Impressions d’avant championnats

Les tenues seront homogènes, les équipes beaucoup moins…

Les dirigeants veulent faire de ce jeu un sport. En généralisant le port de tenues homogènes, en favorisant le survêtement au détriment de l’incontournable « jean », en intégrant les contrôles d’alcoolémie…, la Fédération s’attaque à un chantier de vitrine et de façade. Elle ferait sans doute mieux de s’en prendre aux véritable fondations de cette institution. En essayant notamment de comprendre pourquoi et comment la notion d’équipes, de vraies équipes, d’équipes qui se construisent pour durer dans la victoire comme dans la défaite, d’équipes qui savent passer les fortes houles pour ensuite mieux savourer les eaux plus calmes…, a aujourd’hui quasiment disparu. L’Aveyron n’échappe malheureusement pas à cette règle. Les équipes se font et se défont à la vitesse grand V, certaines sont même enterrées vivantes, mortes avant même d’avoir commencé à exister. Si nous voyons juste, le constat est alarmant. En ce début de saison, les équipes dites de copains construites autour des valeurs de solidarité et de complémentarité, se comptent en Aveyron sur les doigts d’une seule main. DE-SO-LANT.

L’intérêt a supplanté l’amitié
Construire une équipe, à pétanque comme ailleurs, est un véritable chantier. Un chantier qui va des fondations jusqu’aux finitions. Parce qu’il y a les boules et l’après boules, il y nécessité de partager des valeurs communes. Avoir les mêmes disponibilités, avoir les mêmes ambitions, être capables de se fixer des objectifs, mettre en place des stratégies de jeu partagées et validées à l’avance, être d’accord sur les attitudes à avoir et autres comportements à afficher…, on en pense et sans doute des meilleures. Le XXe siècle était celui du jeu entre copains, le XXIe est celui du sport par intérêt(s) personnel(s). On ne copine plus avec celui dans lequel on se reconnait, on se rapproche de celui qui présente un intérêt. Sans doute un reflet de changement de société où l’individualisation et l’intéressement ont remplacé la solidarité et l’amitié. Avant, c’étaient ceux qui ne respectaient pas ces règles qui étaient montrés du doigt. Aujourd’hui, ce sont ceux qui ne se dispersent toujours pas, ceux qui s’inscrivent dans la durée en faisant confiance aux mêmes partenaires qui font l’objet de critiques.

Pas une seule formation titrée en triplettes ces 10 dernières années en Aveyron n’est parvenue à survivre. Incroyable !

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Seuls les vice-champions 2019 sont certains d’être là…

Les Castonétois Frédéric Héry, David Solignac et Jacques Reynès, vice-champions en titre, seront présents lors de la finale départementale à La Primaube.

Aujourd’hui en Aveyron, on estime seulement à un tiers la proportion des équipes qui s’inscrivent dans cette logique « d’amitié durable ». La preuve, ce qui attend le futur championnat triplettes dont la finale se jouera à La Primaube. La tradition veut que les 3 équipes montées sur le podium l’année précédente soient qualifiées d’office pour cette finale départementale. A quelque semaines des éliminatoires par district, on sait que ce scénario a déjà vécu. Les champions 2019, les Creissellois Jean-Pierre Mas, Maxime Vanel et Jérémy Leroch ne défendront pas le titre ensemble. Pour ce qui concerne les Villefranchois Julien Guilhem, Pascal Marty et Lilian Boyer, l’heure est toujours au plus grand flou. Les intéressés eux-mêmes disent ne pas savoir, c’est dire ! En fait, seuls les vice-champions en titre, les Castonétois David Solignac, Jacques Reynès et Frédéric Héry semblent bien décidés à remettre ça avec le challenge de franchir cette dernière marche qui change tout.

« Patience et longueur de temps font plus que force ni que rage »

Marc Chaliez, Patrick Poujol et Damien Azaïs, des Broquièsois qui font figure d’exceptions qui confirment la règle. En tout cas une équipe qui vendra chèrement sa peau lors de ces championnats 2020.

Dans ces conditions, les (très) rares équipes qui s’inscrivent dans le temps voient forcément leurs côtes remonter. Si on parle de formations en triplettes, on pense forcément aux 2 équipes du district de Saint-Affrique, les sociétaires de l’EPSA Simon Dulucq, Mathieu Cadenet et Damien Gayraud d’une part, et leurs copains de Broquiès, Patrick Poujol, Marc Chaliez et Damien Azaïs d’autre part. Ce n’est sans doute pas un hasard si 2 de ces joueurs, en l’occurence Simon Dulucq et Damien Azaïs, viennent de réaliser une belle passe de 3 en atteignant successivement les derniers carrés des Challenges doublettes de Creissels et Saint-Affrique et, ce samedi, triplettes à Rodez. Une telle réussite devrait faire réfléchir et devrait faire école. Ce n’est malheureusement pas le cas. Monter une équipe ambitieuse et solide prend du temps et demande de la patience. Deux valeurs qui restent d’actualité une fois l’équipe montée, y compris quand les défaites et autres désillusions prennent la place de victoires et de titres trop vite anticipés. Allez, arrêtons d’être négatif et voyons enfin le bon côté des choses. La gent pétanquiste ne s’est jamais autant embrassée, elle ne s’est jamais autant souhaité « bonne partie » à l’heure du jet du but et, surtout, elle n’a jamais affiché autant d’homogénéité. Une homogénéité de tenues, donc de façades, qui a de plus en plus de mal à cacher le mal profond qui ronge cette discipline qu’est la pétanque. Pardon messieurs de la Fédération, ce sport…

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