Rencontre avec… l’Aubinois Jérémy Bernal, plus jeune arbitre du comité départemental

« Tant que le district de Decazeville survivra, j’arbitrerai. Après… »

A 24 ans, Jérémy Bernal est le plus jeunes des arbitres aveyronnais. Celui qui décrocha une 3e place au championnat de l’Aveyron en triplettes juniors a aujourd’hui rangé les boules pour enfiler le maillot blanc et noir et  sortir les sifflets, les mètres, les chronomètres  et les cartons qui vont avec.  Rencontre avec un jeune homme qui ne regrette pas le choix qu’il a fait mais qui attend quand même des avancées pour rendre le statut d’arbitre plus intéressant et surtout plus attractif. Notamment auprès des jeunes.  

Pétanque 12 : Qui est Jérémy Bernal ?
Jérémy Bernal : 
J’ai 24 ans, je suis né à Decazeville et j’habite Cransac. Boulistiquement parlant, je suis licencié à Aubin à La Fraternelle Pétanque Le Gua des présidents Bruno Bousquet et Robert Lourenço.

La pétanque, justement, c’est venu quand et comment ?
Comme beaucoup de monde, c’est une affaire de famille. Mon grand-père aimait ça et jouait un peu. Il m’arrivait de le suivre et j’ai de suite accroché. J’avais 7 ans quand j’ai signé ma première licence. C’était à l’Amicale Pétanque Cransac, une société aujourd’hui disparue. Actuellement; je suis licencié à la Fraternelle Pétanque Le Gua à Aubin.

Et l’arbitrage dans tout cela. Plutôt choix personnel ou au contraire quasi obligation ?
C’est un choix totalement personnel. L’élément déclencheur a été le départ d’un certain  Maurice Marty qui n’a fait qu’aggraver une situation déjà passablement dégradée. L’insuffisance d’arbitres est une constante en Aveyron comme ailleurs. Mais à Decazeville, le problème est devenu chronique depuis de longues années.

Quel bilan tirez-vous de cette expérience ?
Plutôt positif. Tout n’est pas parfait et je profite d’avoir la parole pour dire que j’en ai, et nous en avons, parfaitement conscience. Mais comme je le répète souvent, il faut que tout le monde comprenne que l’on ne peut pas être en permanence derrière tous les joueurs. Une chose est sûre. Je n’ai jamais regretté ma décision et je compte bien poursuivre mes missions d’arbitre départemental un certain temps encore.

Pourquoi, vous vous êtes fixé une limite ?
Tant que le district de Decazeville continuera à exister en gardant son indépendance, je continuerai. S’il venait à disparaître, en étant par exemple jumelé avec un district voisin, j’arrêterai.

A 24 ans, Jérémy Bernal est le plus jeune arbitre appartenant au comité départemental de l'Aveyron.
A 24 ans, Jérémy Bernal est le plus jeune arbitre appartenant au comité départemental de l’Aveyron.

Quand vous êtes appelé à arbitrer sur un concours,  c’est plutôt un plaisir ou une corvée ?
Franchement, un plaisir. Les débuts de concours sont souvent difficiles. On est appelés un peu partout pour mesurer des points ou des bouchons mais aussi pour préciser des points de règlement. Même si certains joueurs que je nommerai pas sont de véritables professionnels en la matière. Ils connaissent le règlement encore mieux que nous les arbitres. Mais à partir des quarts-de-finale, c’est un véritable plaisir. Je me régale de voir jouer les meilleurs et je dois reconnaître que j’apprends beaucoup notamment sur la façon de mener le jeu.

Quel est votre pire souvenir en tant qu’arbitre ?
Le pire concerne un fait de jeu sur lequel je n’étais pas présent mais qui m’a été rapporté par le Président Nogaret. Je veux parler du climat dans lequel s’est disputée la partie après pules entre Espalionnais et Monastériens lors du Qualificatif Ligue triplettes à Cassagnes-Bégonhès. Un autre mauvais souvenir est encore plus récent puisqu’il a pour cadre la dernière finale départementale en triplettes à Rieupeyroux. J’assistais un arbitre de Ligue qui n’a pas voulu que je mette un carton jaune à un joueur de cette finale qui venait de mettre 2′ 46″ pour jouer sa boule. Je suis partisan d’infliger les mêmes sanctions à tous les joueurs, quels que soient leurs niveaux ou leurs réputations. Là, j’ai vraiment eu le sentiment qu’il y avait un arbitrage à 2 vitesses.

Et le meilleur ?
IL n’y en a pas un particulier. Les meilleurs moments sont quand viennent les remerciements de dirigeants satisfaits de notre prestation. Les joueurs aussi nous serrent la main, les joueuses nous font la bise… Enfin surtout ceux et celles qui viennent de gagner…

Si vous aviez une baguette magique, qu’est-ce vous lui demanderiez pour rendre l’arbitrage plus intéressant et surtout plus attractif surtout vis à vis des jeunes générations ?
Je la pointerai en direction des personnes concernées à savoir d’une part les joueurs et joueuses, d’autre part les dirigeants. Aux premiers, je demanderai d’avoir encore un plus grand respect envers les arbitres même si je dois avouer que le département de l’Aveyron reste, pour ça, un bon élève. Des échanges avec des collègues nous apprennent qu’il y a bien pire ailleurs. Pour faire court et simple, je dirai que certains bons joueurs ne doivent pas se sentir au-dessus des règlements. Quant aux seconds, ils doivent rester à l’écoute de nos attentes et montrer leur volonté de gommer certaines incohérences qui concernent le statut d’arbitres.

A quoi vous faites allusion ?
Un exemple, les indemnités versées en remboursement des frais kilométriques. Autant je comprends que le forfait journalier accordé aux arbitres Nationaux ou de Ligue soit supérieur au notre, autant je trouve incohérent que les barèmes concernant les frais de déplacement ne soient pas identiques. Ils varient même de 1 à 3 puisqu’ils sont de 20 cts le kilomètre dour les Départementaux contre 60 cts pour les Ligue et autres Nationaux.

Que comptez-vous faire ?
Nous sommes plusieurs arbitres à regretter cette situation et nous sommes bien décidés à mettre ce sujet à l’ordre du jour d’une réunion qui se tient traditionnellement en fin de saison en présence des dirigeants du comité départemental.

Propos recueillis par Cyrille COSTES

   

Une réflexion sur « Rencontre avec… l’Aubinois Jérémy Bernal, plus jeune arbitre du comité départemental »

  1. Un bel exemple et une chance pour l’Aveyron.
    Nul doute que Jérémy, qui est remarquable autant pour son professionnalisme que par sa discrétion, ne tardera pas à gravir les échelons dans son domaine.
    Et heureusement qu’il y a des jeunes comme lui plein de volonté, car il est de plus en plus compliqué d’avoir des arbitres aujourd’hui. Il n’y a qu’à regarder la liste des arbitres il y a 30 ans et aujourd’hui….

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *