Dès 9 h du matin, six heures non stop sans la moindre pause déjeuner
Encore une info pêchée par là, presque par hasard, au détour d’une conversation avec un bénévole connu et reconnu qui a fait ses preuves sur un des événements majeurs que connaît la pétanque en Aveyron. Le brave homme nous apprend que la « Fédé » n’en finit décidément plus de pondre, en poule particulièrement fertile, de nouvelles lois. Celle-ci ne sera effective qu’en 2019 mais certaines épreuves anticipent et la mettront en place dès cette saison 2018. On veut parler des parties en temps limité tant cela y ressemble fortement. Comment appeler autrement, en effet, ce nouveau règlement qui demandera aux joueurs participant à des Nationaux, Supra Nationaux et autres Internationaux d’effectuer leurs 2 ou 3 parties (en cas de repêchage) de poules sans observer la moindre pause. Pour des épreuves commençant à 9 heures, seules les équipes sorties de poules à 12 h 30 auront droit à la pause restauration. Les autres devront continuer à batailler dur comme fer pour lutter contre leurs adversaires mais aussi et surtout contre la fatigue et contre la faim. En réalité, nos chers dirigeants auraient même fixé une heure butoir pour que toutes les sorties de poules soient validées.
A 15 heures, les graphiques ne voudront plus entendre parler de parties de poules
A 15 heures, la fameuse heure retenue, les graphiques ne voudront plus entendre parler de poules. Elles devront toutes avoir livré leurs verdicts. Ce qui signifie que les retardataires auront au maximum 6 heures de temps pour disputer leurs 2 ou 3 parties. D’où l’expression « des parties au temps ». Sans doute pour se donner bonne conscience, la « Fédé » a décidé d’accorder 30 minutes de repos à ceux qui sortiront de poules les derniers. Une mini-pause pour souffler, se désaltérer et se restaurer. Le paradis, quoi…. Si ce type de mesures ne peut que satisfaire des bénévoles organisateurs qui ne verront sans doute plus leur épreuve s’éterniser au bout de la nuit (et pourtant que de souvenirs gardés, pour ceux qui ont la chance de l’avoir vécu, de ces 16e de finales s’achevant, ntamment dans le Parc de la Victoire à Millau, alors que le jour commençait tout juste à se lever), si cette nouvelle règlementation conviendra forcément aux plus talentueux qui n’ont pas l’habitude de souffrir pour sortir de poule et qui ne risqueront plus d’attendre des « plombes » avant d’être couverts, elle va à coup sûr aller à l’encontre des intérêts des plus besogneux. De ceux qui ont pris l’habitude de galérer pour, de temps en temps, se donner le droit de continuer à côtoyer l’Elite de ce sport. Souffrir en poules pour rester en course et tirer en suivant un Foyot, un Fazzino, un Quintais, un Lacroix ou un Rocher, c’est pour ce genre de sensations que le joueur lambda s’inscrit dans ce type d’épreuve. C’est une des particularité de la pétanque. Avoir la chance d’affronter un « gros » avec une chance, aussi minime soit-elle, de créer l’exploit. Il n’y a aucun autre sport sur la planète qui propose ce genre de défis. Nos dirigeants sont en train de crever la pétanque que l’on aime. La pétanque faite de parties longues et accrochées, la pétanque où l’appoint a longtemps eu son mot à dire sur des terrains sélectifs à souhait, la pétanque où une triplette compétitive n’était pas forcément constituée de 3 tireurs.
Une pétanque à l’image de la société, en plein mutation
A l’image de nombre de nos politiques qui nous gouvernent alors qu’ils n’ont jamais mis les pieds en entreprise, les dirigeants de la « Fédé » sont tout sauf des joueurs de boules. Parce qu’ils ont obtenu le droit de décider, ils ont l’impression d’exercer un certain pouvoir, ils ont l’impression d’exister et d’être enfin reconnus. En fait, la pétanque est à l’image de la société, en pleine mutation. A l’école, à l’usine, en entreprise, au restaurant… partout la priorité n’est plus de prendre son temps pour rendre un travail soigné, approfondi et réfléchi. Non, aujourd’hui, il convient de faire vite et tant pis si ce n’est pas bien. L’heure est davantage au paraître qu’à l’être. Il y en a vraiment marre de ces zouaves qui sont en train de tuer la vraie pétanque, celle que l’on aime ou plutôt que l’on aimait, tant on a l’impression que ce virage vers le professionnalisme marque définitivement la mort du monde de l’amateurisme qui a pourtant vu naître et surtout grandir la pétanque. Putain de « Fédé » !