Anecdotes et souvenirs

National de Naucelle 86 et 88 : entre excès et succès

1986 : la place de finalistes de Boulogne et Barnabé est trop arrosée, Marc Nogaret est légitimement contrarié
Au retour d’un périple dans l’Hérault – Bédarieux, Lamalou-les-Bains, Pézenas… -, le fourgon de Marc Nogaret met, ce samedi 12 juillet en fin d’après-midi, le clignotant direction Naucelle. En ouverture de son premier National, le président Didier Teulier organise en effet un tournoi exhibition auquel sont notamment invités les Villefranchois Marc Nogaret et Dominique Souyri. Le lendemain, dimanche 13 juillet, place donc au premier National doublettes qui réunit 128 équipes. Les paries finales du dernier carré étant programmées lundi 14 juillet au matin avant le National triplettes de l’après-midi. Tout a été organisé. Il est prévu qu’avec Dominique Souyri, on reste tout le week-end à Naucelle. « Domi » et Marc jouent le National doublettes ensemble et le lundi, je fais le 3e homme pour le Triplette. Le problème, si l’on peut dire ainsi, c’est que 2 copains se retrouvent en demi-finales. Les Villefranchois Jean-Paul Boulogne et Patrick Barnabé sont opposés aux Figeacois Richard Jaliès et Jacques Lafragette. Ils s’imposent et disputent la finale face aux Saint-Affricains Jean-Pierre Mas et Bernard Rouquayrol. La partie est évidemment partagée mais elle se joue en centre-ville de Naucelle. Avec « Domi », nous sommes des spectateurs attentifs de cette finale qui voit finalement les Sudistes s’imposer sur la plus petite des marges et inscrire leurs noms au palmarès de cette première édition. Il est bientôt midi et, une fois la traditionnelle remise des récompenses expédiée, l’heure est venue d’arroser cette belle performance. Les vainqueurs nous invitent d’ailleurs à partager le verre de l’amitié. Il fait déjà chaud sur le Naucellois et la température va aller crescendo. Jean-Pierre Mas et Bernard Rouquayrol finissent par nous quitter pour aller déjeuner. Nous, un groupe de 6 ou 7 Villefranchois, sommes en première ligne et on ne bouge pas. On consomme. On chante. Un peu, beaucoup, sans modération… D’un coup, on entend des voix dans le micro qui annoncent l’arrêt prochain des inscriptions pour le National triplettes. On n’a pas vu le temps passer. On a mangé… liquide. On n’a pas de nouvelles de Marc Nogaret. Je pars donc faire inscrire et quand je retourne au bar, sans doute pour boire le dernier, je tombe sur… Marc Nogaret. Notre tireur nous cherchait sur les terrains, il nous trouve en plein… échauffement. Il prend immédiatement conscience de la situation et nous dit qu’il préfère ne pas jouer dans de telles conditions. On lui répond qu’il n’a pas vraiment le choix vu que nous sommes inscrits. Jouée en plein soleil sur le foirail bitumé et… incliné de Naucelle, la première partie a été très, très difficile. La triplette manque d’homogénéité. Marc est de son côté, nous du nôtre. On ne se parle pas. « Domi » me dit de ne pas mettre de l’huile sur le feu et d’essayer d’en jouer une de temps en temps. Il va essayer de faire tampon en attendant que ça aille mieux. On se sort finalement de cette partie embuscade dans laquelle nous nous sommes mis tout seul. Les heures passent et la forme revient petit à petit. On gagne deux autres parties et on dispute finalement, en début de soirée, un 8e de finale contre les Montalbanais de Lagarde. La partie a lieu dans le carré d’honneur tracé en plein centre-ville. Une belle partie que nous finirons par perdre… avec les honneurs. Tout est bien qui finit bien…

1988 : les illustres inconnus, ou presque, dament le pion aux principales têtes d’affiche et remportent cette 3e édition

Sous les yeux d’Alphonse Cardoso, Cyrille Costes se voit remettre le trophée synonyme de victoire dans cette 3e édition du National de la Ville de Naucelle.

Deux ans plus tard, retour à Naucelle. Mon frère Nicolas privilégie encore les concours amicaux aux compétitions officielles et je me retrouve souvent seul le week-end venu. Pour aller disputer cette 3e édition du National de Naucelle, je fais finalement équipe avec le Rieupeyrousain, aujourd’hui Primaubois, Alphonse Cardoso. Son adresse naturelle ne fait aucun doute mais, même si on se connait plutôt bien pour avoir joué à plusieurs reprises l’un contre l’autre, notre manque d’automatismes risque de nous pénaliser. Il n’en est pourtant rien. Un niveau de jeu très satisfaisant, mais aussi un bon filon au tirage, nous permettent de réaliser une performance. Nous voilà qualifiés pour les 8e de finales d’un concours qui a rassemblé 100 doublettes.

