Bernard Rouquayrol, l’homme aux multiples talents…
A bientôt 73 ans, le Saint-Affricain devenu Creissellois a du se résigner à poser les boules plus tôt qu’il ne l’avait sans doute prévu. Cela n’enlève rien à un charisme et à une adresse qui ont fait de lui un des joueurs les plus titrés du département. Aujourd’hui arrière grand-père, cet homme, qui a aussi montré ses talents au poste de co-président de Millau Pétanque Promotion, organisateur du fameux Mondial de pétanque, vient jeter un oeil sur les parties finales des Challenges doublettes de Creissels et Saint-Affrique. Le croiser et échanger avec lui quelques souvenirs déjà anciens reste toujours un bon moment de plaisir.

Mas – Rouquayrol, doublette emblématique aux 3 titres départementaux
Dans la famille « Longévité », je voudrais l’arrière grand-père. La carte « Bernard Rouquayrol » va forcément sortir du jeu. Une sorte de joker devenue carte maîtresse et atout numéro un, plus de 4 décennies durant, de ce jeu que reste la pétanque en Aveyron. Triplettes seniors, triplettes vétérans, doublettes, tête-à-tête, doublettes mixtes…, ce sont au total pas moins de… 15 titres départementaux qui sont venus faire de son palmarès un des plus riches du département. Ajoutez à cela une vingtaine de participations aux divers Championnats de France ou une trentaine de Nationaux partagés, sans oublier les années de co-présidence à Millau Pétanque Promotion, cette association qui proposait le concours le plus relevé au Monde, et vous comprendrez que tout le monde, ou presque, connait Bernard Rouquayrol. Un homme dont la classe et le talent ont marqué les esprits partout où il est passé, partout où il a gagné. Alfonso, Boyer, Massol, Segond, Bonneviale, Vitou, Laquay, Beguin, Fauvet, Campredn, Pirès, Da Silva, sans oublier les féminines, Maryline, Rachel ou encore Marie-Hélène, autant de partenaires avec qui il a goûté aux joies de la victoire mais aussi aux bons moments qu’offre la vie. Mais s’il y a un nom qui restera à jamais associé à celui de Bernard Rouquayrol, c’est évidemment celui de Jean-Pierre Mas. Mas – Rouquayrol, une doublette emblématique des années 80 qui sera sacrée 2 fois championne de l’Aveyron (en 1985 à Laissac et 1989 à Espalion) avant de remettre les couverts une 3e et dernière fois (en 2001).

Avec Bernard, toujours de bons souvenirs
Victoires, défaites, instants d’avant ou d’après pétanque…, tous les moments partagés avec Bernard Rouquayrol restent de bons souvenirs. Petit coup d’oeil dans les rétros.
En 1986 à Camarès, Costes – Périé contre Mas – Rouquayrol en première partie de poule de la finale départementale, c’est un peu le remake du fameux combat David contre Goliath. Sur le goudron de Camarès, Goliath l’emporte logiquement mais David n’a pas démérité (13 à 10).
Neuf ans plus tard, demi-finale du Championnat de l’Aveyron en triplettes à Agnac de Druelle. Rouquarol – Beguin – Laquay contre Nogaret – Costes – Marragou, David et Goliath ont laissé la place à 2 équipes solides visant un titre départemental mais aussi une qualification pour le Championnat de France à Brétigny-sur-Orge. Les Aubinois d’alors finiront par l’emporter mais les Creissellois, finalement 3es, les accompagneront dans l’Essonne. Le vendredi soir veille du Championnat de France fut un partage de moments de convivialité comme on les aime. On se souvient notamment de ce coup de froid jeté par Roger Vassal, le délégué départemental, qui est venu interrompre un apéritif bien parti pour durer. On se souvient surtout de la décision de ce président du Comité Départemental, décidément pas comme les autres, qui nous demanda alors aux 3 équipes de le suivre, direction l’hôtel – restaurant où nous avions élu domicile. Avant de s’arrêter à hauteur de sa propre voiture, de laisser maman tenir le chien en laisse, d’ouvrir la malle du véhicule, et de sortir la bouteille qui allait bien. Roger est devenu « Rodgeurrr » et la bouteille est devenue cadavre.

