Vice-champion d’Aveyron en triplette,
demi-finaliste du National de Rodez
et vainqueur de la Coupe de Noël
à Saint-Affrique
A l’arrivée, je termine deuxième au classement des joueurs aveyronnais, loin derrière mon partenaire de l’Oasis Pétan Club, Fernand Marragou
J’ai beau avoir la licence à la Pétanque Villefranchoise, celui avec qui j’ai le plus joué en cette saison 1994 s’appelle Marc Nogaret, alors licencié à Sainte-Radegonde. Ensemble, nous avons notamment disputé le Circuit Midi Libre. Avec Marc Nogaret, nous nous connaissons bien. L’entente est là, les résultats aussi. Suffisamment en tout cas pour que l’on décide de faire équipe ensemble en cette saison 1995. Reste à savoir avec qui jouer en triplette et où prendre la licence. Nous sommes déjà d’accord sur l’ordre des choses. Le plus important est de trouver une 3e au profil de milieu, ensuite on trouvera toujours une société pour nous accueillir. Notre choix va finalement se porter sur un joueur que l’on connait bien puisqu’il s’agit d’un partenaire avec qui, séparément, nous avons déjà obtenu de sacrés résultats. Marc Nogaret et Fernand Marragou, puisque c’est de lui dont il s’agit, ont notamment fait une finale en doublette à Millau et sont vice-champions de Ligue triplettes (avec Dominique Souyri) en 1989 à Albi. Quant à moi, j’ai encore souvenir des deux huitièmes de finales disputés lors du Mondial de Millau, avec Fernand et mon frère Nicolas, au tout début des années 90. Fernand avait besoin de se relancer après une saison 1994 qui l’avait vu faire équipe avec Yves Régimbeau et Régis Steis sans pouvoir se qualifier pour la finale départementale à Villefranche-de-Panat. Il accepte donc d’être notre troisième homme ce qui, personnellement, me ravit puisque, avant même cette saison 1995, il est sans doute un de ceux avec qui je prends le plus de plaisir à jouer. En 1989, Marc et Fernand avaient déjà fait équipe ensemble et c’était le gars du Bassin qui avait alors muté à Villefranche. Cette fois, il est normal de renvoyer l’ascenseur. Je quitte donc la Pétanque Villefranchoise, Marc le district de Rodez et la société de Sainte-Radegonde, et nous rejoignons donc Fernand dans le Bassin en signant nos licences à l’Oasis Pétan Club cher au président Michel Castanier.
Miraculeuse sortie de poule, défaite synonyme d’absence à la Ligue mais qualification pour le championnat départemental de Druelle à Agnac
Ce début de saison est marqué par les traditionnels éliminatoires dans un district que je découvre. De l’épreuve en doublettes, je n’ai pas gardé de grands souvenirs si ce n’est que nous nous sommes, Marc Nogaret et moi, qualifiés pour la finale départementale de Bozouls. Je me souviens davantage des éliminatoires en triplettes qui, eux, se déroulaient à Combes. Et surtout d’une partie de repêchage en poule disputée en tout début d’après-midi. La défaite, déjà consommée une fois le matin, était cette fois interdite puisqu’elle nous aurait privés à la fois de la course au Championnat de Ligue mais surtout d’une qualification pour le Championnat de l’Aveyron. Incapables de nous libérer, incapables de fournir un jeu digne de ce nom, la défaite, nous l’avons pourtant, Marc, Fernand et moi, plus que tutoyée. Quand on laisse le point par terre et quatre boules dans les mains d’un adversaire qui a 11 au score, on se dit que seul un miracle peut nous sauver. La terre noire de Combes n’a pas tremblé, les bras de nos adversaires sans doute un peu. Ils ont gaspillé ces quatre boules de gagne nous accordant au moins une mène supplémentaire. Celle-là aussi, on a bien cru que c’était la dernière. Cette fois, la défaite semble en effet bien consommée. Les douze boules ont été jouées et le point, le 13e, semble être chez eux. C’est du moins l’avis du plus grand nombre, y compris dans notre équipe. Par acquis de conscience, on fait quand même appel à l’arbitre. Un, deux et trois coups de tirette plus tard, le point est déclaré nul. Cette fois, c’est sûr. Ce jour-là à Combes, il ne peut plus rien nous arriver. Nous repartons… au charbon et nous finissons par l’emporter (13 à 12). Il est près de 17 heures et nous sortons miraculeusement de poule. La journée est pourtant loin d’être finie. C’est comme un deuxième concours qui commence désormais. Nous expédions la partie après poule avant de retomber dans nos travers, dès les 8e de finales, contre les Livinhacois Molénat, Balestié et Fauconnier. Ce dernier, un brin exubérant, ne cache pas sa joie au moment de conclure la partie. On ne répond pas mais on s’en souviendra. Nous voilà éliminés de la course au championnat de Ligue. Et nous voilà embarqués dans une sorte de 3e concours en quête de la 9e et dernière place qualificative pour la finale. Trois parties et autant de victoires plus tard, autant dire à une heure fort avancée de la nuit, nous empochons enfin ce 9e billet synonyme de participation à la finale de Druelle. Fernand Marragou, Marc Nogaret et Cyrille Costes…, trois mineurs qui ont touché le fond, manqué d’oxygène mais qui sont encore vivants.
