La journée, il est monteur en charpentes métallique pour le compte d’une entreprise primauboise. Le soir et le week-end venus, il troque son casque et ses harnais contre un crayon, un compas et des pinceaux. Demie heure plus tard, sa déjà très étoffée panoplie de cochonnets personnalisés, s’est enrichie d’un nouvel élément. Rencontre avec un homme qui a décidé de mettre sa patience et son envie de création au profit des jeunes adhérents de l’école de pétanque de La Primaube.
A bientôt 60 ans, Dominique Eutropio n’a pas vraiment le temps de s’ennuyer. Les journées sont longues, le travail usant et les déplacements professionnels nombreux. Les soirées pourraient être courtes pour des nuits les plus réparatrices possibles. Mais, c’est bien connu, les passions sont plus fortes que tout. Chez Dominique Eutropio, il y eut d’abord deux passions. Le football et la pétanque. Mais ça, c’était avant, à Marcillac, bourgade qui l’a vu grandir : « Patrick Soulié, les frères Bezanilla ou encore un certain Roger Mouly, véritable figure du Vallon, ont été mes premiers partenaires à pétanque. Ensuite, il y a eu Frédéric Mallié », se souvient un Dominique Eutropio qui s’investissait déjà dans la vie associative puisqu’il avait intégré le bureau de la Pétanque Marcillacoise.
Trésorier de la Pétanque Primauboise depuis 2011

Le jeune adulte doit ensuite quitter le Vallon pour raisons professionnelles mais le Primaubois d’adoption reste longtemps fidèle à la Pétanque Marcillacoise dont il portera les couleurs jusqu’à un quart de finale de championnat doublettes. C’était en 1995 à Bozouls. Ce n’est que 10 ans plus tard, au milieu des années 2000, que Dominique Eutropio rejoint finalement les rangs d’une autre Pétanque, Primauboise celle-là. D’abord comme simple licencié, avec son fils avec qui il fait alors souvent équipe. Puis comme dirigeant, au poste de trésorier qu’il occupe depuis 2011. Oui, mais les cochonnets dans tout ça ? Là, c’est la vie et ses aléas qui pointent le bout de leur nez : « Entre 2008 et 2010, j’ai eu des ennuis de santé qui m’ont éloigné du monde du travail. Il a fallu que je m’occupe alors j’ai commencé à peindre des tableaux que j’ai offerts à différentes sociétés de pétanque. Et puis j’ai commencé à égayer quelques cochonnets en les personnalisant ». Le succès est immédiat, une nouvelle passion vient de naître. Dominique Eutropio ne s’arrête plus. Il dévalise tous les stocks des supermarchés de la région. A temps perdu, il se met au travail.
Calme et patience, application et minutie
Il dessine à la main. Il pyrograve. Il peint. Il immortalise le tout avec deux couches de vernis. Une demi-heure de calme, de patience, d’application et de minutie aura suffi pour donner vie à une nouvelle pièce qui sera forcément unique et personnalisée à souhait. Dans la maison des Eutropio à la Primaube, on n’a jamais vu autant de

cochonnets au mètre carré. Là, accrochée au mur, c’est la vitrine avec tous les cochonnets aux couleurs des clubs de foot de Ligue 1 et de Ligue 2. Ici, en bout de table sous la lampe installée par l’artisan créateur, ce sont les buis en cours de transformation qui s’apprêtent à être recouverts de portraits, de signes du zodiaque, de logos, de drapeaux et autres slogans. Juste à côté, il y a ceux qui attendent patiemment leur tour. Et puis, un peu plus loin encore, c’est le coffret avec les vingt cochonnets aux couleurs des pays participant à l’actuelle Coupe du Monde de rugby. Le fameux coffret qui sera remis à celui, ou celle, qui aura fait le meilleur pronostic en désignant les deux équipes finalistes ainsi que le score de cette dernière partie.
Quelque 400 nouveaux modèles chaque année

En attendant le verdict du 31 octobre prochain, Dominique Eutropio fait déjà les comptes. Ce jeu-concours a en effet attiré 169 joueurs qui ont pronostiqué pour la bonne cause puisque, au tarif de 1 euro la participation, ce sont 169 euros qui sont rentrés dans une caisse qui sera intégralement reversée à l’école de pétanque du club primaubois animée par Patrick Bories : « Ces dernières années, les fonds récoltés grâce à la vente de ces cochonnets colorés et personnalisés ont déjà permis d’apporter un plus à ces jeunes. Ils ont notamment permis une prise en charge des frais de restauration à l’occasion des divers championnats. Ils ont aussi permis d’offrir à chacun des adhérents une sacoche OBUT pour ranger et transporter leurs jeux de boules. Mais les projets ne manquent pas. Cette année, Patrick Bories aimerait effectuer davantage de sorties hors département avec la vingtaine de ses jeunes pousses. Alors, je continue à dessiner, à peindre et à vernir… ». Désormais, c’est à coup de 500 cochonnets que Dominique Eutropio se ravitaille directement auprès d’une usine toulousaine. Et ces derniers temps, ce sont en moyenne quelque 400 cochonnets qui ressortent chaque année, colorés et personnalisés, du petit atelier de la maison familiale. Ou quand une belle et saine passion sert une bonne et noble cause.
Cyrille COSTES
Contact : Dominique Eutropio, 17 rue des Fougères, 12 450 Luc-la-Primaube. Tél. 06 88 46 76 47. Courriel : domi.eutropio@orange.fr
Prix de vente d’un cochonnet : 3 euros.
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