La même année, toujours en 1995, je me souviens de cette remarque lancée par Bernard Rouquayrol à la sortie du carré d’honneur accueillant le tournoi exhibition du Grand Prix de Naucelle. Fernand Marragou et moi avions répondu à l’invitation d’Alain Rey, le président organisateur, et le sort nous avait opposé à la doublette Rouquayrol – Beguin, double Championne d’Aveyron en 1992 et 1993. Plus qu’une simple partie amicale, une revanche de la récente demi-finale du Championnat de l’Aveyron en triplettes. De revanche, il n’y eut finalement pas puisque la victoire a une nouvelle fois choisi notre camp. D’où la « pique » lancée par Bernard à son partenaire Christophe : « Tant qu’ils pointeront mieux que nous, on ne les battra pas ».
Pour prendre sa revanche, Bernard Rouquarol devra alors patienter un peu. Toute juste 3 ans. En 1998, nous nous retrouvons en effet en partie de poule au Championnat départemental en triplettes à Rignac. Les Villefranchois Costes, Noté et Hennquin ne pesaient alors pas lourd face aux Creissellois Rouquayrol – Mas – Fauvet. Déjà sacrés en 1996, les « Sudistes » allaient d’ailleurs remettre çà dès le lendemain.
Bernard Rouquayrol étant abonné à « Pétanque 12 », on espère qu’il se reconnaitra dans ce portrait souvenir qu’on vient de lui dresser. On en profite d’ailleurs pour lui adresser notre bonjour le plus sympathique et lui souhaiter bon courage. A très bientôt Bernard !
Une petite anecdote
Si, si, Bernard Rouquayrol peut se tromper…
On a beau porter en soi cette force tranquille qui vous caractérise, personne n’est à l’abri de se tromper. Bernard Rouquayrol nous en a apporté une nouvelle preuve. Nous sommes en mai 1990, il y a tout juste 30 ans. Le Parc de la Victoire accueille le Championnat de l’Aveyron en doublettes et, ce dimanche en début d’après-midi, l’heure est aux demi-finales. D’un côté la famille Costes – mon frère et moi – contre la famille Artal – le père Gaby et le fils Rémy -, de l’autre les Espalionnais Diaz – Archimbeaud contre les Aubinois de la Fraternelle Pétanque du Gua Bousquet et Barriac. Ces demi-finales ont un enjeu majeur puisqu’elles sont qualificatives pour le Championnat de France du Cannet (Alpes-Maritimes. Cette année-là en effet, l’Aveyron compte exceptionnellement 2 équipes qualifiées. Les parties ont beau être importantes, elles doivent partager le carré d’honneur avec la gent féminine. Ces deux demi-finales sont donc relativement éloignées l’une de l’autre et il est difficile pour les spectateurs de suivre les 2 à la fois. Bernard Rouquayrol est là et le spectateur qu’il est choisit logiquement de regarder la partie de ses collègues creissellois, Gaby et Rémy Artal. Bernard ne va pourtant pas tarder à aller voir ailleurs. Quatre mèmes et 30 minutes de jeu nous suffisent pour étouffer la famille Artal et mener 10 à 0. Nous sommes à 3 petits points de notre premier Championnat de France. Bernard Rouquayrol se lève et il descend voir l’autre demi-finale : « La-haut, c’est fini. Il n’y a pas eu de partie. Les 2 frangins ont joué plein alors que les Creissellois sont passés à côté », glisse-t-il alors aux 4 protagonistes de l’autre demi-finale. Demi-plus tard en effet, la partie se terminent. Les mains se serrent mais c’est la famille Artal qui se saute dans les bras. Gaby et Rémy l’emportent 13 à 10 et se qualifient pour le « France ». Quelques heures plus trad, ils seront même sacrés Champions d’Aveyron 1990. Quant à Cyrille et Nicolas, ils reçoivent une gifle dure à encaisser. Ils poursuivent leur apprentissage mais ont été sanctionnés pour ne pas avoir su conclure une partie qui leur tendait les bras. Ils ont pris une leçon de réalisme. Ne restait plus qu’à la retenir…
Morale de l’histoire : on a beau s’appeler Bernard Rouquayrol, on a beau maitriser la pétanque sur le bout des doigts, on a beau connaître par coeur le contexte si particulier de ces parties finales de championnat, on peut aussi se tromper. Finalement, en quelque part rassurant…