Deux belles « perfs » en 8e et en quart

Le Rieupeyrousain d’alors, Alphonse Cardoso.

Toutes les bonnes choses ont une fin et la situation va se compliquer dès les 8e de finales. Au menu en effet, un gros morceau de la maison ruthénoise avec la doublette associant Patrick Campredon au Champion d’Aveyron en tête-à-tête 1986, un certain Didier Vezins. Pourtant le plat de résistance est bien digéré alors que tombent à ce stade de la compétition de solides formations telles Fontana – Bourgues, Sidoine – Forest (Albi), Nogaret – Marragou, Salerno – Bandini (Espalion, Martigues) ou encore Bernardo – Molines (Rodez). Après le plat, la formule disait dessert alors on s’est servi. Et on a été gâté puisqu’on a choisi et battu les Carmausins Layrolles – Vitalone, une doublette bien cotée à l’époque. Dans le même temps, grosse surprise juste à côté de nous puisque la doublette qui commençait alors à s’afficher en Aveyron, à savoir la paire Diaz – Archimbeaud, se cassait les dents sur la doublette tarnaise Espade – Vis.

Merci Diego Diaz

Un trophée à la hauteur des indemnités distribuées par le président Didier Teulier.

Diego Diaz, on le retrouvait d’ailleurs très vite au comptoir du bar voisin. Au Villefranchois qui me félicitait déjà pour ce beau parcours, je confiais alors mes craintes concernant le tirage du lendemain. Deux équipes aveyronnaises qui font figure d’outsiders face aux deux équipes tarnaises emmenées par les Vis, ça risquait de ne pas le faire. Entendez par-là que les voisins du 81 pouvaient très bien décider de s’entendre entre elles et de refuser de partager avec nous. Cela serait dommage tant les indemnités étaient attractives. Diego Diaz m’a alors dit en faire son affaire. Il est parti s’assoir à la table « tarnaise » située à une portée de mains de là. Je voyais Diego échanger avec eux sans entendre la teneur de ses propos. Très vite, il m’a rejoint en me disant qu’il ne devrait pas y avoir de problèmes. Le lendemain matin, le tirage au sort des demi-finales proposait une partie opposant Costes – Cardoso à « Siblom » Vis – Espade. La partie était partagée et les Aveyronnais, sur leur lancée de la veille, jouaient libérés. Tellement libérés qu’ils l’emportaient sans coup férir. En finale, Cyrille Costes et Auguste Cardoso confirmaient encore et toujours. Cette fois face au frère, Antoine « Nounours » Vis qui faisait équipe avec Vaur, ils enchainaient avec une 7e victoire consécutive et remportaient ainsi cette 3e édition du National de Naucelle. La famille Vis a du se dire que, décidément, ce Diaz connaissait bien la pétanque. En fait, la veille Diego leur avait dit de faire attention à ces 2 jeunes Aveyronnais, certes encore peu connus, mais capables de produire un très bon jeu. C’est la raison pour laquelle la proposition de partage n’avait posée aucun problème. Merci Diego. (*)

Les résultats
National doublettes 1988 (100 équipes), 8e de finales :
Lagarde bat Maurel, Belmont (Les Costes-Rouges) ; Costes bat Campredon, Vezins (Sainte-Radegonde, Sébazac PC) ; Espade bat Fontana, Bourgues (Saint-Affrique) ; Layrolles bat Pagura, Morens (Figeac) ; Teulier bat Sidoine, Forest (Albi) ; Vaur bat Nogaret, Marragou (Villefranche, Decazeville) ; Jacquel bat Salerno, Bandini (Espalion, Martigues) ; Diaz bat Bernardo, Molines (Embergues, Sainte-Radegonde). Quart-de-finales : Teulier bat Jacquel, Vis (Albi) ; Espade bat Diaz, Archimbeaud (Espalion) ; Vaur bat Lagarde, rey (ASPTT, La Primaube) ; Costes bat Layrolles, Vitalone (Carmaux). Demi-finales : Costes bat Espade, Louis Vis (Albi) ; Teulier bat Antoine Vis, Vaur (Albi). Finale : Cyrille Costes et Alphone Cardoso (Villefranche, Rieupeyroux) battent Marcel Teulier, Ferreira (ASPTT, Quatre-Saisons PC).

(*) Merci à Alphonse Cardoso qui nous a communiqué les coupures de presse retraçant un évènement vieux de… 32 ans

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