Vrai journalisme ou communication ambigüe ?

Cette presse qui n’a de presse que le nom…

Aucune étude préalable ni suivi régulier de dossiers, pas d’enquêtes personnalisées, très peu de sujets d’initiatives…, la presse locale aveyronnaise fait avec les moyens dits du bord. Et ces moyens manquent visiblement de potentiel.

Un compte-rendu de conseil municipal ou départemental par-ci, la sortie du club de retraités par-là, la fête du village ou encore la disparition de telle ou telle figure entre les deux, sans oublier les commentaires après la dernière défaite des « footeux » du coin…, vous avez beau tourner les pages dans tous les sens, le journal local qui traine ici et là sur le zinc du bar a perdu en intérêt et tombe en désuétude. Il est passé où le temps où la concurrence faisait avancer l’actualité tant il fallait se démarquer pour continuer à exister ? D’accord, trop de concurrence tue la concurrence. Mais trop peu de concurrence nuit sans doute à la qualité de l’information. Depuis plus de 15 ans et le rachat des Journaux du Midi (Midi Libre, Centre Presse et L’Indépendant) par le Groupe La Dépêche du Midi cher à la famille Baylet (prononcez Baïlet comme Baïrou !), la presse aveyronnaise est passée du trop au pas assez. Les 3 quotidiens locaux lus en Aveyron appartiennent ainsi au même groupe et l’un est devenu, dans son contenu départemental en tout cas, un simple copier coller de l’autre. Il est passé où le temps où l’on s’était sérieusement accroché avec un Lionel Jospin alors Premier ministre et candidat officiel à la prochaine élection présidentielle ou avec une Marine Le Pen encore seulement fille de son père Jean-Marie ? Parce que l’on voulait faire mieux que les petits copains eux aussi invités à rencontrer ces poids-lourds de la politique française, parce que l’on se donnait les moyens de poser les questions qui dérangent, parce que l’on faisait du vrai journalisme et non pas de la simple communication. On a le sentiment que cet état d’esprit a comme disparu aujourd’hui.

Prendre le train en marche
Un Comité départemental de pétanque qui fait du quotidien La Dépêche du Midi son partenaire et de son « correspondant » un rédacteur qui écrit sans voir ni savoir. Mais pas sans tricher puisqu’il faut bien trouver les infos quelque part… Des rédacteurs qui se répartissent les sujets inscrits à l’agenda du jour sans faire vraiment de suivis. C’est ce qui s’appelle prendre le train en marche sans savoir ni d’où il vient ni où il va. Le sujet du boulodrome couvert de Rodez en est un nouvel exemple. Le dernier article paru ce samedi dans Centre Presse montre que le rédacteur ne connait ni l’historique de ce véritable feuilleton à la sauce ruthénoise. On rappelle en effet que le président Castro dit être plutôt satisfait de la tournure des événements en précisant que s’il y avait eu plus de terrains, bien-sûr il aurait été preneur. La pilule est dure à avaler quand on sait que c’est le même dirigeant qui a dit « Non » à un projet éco responsable prévoyant un boulodrome flambant neuf et offrant 48 terrains couverts. La méconnaissance des dossiers exclut toute contestation possible des propos des uns et des autres. Quitte à semer le trouble auprès du plus grand nombre, quitte à laisser dire et écrire n’importe quelles contre-vérités, on continue à renier le professionnalisme des uns pour vanter le soit-disant statut des autres. Merci messieurs Nogaret et Enjalbert de ces attitudes incompatibles avec toute vraie promotion de cette discipline que vous dites servir. Les plus pertinents finiront un jour par comprendre et admettre que vous l’avez plutôt desservie.

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