Cyrille COSTES )- Marc NOGARET – Fernand MARRAGOU : trois mineurs qui ont touché le fond mais qui sont encore vivants !
Première finale départementale, deuxième championnat de France…
mais toujours pas de titre de champion
1986 – 1995. Dix ans déjà que je tourne autour d’un titre de champion de l’Aveyron sans jamais pouvoir l’accrocher. Trois demi-finales (2 en doublettes en 1986 et 1990 et une en triplettes en 1991) et trois quart-de-finales (un en tête-à-tête en 86 et 2 en triplettes en 93 et 94), mais pas encore de finale. Et, franchement, je vois mal comment cette année 1995 va pouvoir être enfin la bonne. La saison ne fait que commencer mais les premières tensions fissurent déjà l’homogénéité de l’équipe. La galère de Combes a visiblement laissé des traces et, franchement, il n’y a sans doute que la presse locale pour voir en nous une des équipes capables de profiter d’une éventuelle contre-performance des grandissimes favoris de la compétition que sont les Espalionnais Diaz, Archimbeaud et Salerno, rappelons-le quarts-de-finalistes du dernier Championnat de France disputé à Angoulême.
16e de finales le dimanche, Fernand prend le tir dès la 2e mène
Il est bon d’apprendre, il est meilleur de retenir. Nous allons essayer de faire notre ce proverbe pour ne pas retomber dans les travers de Combes. Une chose est déjà sûre, l’environnement n’a rien à voir. Finis les terrains sélectifs du Bassin, bienvenue aux cadres sablonneux du stabilisé (aujourd’hui, il ne l’est plus) d’Agnac, commune de Druelle. Réputé niveler les valeurs, ce type de site ne nous permettra pas de faire la différence à l’appoint. L’essentiel est d’en avoir conscience et d’être capable de mener un jeu différent. De ce côté là, notre expérience peut être un précieux atout. Nous maitrisons en tout en cas notre entrée dans la compétition. Nous remportant sans histoire nos deux parties de poules et nous qualifions sans problèmes pour les 16e de finales du dimanche matin. A ce stade-là, le tirage au sort nous épargne un choc avec une grosse pointure en nous désignant les Laissagais de Zullo comme adversaires. Nous partons avec les faveurs du pronostic mais on sait qu’il sera primordial de marquer les premiers pour nous rendre la partie plus facile. La première mène nous est plutôt favorable et, à l’arrivée, notre tireur Marc Nogaret se retrouve avec deux boules pour tirer à la marque. Il y a moins de 8 mètres, la boule est dégagée et un petit palais d’entrée pourrait nous donner jusqu’à trois points d’avance. Deux trous plus tard, ce sont les Laissagais qui marquent les premiers. Zullo n’a pas encore jeté le bouchon que je vais déjà voir Fernand Marragou : « Fernand, aujourd’hui, il faut que ce soit toi qui tires ». Pas question en effet d’attendre pour réagir. Plus question en tout cas de commencer à souffrir dès le début d’une journée que l’on espère encore rendre la plus longue possible. Marc Nogaret comprend notre décision et accepte de modifier la composition de l’équipe. Le jeu nous donnera raison. Nous avons su jouer en équipe et nous qualifions pour les 8e de finales.
