Pour la mairie de Rodez, la note pourrait dépasser les 4 millions d’euros !
Les finances sont saines, c’est le maire qui le dit, et c’est tant mieux. En tout cas, une telle réalité supposée ne sera pas de trop quand on essaie d’anticiper en calculant ce que pourrait coûter l’investissement dans une construction neuve ayant vocation à accueillir le futur boulodrome de la ville de Rodez. Selon nos calculs, effectués sur la base de tarifs communiqués par le site www.architecte-bâtiments.fr, l’addition finale pourrait dépasser les 4 millions d’euros. ENORME !
Certains ont cru à une blague et ont même parlé de 1er avril avant l’heure. L’annonce faite par Christian Teyssèdre, ce mardi au boulodrome Saint-Eloi à Rodez, et relayée par le site journalistique « Pétanque 12 » n’en finit plus de faire causer et réagir. Parce qu’elle va à l’encontre de la version donnée par le même élu il y a plus de 2 ans – « Si Saint-Eloi doit disparaitre, il n’y aura pas de construction d’un bâtiment neuf de surface équivalente, cela coûte bien trop cher », parce ce qu’elle s’oppose à la dernière version donnée la semaine dernière dans un article de la presse quotidienne locale – Centre Presse du jeudi 23 janvier – , cette annonce annonce un mélange de sentiments auprès des passionnés de la petite boule aveyronnaise. L’emballage est plus qu’attractif et il ne peut faire qu’énormément plaisir. L’opportunité de doter Rodez, et avec cette ville chef-lieu tout le département qui va avec, d’un tel outil est une opportunité qui ne se présente qu’une seule fois. Et cette opportunité, il est indispensable de la saisir sous peine qu’elle ne se représente jamais. On pense déjà aux réactions de tous les pétanqueurs voisins, qu’ils soient lotois, tarnais, lozériens ou encore cantaliens, qui s’extasient déjà sur le confort et la praticité de l’actuel boulodrome couvert de Saint-Eloi. Là, cela n’aura rien à voir. 48 terrains aux normes règlementaires (15 m X 4 m ?), des allées de circulation, une tribune (?), un espace bar – restauration, un autre consacré aux joueurs de cartes, des toilettes, une salle de réunion…, n’en jetez plus, les chiffres s’affolent déjà.

Quoi qu’il arrive, quelle que soit la configuration définitivement retenue, on ne voit pas comment la superficie au sol pourrait ne pas dépasser les 3 000 mètres carrés. Ajoutez à cela les nouvelles normes concernant l’accessibilité, la sécurité ou encore l’hygiène, et cette fois la calculette commence à brûler les doigts. Finissez en signant le chèque de 10% servant à payer les honoraires du ou des architectes, sans oublier de saupoudrer le tout avec l’incontournable TVA, et là, cette fois, elle explose carrément. Etablie sur des tarifs communiqués par le site www.architecte-batiments.fr, la note finale pourrait bien se situer entre 4 et 5 millions d’euros. Et encore, il convient de le rappeler, le site retenu, celui des anciens abattoirs route de Vabre, est propriété de la mairie. Ce qui enlève les traditionnels frais d’acquisition du terrain à construire. Précisons enfin que cette estimation ne tient pas compte des frais concernant l’aménagement des extérieurs. On se rappelle en effet que la volonté exprimée par l’Amicale des clubs de Rodez demandait une superficie consacrée à d’autres terrains de jeu. Sans oublier enfin l’indispensable espace qu’il faut consacrer et aménager en vue du stationnement des véhicules des utilisateurs de ce boulodrome. Faisons confiance au maire Christian Teyssèdre et à toutes les équipes de la municipalité qui vont travailler sur ce projet pour remplir toutes les conditions nécessaires à l’obtention de toutes les aides et autres subventions octroyées par l’Europe, l’Etat ou encore la Région. Histoire de ramener la note à des proportions plus raisonnables. Histoire d’éviter aux contribuables ruthénois d’avoir des vertiges et des frissons à la découverte de tels chiffres.
L’enjeu
Construire une équipe compétente et surtout complémentaire
Christian Teyssèdre en a la volonté. Les équipes municipale et amicaliste doivent collaborer vite et bien, histoire d’être capable de proposer un projet digne de l’investissement réalisé.
