Mutation et nouvelle équipe :
un choix presque gagnant mais qui pose déjà question(s)
Marc Nogaret et moi décidons de faire équipe ensemble. Nous signons à l’Oasis Aubin et jouons le championnat triplettes avec Fernand Marragou. Nous atteignons la finale du Championnat d’Aveyron et perdons contre de vieilles connaissances villefranchoises, Dominique Souyri, Claude Guilhem et Jean-Marie Hennequin. Pas de premier titre mais un deuxième Championnat de France.
Un deuxième « France » en 4 ans
Les miraculés de Combes ! Voilà comment pourrait s’appeler la nouvelle équipe de l’Oasis Pétan club. Battue une première fois en poule, l’équipe Nogaret – Costes – Marragou est obligée de passer par les repêchages pour rester en vie dans ces éliminatoires triplettes du district de Decazeville. Nos adversaires commencent par nous faire un cadeau miraculeux. 11 pts au score, le point par terre et 4 boules en mains, la terre de Combes est de couleur aussi sombre et triste que le jeu que nous avons produit. Les adversaires en question doivent se plaire de jouer contre nous puisqu’ils gaspillent leurs 4 boules de gagne. Le répit sera de courte durée. La mène suivante, la partie semble jouée. Les 12 boules ont été jetées et ils ont visiblement le point par terre. 12 et 1 qui feraient 13, Marragou à la trappe, la presse va se régaler ! Par acquis de conscience, on mesure le point. Il y a un gros faible pour eux. On a perdu. Les mains commencent à se tendre mais, dernier joker, l’arbitre est appelé. Nos adversaires retirent leurs mains. Deux mènes plus tard, ils nous les retendent mais, cette fois, c’est pour valider notre victoire (13 à 12). L’arbitre était bien la carte joker. Il n’a pas pris de risque en donnant le point nul. Un MI-RA-CLE ! On commence à avoir le sentiment que rien ne peut nous arriver. Il est 17 heures et nous sommes les derniers à sortir de poules. Nous enchainons en gagnant la partie après poules avant de retomber dans nos travers dès la partie qualificative. Du pain béni pour les Livinhacois Molénat, Balestié et Fauconnier qui ne se privent de se qualifier le plus logiquement du monde. Pour la plus grand joie du dénommé Fauconnier qui réagit de façon pour le moins exubérante. Le respect de l’adversaire et lui, ça fait visiblement deux. On dit rien mais on prend note. On ne sait jamais, il n’y a que les montagnes qui ne se rencontrent pas. Or, pour ce qui nous concerne, plutôt que de montagne je parlerai plutôt de… morne plaine. Ce jour-là, le district de Decazeville avait droit à 9 qualifiés. Les 8 équipes quart-de-finalistes ont leurs billets pour la finale départementale, reste à savoir à qui attribuer le 9e et dernier. C’est un nouveau concours qui commence, un concours en 3 parties pour savoir quelle équipe battue en 8e de finales va finalement être repêchée. On se dit qu’on ne verra pas la Ligue mais que ça serait quand même bien de voir au moins l’Aveyron. Sans savoir pourquoi ni comment, nous sommes alors méconnaissables. Après avoir touché le fond, après avoir été mis sous oxygène, après avoir été déclaré cliniquement mort, le triplette Nogaret – Marragou – Costes est de retour à la vie normale. Elle enchaîne alors 3 victoires et décroche finalement, au beau milieu de la nuit, sa qualification pour la finale départementale.

