 4 secteurs. Ou encore cette règle privant les équipes tardant à sortir de poule le jour de championnats d’une véritable pause restauration. Mais le plus grave, restera sans doute le silence total observé lors de ce dossier si important qu’est le projet de construction d’un nouveau boulodrome couvert sur le Ruthénois. Après être passé côté d’un véritable outil de communication géré par un professionnel, celui qui n’a de président que le nom et certainement pas l’étoffe et le charisme a affiché encore une fois un manque flagrant d’opportunisme, cette qualité première de tout vrai entrepreneur qui se respecte. On n’avait pas le droit de ne pas saisir l’opportunité de donner à l’Aveyron un équipement qui allait pouvoir lui permettre de se valoriser et de prétendre aux plus belles destinées nationales (candidatures possibles à des Championnats de France, à des phases finales de Coupe de France, à des Trophées des Villes ou encore à des étapes ou à des finales des Masters). On n’avait pas le droit de fermer les yeux sur les 4 millions d’euros que Rodez Agglo et son président Christian Teyssèdre étaient prêts à mettre sur la table. On n’avait pas le droit, alors on a a pris le gauche. La voie des faibles, la voie de ceux qui manquent de courage. Pas question de se mouiller et d’assumer ses responsabilités surtout quand on a montré que l’on savait plus patauger que vraiment nager.
Le pire serait-il à venir ?
A l’échelle nationale comme départementale, cette fin de saison marquera le renouvellement des forces dirigeantes. Nous nous sommes exprimés sur le duel annoncé entre les listes d’un Michel Le Bot qui est loin de faire l’unanimité et d’un Laurent Rougier qui ne fait pas preuve de la plus grande légitimité. Au niveau départemental, c’est presque pareil. Presque car il n’y aura sans doute pas de duel. Le président, qui avait dit ne pas vouloir d’un 3e mandat, n’en fera finalement pas un 4e. C’est son vice-président délégué qui conduira la seule liste sans doute en lice. Un vice-président délégué qui affiche déjà plus de 2 décennies de présence au sein du comité mais qui n’a pas faire de cette expérience un véritable atout. Rares sont en effet ceux et celles qui se reconnaissent dans un profil manquant tant de potentiel et surtout de franchise. L’individu n’a pas le charisme d’un leader naturel et on voit mal, dans ces conditions, des profils potentiellement intéressants venir le rejoindre sur cette fameuse liste. Et comme il est très difficile, pour ne pas dire impossible, de rallier une vingtaine de personnes ayant la même vision des choses et les mêmes méthodes de travail, l’idée d’une seconde liste a sans doute déjà vécu. Reste enfin la dernière question : est-la fin programmée du bénévolat. Gérer un comité fort de près de 4 000 licenciés revient à gérer un véritable PME. Or on connait un chef d’entreprise faisant l’impasse de toute forme de rémunération. Plutôt que de grossir de cesse les réserves financières de l’association gérant la pétanque en Aveyron, ne serait-il pas plus responsable de voir comment dégager une sorte de revenus pour celui, ou celle, qui serait alors candidat(e) à une autre forme de gouvernance. Mais connaissant l’étroitesse d’esprit et le manque total d’ouverture du futur nouveau président, lancer une telle réflexion revient déjà à prêcher dans le désert.
Cyrille COSTES
Journaliste « Pétanque 12 »