Dans ce type d’aventure, car à coup sûr cela en est une, une première question s’impose. Qui va porter le projet ? Apparemment, l’équipe municipale ne sera pas seule aux commandes. C’est en tout cas le message lancé ce mardi par Christian Teyssèdre qui a lancé un appel à l’Amicale présidée par Angel Castro. Le maire de Rodez souhaite en effet une collaboration… constructive. Une deuxième question pointe alors le bout de son nez. Qui va être choisi pour représenter l’Amicale dans ce véritable tandem ? Une chose est sure. L’Amicale n’a sans doute pas anticipé ce genre de situation, il faut le reconnaitre difficilement prévisible tant cette annonce a fait l’effet d’une bombe dans le landernau de la pétanque ruthénoise et aveyronnaise. Ce n’est pas une raison pour paniquer et faire n’importe quoi. Il convient au contraire de prendre le temps de réfléchir, histoire d’avoir une démarche et un comportement cohérents. L’enjeu est de taille, au sens propre comme au sens figuré, et il convient donc de se donner les meilleures chances de relever un tel challenge. Sans vouloir outrepasser notre rôle de journaliste, observateur et narrateur avant tout, nous nous permettons de donner quelques conseils à l’équipe de l’Amicale. Le premier serait de se rapprocher de l’équipe nord-aveyronnaise qui vient de vivre le même genre d’aventure sur le projet sorti de terre à Lacroix-Barrez. Quelles sont les erreurs à ne pas commettre ? Si vous portiez le projet aujourd’hui, que feriez-vous différemment ? De quoi êtes-vous le plus fier, le plus satisfait ?… autant de questions à poser par exemple aux Nord-Aveyronnais. Deuxième conseil, construire une équipe compétente mais surtout complémentaire. Concevoir et gérer un boulodrome, c’est un double savoir-faire. C’est savoir cumuler à la fois des missions de gestion, notamment administrative et comptable, mais c’est aussi porter des projets sportifs. C’est la raison pour laquelle une bonne équipe devrait sans doute associer des gestionnaires et des sportifs. Entendez par là des présidents de clubs de l’Amicale mais aussi des joueurs. On pense notamment à des gens d’expérience qui ont l’habitude de sortir de Rodez et qui fréquentent régulièrement d’autres boulodromes couverts. Creissels, Saint-Affrique, Villefranche mais aussi Figeac, Aurillac, Albi, Mende… Chacune de ses structures est différente l’une de l’autre. Chacune présente ses avantages et ses inconvénients. Il serait sans doute bon de tenir compte des avis des uns et des autres afin de faire de ce nouveau boulodrome ruthénois une véritable référence en la matière. Un exemple parmi tant d’autres, quelle surface mettre en place pour en tirer le maximum d’avantages ? Tant en terme de qualité de jeu que de confort et de coût d’entretien, le goudron nous semble ainsi une matière toute désignée. Ceci n’est qu’un avis, il convient évidemment d’en prendre d’autres.
C.C.
L’image du jour
Sur le site retenu, les engins de chantier déjà à l’oeuvre

Incroyable mais vrai ! Venu sur site pour tourner une vidéo censée indiquer aux non Ruthénois la situation géographique de ce site dit des anciens abattoirs à l’entrée même du chef-lieu, quelle ne fut pas notre surprise (le mot est faible !) de voir les engins de chantier déjà l’oeuvre. Il était tout juste 13 h 30, ce mercredi 29 janvier, qu’un camion et une pelle s’employaient visiblement à déblayer une partie du site encombré par les vestiges de l’ancienne structure. La veille, le maire Christian Teyssèdre parlait d’un projet qui « allait être rondement mené ». Deux hypothèses. Soit l’élu a montré l’exemple en faisant preuve d’une réactivité exceptionnelle, soit la décision de construire un boulodrome flambant neuf en bordure de cette route de Vabre a été prise il y a longtemps déjà. Auquel cas l’info tombée ce mardi sous les halls René-Blanc était le parfait exemple de ce que l’on appelle l’effet d’annonce. En plein coeur de la campagne en vue des élections municipales, à chacun de se faire son opinion.
La vidéo du jour : découvrez le site retenu pour accueillir le futur boulodrome couvert à l’horizon 2021