Déjà le temps des questions…
Dans une triplette, un joueur qui passe à côté, ça peut quand même le faire. A condition que les 2 autres fassent le plein, ou presque, pour maintenir l’équipe à flot. Cette évidence, on a l’impression que notre triplette n’a pas su la faire sienne. Le jeu des autres subit trop les méformes des uns. Dès mon retour sur Rodez, ça me travaille. Dans la semaine avec Fernand, on s’appelle et on discute. On est d’accord sur le constat. Reste à trouver une solution. Dès le week-end qui suit, Fernand me donne une info. Son copain et ancien partenaire Gilles Billaut a envie de rejouer avec lui. Il me demande si ça m’intéresse d’être leur 3e l’an prochain. Je lui réponds par l’affirmative mais qu’il convient de laisser passer la finale départementale pour ne pas se disperser et jouer notre carte à fond.
Finale à Agnac de Druelle sur un terrain stabilisé
10 ans que je suis senior et toujours pas de titre. 3 demi-finales (2 en doublettes en 1986 et 1990 et 1 en triplettes en 1991), 3 quart-de-finales (1 en tête-tête en 1986 et 2 en triplettes en 1993 et 1994), 1 huitième de finale (en doublettes en 1994)…, j’ai comme l’impression de tourner autour de cette récompense qui finit toujours par se dérober au dernier moment. Je me dis qu’il ne faudra pas trop laisser passer de novelles chances sinon… Entre le devenir de la triplette actuelle et ce sentiment de frustration, la finale départementale se profile déjà dans un contexte pour le moins particulier. Sur le stabilisé d’Agnac (commune de Druelle), il va falloir mener un jeu plutôt offensif. Difficile avec Fernand de faire une différence à l’appoint sur ce type de surfaces. Quoiqu’il en soit, on se pointe sur la… pointe des pieds tant notre prestation lors des éliminatoires a fait planer le doute. Et ce ne sont pas les pronostics de la presse locale, qui nous met au premier rang des équipes capables de profiter d’un improbable déraillement des grands favoris espalionnais, qui nous redonne confiance en nous. Diaz – Archimbeaud – Salerno, c’est en effet l’équipe des années impaires (titrées en 1989, 1991 et 1993). C’est aussi et surtout une équipe qui vient de jouer un quart-de-finale l’an dernier au France et qui a fait de ce titre départemental en triplette la priorité de sa saison. Pas de souci le samedi. La stratégie de jeu est très importante sur ce genre de terrains. Notre capacité à bien maitriser ce sujet mais aussi à savoir alterner tir au fer et tir à la rafle nous donne une certaine marge de sécurité. Le samedi, nous gagnons nos 2 parties en poule et sommes donc qualifiés pour les 16e de finales du lendemain.
Les 4 temps forts de ce dimanche
Dernière ligne droite avant un éventuel Championnat et France et , pourquoi pas, un premier titre. Ce dimanche, pas question de penser à l’éventuelle future équipe de 1996. Il faut donner le maximum.
Le premier temps fort ne tarde pas. Dès la 2e mène du 16e de finale, je vais voir Fernand et je lui dis qu’il doit prendre le tir devant. L’équipe valide cette décision. Deuxième temps fort, retrouvailles, épisode 1. En quart-de-finale, on retrouve l’équipe qui nous a battus aux éliminatoires à Combes. Avant la partie, je rafraichis la mémoire de mes partenaires histoire de leur donner un petit coup de sang. On gagne sans souci et surtout sans… exubérance. Troisième temps fort, la demi-finale et ce pour deux raisons. C’est la partie qualificative pour le Championnat de France mais c’est aussi le véritable premier grand test de la journée et même du week-end. Et quel test ! Les vice-champions en titre, les Creissellois Bernard Rouquayrol et Christophe Beguin, cette année associés à un ancien Tarnais Jean-Marie Laquay, viennent en effet de réaliser l’exploit de faire mordre la poussière aux grandissimes favoris Diaz, Archimbeaud et Salerno. Ce sont contre ces Cresseillois que nous allons jouer notre place en finale. Nos adversaires subissent visiblement le contre-coup de leur performance de la partie d’avant et notre victoire est logique. Nous voilà en finale et déjà qualifiés pour le « France » à Bretigny-sur-Orge.
Une finale Nogaret – Souyri !
Nogaret – Souyri, c’est une doublette qui a sévi des années durant sur les terrains aveyronnais. Elle a même disputé une finale départementale en 1985 à Laissac. Nogaret – Souyri – Marragou, ça a été la triplette vice-championne de Ligue en 1989 à Albi. Costes – Souyri, avec le jeune frère Costes, c’est l’équipe qui, il y a tout juste 4 ans, a joué les 8e de finale du Championnat de France. C’est donc une finale entre anciens partenaires aujourd’hui plus ou moins séparés, mais restés amis, qui se dessine ce dimanche soir après souper. Cette finale, ce sont aussi 5 joueurs qui courent après leur premier titre départemental. Seul Dominique Souyri a été Champion. C’était il y a 11 ans déjà en tête-à-tête. Je pense à moi mais je pense aussi et surtout à Fernand, le maudit des finales départementale. Ce titre, il le mérite.

La lumière s’en va, le titre aussi
Cette finale, elle laisse forcément un goût amer. Dès les premières mènes, je gagne tous les points de Jean-Marie Hennequin mais jamais je ne marque. Les Villefranchois font donc la course en tête et difficile d’imaginer ce qui peut enrayer leur marche en avant. Le destin va pourtant nous filer un coup de main. Soudain, c’est la nuit noire sur Agnac, le système électrique vient de faillir. La partie va être interrompue pendant… une heure, le temps qu’un professionnel rétablisse l’éclairage. Cette péripétie ne changera finalement pas le cours de la partie. Nous échounos finalement à 3 petits points de notre premier titre et les Villefranchois Souyri – Guilhem – Hennequin sont sacrés Champions d’Aveyron (13 à 10). J’espère bien savourer mon deuxième Championnat de France triplettes en 4 ans mais je sais déjà que l’équipe Nogaret – Marragou – Costes ne sera pas celle de 1996. L’expédition en Région Parisienne s’annonce en tout cas comme un sacré moment de compétition mais aussi de convivialité et de festivités. Les Creissellois Rouquayrol – Beguin – Laquay s’offrent en effet la 3e place et ce sont donc eux qui nous accompagneront.

A lire demain
- L’expédition et le Championnat de France à Brétigny ainsi que la suite des Championnats d’Aveyron 1995.