En 8e de finale, encore les Foissacois Mas et Barnabé
Un an après les avoir rencontrés et battus en 16e de finale à Villefranche-de-Panat, je retrouve une vieille connaissance en la personne de l’ancien Villefranchois Patrick Barnabé qui fait à nouveau équipe avec son président de Foissac, Jacky Mas. Cette année, le troisième n’est plus Philippe Barnabé, le frère, mais Max Arnal. Les équipes ont donc changé mais pas le résultat. Nous voilà qualifiés pour les quarts-de-finale
En quart-de-finale, encore de vieilles connaissances…
Les tours passent et le tirage est toujours aussi clément. Toujours pas de Diaz, de Rouquayrol ni de Souyri. Non, cette fois le sort nous oppose aux Livinhacois Molénat, Balestié et Fauconnier. Vous savez ceux qui nous ont battus en 8e de finales lors des éliminatoires du district à Combes, nous obligeant à faire 3 parties supplémentaires pour décrocher la 9e et dernière place qualificative. Les mimiques, pour ne pas dire plus, du facteur nous sont restés en travers la gorge. Je ne manque d’ailleurs pas de le rappeler à mes deux partenaires. L’heure de la revanche a sonné et notre réponse va tomber… comme une lettre à La Poste. Pour notre première partie dans les cadres d’honneur, nous savons réussir notre entame et partir devant au score. Nos adversaires n’opposent même pas de résistance, nous les sommes les premiers qualifiés pour les demi-finales programmés en fin d’après-midi. Il nous reste donc deux parties à jouer. Il suffira d’en gagner une pour empocher un des 3 billets qualificatifs pour le Championnat de France qui se jouera dans l’Essonne, à Brétigny-sur-Orge. Nous n’en sommes pas encore là. Je m’isole pour mieux rester concentré. Je ne vais même pas voir la fin de la partie choc de ces quarts-de-finale opposant l, les Espalionnais d’Archimbeaud aux Creissellois de Rouquayrol.
En demi-finale, le contre-coup pour la triplette Rouquayrol
J’apprends que la triplette sudiste Rouquayrol-Laquay-Beguin vient de réaliser l’exploit de faire mordre la poussière aux grandissimes favoris qu’étaient Diaz, Archimbeaud et Salerno. Ils deviennent donc des adversaires potentiels tout comme les Villefranchois de Souyri-Guilhem-Hennequin, ou les Cransacois Bouyssou-Gaubert-Guttierez. A choisir, ce sont ces derniers que je prendrai par défaut. Il faut éviter les Creissellois devenus les favoris logiques de ce dernier carré. Et jouer contre un copain avec qui l’on a disputé une 8e de finale du France, en l’occurrence Dominique Souyri 4 ans auparavant en Avignon, n’est jamais une chose facile à ce niveau de la compétition. Mais, c’est bien connu, toutes les bonnes choses ont une fin. Le tirage au sort, particulièrement conciliant jusque-là, nous attribue les Creissellois de Rouquayrol. Et voilà Costes-Marragou-Nogaret redevenus outsiders, une situation que nous n’avions pas encore connue depuis le début du week-end. Peu importe le statut, place au terrain. Notre jeu est bien en place, celui de notre adversaire beaucoup moins. Les Creissellois paient sans doute l’énergie laissée lors de leur quart-de-finale. Ou alors sont-ils énervés par la réussite que connaissent nos tirs à la rafle. Une chose est sûre, ils sont méconnaissables. La partie défile rapidement à sens unique. Une petite heure de jeu pour un score de 13 à 1. Nous disputerons la finale départementale de ce championnat en triplettes. Nous jouerons également le Championnat de France de la spécialité, autrement dit ce qui reste à mes yeux la plus belle compétition de la saison.
La lumière s’en va, le titre aussi…

L’autre demi-finale dure plus longtemps. La partie est plus serrée entre les Villefranchois Souyri-Guilhem-Hennequin et les Cransacois Bouyssou-Gaubert-Guttierez. Villefranchois de coeur, je supporte forcément les premiers mais je me dis en même temps que cela va être difficile de disputer une finale face à des copains que l’on connait par coeur. Les copains l’emportent finalement tout à fait logiquement (13 à 8) et la finale est programmée en début de soirée, après 2 heures d’interruption. A midi, nous avions tous pique-niqué ensemble. Ce soir, ça paraît logique, c’est chacun de son côté. Moi, je décide même de rentrer avec Cathy à l’appartement. Le temps de prendre une douche mais aussi d’appeler mon frère Nicolas à Toulouse et mon copain Thierry à Paris pour leur annoncer la bonne nouvelle. Avec le recul, je m’aperçois que la joie de monter disputer le « France » à Brétigny avec mon équipe mais aussi avec Domi, Claude et « Maï »était plus forte que l’envie de gagner cette finale et de remporter un premier titre.
