Eric Archimbeaud, cette alchimie qui lui colle à la peau…
Si l’Espalionnais regarde aujourd’hui davantage en direction des green de golf que des terrains de pétanque, rien ne dit, bien au contraire, que cette semi-retraite est partie pour durer éternellement. En effet, les sollicitations dont il fait régulièrement l’objet ne resteront peut-être pasn toujours lettres mortes. Histoire de ne pas attendre la catégorie Vétérans pour apporter une ou plusieurs lignes supplémentaires à un palmarès déjà fort de 11 titres départementaux en triplttes, doublettes, tête-à-tête et doublettes mixtes. Excusez du peu !

Plus de 30 ans entre ses premier et dernier titres !
Cette année encore, il aurait été un des grands, pour ne pas dire « Le » plus grand, des absents de ces championnats 2020. Une situation qui n’aurait certes pas été une première mais à laquelle la grande majorité des amoureux de pétanque en Aveyron ont du mal à se résoudre. On ne cumule pas, en effet, pas moins de 11 titres départementaux en l’espace de quelque 33 années sans laisser des traces indélébiles. De 1983, année de son premier titre en triplettes dès sa première licence seniors, à 2016, date de son dernier sacre, toujours en triplettes, ce sont ainsi plus de 3 décennies qu’Eric Archimbeaud aura indéniablement marqué de son empreinte.

Sa prestance, son talent marqué par une maîtrise totale de tous les coups que compte la pétanque, sa capacité à jouer la bonne boule au bon moment et, cerise sur le gâteau, sa parfaite gestion des stratégies les plus justes et les plus fines…, autant de caractéristiques qui ne pouvaient que marquer des générations entières. Certains lui reprocheront une attitude qui pouvait donner l’impression d’être distante. D’autres préfèreront insister sur ses habitudes à faire de son rythme et de celui des siens celui d’une partie toute entière. Des coup mille fois réfléchis, des boules cent fois pesées, des allers-retours dix fois arpentés. Et alors !N’en déplaise à tous ces habitués de la critique, ces comportements-là font partie intégrante de la panoplie du parfait pétanqueur. Une panoplie que l’Espalionnais a endossé et endossera sans doute encore.
Avec Diaz et Salerno, une décennie de grande domination

D’accord, il y a eu André Routaboul. D’accord, il a y aussi eu Robert Costes. Mais combien ces deux vétérans pèsent-ils face aux deux autres, des certains Diaz et Salerno ? Les chiffres sont implacables. D’ailleurs, on dit Diaz et Salerno là où on devrait plutôt dire Salerno et Diaz. Car, là non plus, il n’y a pas photo. Avec son pendant espalionnais, Eric Archimbeaud a décroché… 8 titres de Champions d’Aveyron (7 en triplettes en 1983, 86, 89, 91, 93, 97 et 2016 et 1 en doublette en 2011). Il n’en a remporté que 5 avec le Villefranchois, aujourd’hui licencié à Salles-Courbatiés (4 en triplettes en 1989, 91, 93 et 97 et 1 en doublette en 1999). Inutile de faire des comparaisons tant l’évidence saute aux yeux. C’était (presque) toujours mieux quand ils y allaient à trois. La triplettes était à la fois formée d’avance et polyvalente à souhait. Le tireur pouvait pointer et le pointeur pouvait tirer. Le tout sous les yeux d’un Eric Archimbeaud dont le profil correspond à celui du parfait milieu. Un milieu qui savait tout faire. C’est avec toutes ses armes que le trio a, dix ans durant, sillonné les routes et les cadres de la Région et de l’Hexagone. Sans jamais ne ramener le moindre titre. Deux fois pourtant, la triplette a flirté avec le dernier carré d’un Championnat de France triplettes. Une épreuve dont le titre vaut consécration. Deux fois malheureusement, le rêve d’un maillot tricolore s’est envolé le dimanche en fin de matinée (défaites en quart-de-finales en 1994 à Angoulême 13 à 11 contre Sirot – Rasle – Pouget et en 1998 à Chartres 13 à 9 contre Fazzino -Voisin – Suchaud).
De l’Archimbeaud dans l’esprit et dans le texte
Les chiffres sont certes importants mais ils ne suffisent pas à connaitre toutes les facettes d’un personnage. Eric Archimbeaud en est le symbole vivant. A tous ceux qui lui reprochent d’être celui capable de tout, ou presque, pour récupérer le cours d’une partie qui est en train de lui échapper, on rappellera les épisodes suivants. On veut parler des deux titres en doublettes plus ou moins « offerts » à ses adversaires. En 1984 à Laissac, il aurait pu être motivé par une quelconque idée de revanche. Non, en mémoire à Patrick Vinatier, il laisse le titre à la doublette… Diaz – Pourcel. Bis Repetita 6 ans plus tard, à Millau cette fois. Sur les terrains du carré d’honneur du Parc de la Victoire, c’est la famille Artal, Gaby et Rémy en tête, qui profite du cadeau. De l’Archimbeaud dans l’esprit et dans le texte.
Un jour, Eric Archimbaud reviendra…

En 1998 à Rignac, la triplette Diaz – Archimbeaud – Salerno perd le titre dont elle est détentrice. C’est la fin d’un cycle. Un cycle dont Eric Archimbeaud aura bien du mal à tourner la page. Pendant que Salerno rebondit immédiatement à Creissels (titre triplettes en 1999 avec Nicolas Bories et Lionel Simoes), pendant que Diego Diaz met, certes, un plus de temps pour en faire de même (titre, toujours en triplettes, en 2013 à Millau avec les Villefranchois Eric Courtois et Marc Nogaret), Eric Archimbeaud, lui,x prend de la distance avec la pétanque. Le golf et ses green verdoyants passent souvent avant les cadres plus bruyants de la discipline qui l’a pourtant emmené jusqu’au sommet. Ce choix ne l’empêche pas de faire des retours remarqués. Comme en témoignent ses 2 derniers sacres, en doublettes en 2011 avec le revenant… espalionnais Nicolas Salerno, et en 2016 en triplettes avec le président de… l’AP Espalion (Ndlr, il l’était encore), Robert Costes. Espalion, son village (c’est lui qui le dit ), la pétanque, sa passion. Un jour, c’est sûr. Eric Archimbeaud reviendra. Il a cette alchimie qui lui colle à la peau.
Cyrille COSTES