Le torchon brûle et ça commence à ne pas sentir bon
L’association des dirigeants organisateurs de Nationaux juge inacceptable le projet de réforme de leurs épreuves proposé par la « Fédé ». Trois de ses membres, dont l’Espalionnais Robert Costes, ont quitté avec véhémence la table de la commission dans laquelle ils siégeaient depuis plusieurs mois déjà.

Faire de la politique ou cultiver l’art de faire semblant. Ça a toujours été ainsi et cela le restera toujours. Pour se donner bonne conscience et apparaitre comme de vrais professionnels particulièrement à l’écoute de leur entourage, les élus de la « Fédé’ ont mis en place une commission censée permettre aux dirigeants organisateurs d’être associés à la réforme, jugée indispensable, des Nationaux qu’ils organisent. Sauf que ces dirigeants sont en train de s’apercevoir que la nouvelle équipe en place, celle du président Michel Le Bot, n’a pas tardé à apprendre le métier. C’est-à-dire n’a pas tardé à apprendre à faire semblant et à pratiquer ce que l’on appelle communément le « foutage de gueule » . C’est en tout cas le sentiment qui a dominé quand la « Fédé » a récemment sorti sa proposition de réforme. Parce qu’ils considèrent qu’aucune de leurs propositions n’a été retenue, parce qu’ils ont le sentiment qu’on marche sur leurs plate-bandes et qu’on leur prend en quelque sorte leur « bébé », parce qu’ils ont l’impression qu’ils ne seront plus maîtres chez eux, les représentants de l’Association des dirigeants organisateurs, dont le président de l’International d’Espalion Robert Costes, ont décidé de lever l’ancre et de s’en aller. Ces réfractaires considèrent en effet cette nouvelle réforme difficilement applicable et mettent notamment en avant la pénurie d’arbitres qui ne permettra pas de gérer les parties dites « au temps ». Cette volte-face ne semble pas en tout cas émouvoir un certain Laurent Vaissière, le « Monsieur Réforme » de la « Fédé ». L’élu s’est en effet exprimé en considérant que ces 3 membres n’étaient pas forcément représentatifs de l’ensemble des dirigeants organisateurs : « On a fait une proposition de réforme et on attend maintenant l’ensemble des retours. Mais que chacun sache que la volonté de la « Fédé » reste intacte pour simplifier et moderniser ces types de compétitions en restant toujours dans l’intérêt général ». Bref, un véritable dialogue de sourds semble s’être installé entre les deux parties. Et, à l’heure qu’il est, avouons qu’il nous semble difficile d’imaginer un possible retour aux saines et constructives négociations. Bref, le torchon brûle et ça commence à ne pas sentir bon. Reste à espérer que le divorce ne soit pas consommé et que certains dirigeants organisateurs ne prétextent cette réforme pour tout simplement jeter l’éponge et ne plus inscrire leurs épreuves au calendrier des Nationaux.
Les grands principes de la réforme fédérale
Dans l’objectif de maximiser la qualité de manifestations voulues toujours plus attractives, la FFPJP a proposé une réforme dont voici les grands axes.
Premièrement, les épreuves seraient désormais classées en 3 catégories : les Nationaux (qui ne pourraient pas dépasser les 512 équipes), les Nationaux dits Prestige (idem quant à la participation) et les Evènementiels (qui devraient rassembler au moins 1 024 équipes).
Deuxièmement, il s’agit de désolidariser l’appellation « National » des épreuves en triplettes ce qui signifie que des Nationaux pourraient avoir lieu en tête-à-tête et en doublettes sans forcément la tenue d’une épreuve en triplettes.
Enfin, on retiendra la généralisation des inscriptions et paiements en ligne ainsi que la diffusion des résultats en direct toujours sur Internet. Sans oublier, la présence obligatoire d’un animateur sur chacun de ces rendez-vous.
Les spécificités des Nationaux dits Prestiges
- une homogénéité totale (haut et bas) des tenues sera exigée
- présence obligatoire d’une Web TV
- forte médiatisation dans la presse écrite locale ainsi que sur les réseaux sociaux
- application du Swiss System
C’est quoi le Swiss System ?
Le samedi, toutes les équipes inscrites jouent 5 parties. Ces parties se disputent en temps limité (45 mn pour les tête-à-tête, 60 mn pour les doublettes et 75 mn pour les triplettes). Le tirage au sort est dirigé puisque chaque tour voit s’affronter des équipes ayant obtenu les mêmes résultats (gagnant contre gagnant, perdant contre perdant).
Les équipes vainqueurs des 4 ou 5 premières parties sont qualifiées pour la phase dite finale.
Les équipes vainqueurs de 4 parties au total (pas les 4 premières) gagnent le droit de disputer une partie de barrage qualificative elle aussi pour la phase finale.
La phase finale se jouera selon un tableau connu à l’avance et non selon un tirage au sort intégral à chaque tour.
Côté indemnisation, les premières rémunérations interviendront dès 2 parties gagnées avec versement d’un montant égal à la moité du tarif des inscriptions. On notera également une répartition des indemnités censée favoriser les vainqueurs des 16e de finales invités à revenir le lendemain.
Des points seront attribués dès les 8e de finale du dimanche matin avec une forte majoration visant à récompenser les équipes dites homogènes.
Enfin, un classement final sera établi pour qualifier les 24 meilleurs joueurs et 24 meilleures joueuses à venir se mesurer lors d’une grande fibale visant à désigner le Champion des Champions.