A seulement 3 petits points du titre…
De retour sur le terrain, la motivation est pourtant bel et bien là. Dès la première mène, je gagne deux fois le point d’entame de « Maï » Hennequin et j’envoie Claude Guilhem deux fois au rond. Claude, lui, envoie deux fois mes boules aux planches. Le ton est donné. On ne se fera pas de cadeaux.Très vite, la partie va pourtant baisser de niveau. Surtout de notre côté. Les Villefranchois jouent toujours une boule de plus que nous et cela leur suffit pour faire la course en tête. Jusqu’à cet épisode pas spécialement prévu qui va entraîner un arrêt de la partie durant de longues, très longues minutes. Il faudra en effet près d’une heure aux organisateurs pour trouver et réparer, grâce à l’intervention d’un professionnel, la panne qui prive les terrains de jeu d’électricité. C’est ensuite une nouvelle partie qui commence. Il est déjà tard ce dimanche soir et les spectateurs se font rares. A la reprise, nous revenons un peu au score mais notre retard était trop important. Dominique Souyri, Claude Guilhem et Jean-Marie Hennequin, trois joueurs avec qui j’ai l’habitude jouer, en concours comme à l’entraînement, sont champions d’Aveyron et, sur la physionomie de cette finale, c’est mérité. Il n’y a rien à dire même si nous échouons finalement à seulement 3 petits points (13 à 10) du titre. Là où il y aurait beaucoup plus à dire, c’est sur la scène offerte par un de mes partenaires à l’issue de la dernière mène. En se baissant pour ramasser ses deux boules, il baille et ne trouve rien de mieux à lâche qu’un « je suis mort ». Tout est dit.


Dans la presse locale…
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En attendant Brétigny…
Dimanche 11 juin : l’ami Souyri s’illustre à Combelles…
Ce dimanche 11 juin, une journée champêtre était organisée à Combelles, commune du Monastère, site sur lequel devait se disputer le championnat de Ligue Midi-Pyrénées une semaine plus tard. Cette journée était une initiative du comité départemental de l’Aveyron, alors présidé par le Capdenacois Roger Vassal. Etaient présentes des équipes invitées parmi lesquelles les tout nouveaux champions de l’Aveyron, les Villefranchois Souyri – Hennequin – Guilhem. Ne faisant pas partie des joueurs conviés, Fernand Marragou et moi-même, décidons alors d’aller disputer le concours départemental organisé ce jour-là à Conques. Nous sommes dans le coup et, tard dans la soirée (les parties arrêtaient de 19 h 30 à 21 h 30), nous jouons une partie importante (quart ? demie ?).
Lucien Ringeval, l’homme qui sait de quoi il parle…
La partie est serrée, on est dans ce que l’on appelle maintenant le « money time » quand débarque une tête connue, un certain Lucien Ringeval, aujourd’hui décédé. L’ami « Lulu » arrive directement de Combelles où il a participé à la fameuse journée champêtre. Il me fait signe et a visiblement quelque chose à me dire. Je profite de l’entre deux mènes pour aller vers lui. Il me remet quelque chose de la part de Dominique Souyri et en profite pour me glisser qu’il n’a jamais vu l’ami Domi dans un tel état d’excitation. Sans rentrer dans les détails, il me fait comprendre que les apéros l’avaient finalement emporté sur les grillades… jusqu’à en perturber le déroulement du concours. Ni plus ni moins. Ceux qui ont bien connu Lucien Ringeval savent que l’homme sait de quoi il parle… Je reste concentré pour reprendre une partie que l’on finira, Fernand et moi, par gagner et le lendemain, lundi 12 juin, je repense à ce que m’a dit Lucien. Cela me donne envie de faire une farce à l’équipe qui, rappelons-le, m’a battu en finale du championnat d’Aveyron. Je vais utiliser un courrier que m’a adressé la comité départemental pour établir un faux document, portant entête du comité et signature du président Vassal. Ce courrier, je vais l’expédier à Dominique Souyri en lui mentionnant les raisons de la disqualification de son équipe (lire en cliquant ci-dessous) pour l’épreuve du championnat de Ligue prévu les 17 et 18 juin.
Dès réception de ce courrier, je suis un des premiers que Domi Souyri appelle. Il reconnait des débordements dimanche à Combelles mais ne comprend pas et n’accepte pas une telle décision. Il s’en prend au comité en général, à la commission de discipline et au président Vassal en particulier. Je vais dans son sens et dis le comprendre. Je lui rappelle surtout que c’est le même Roger Vassal qui va nous accompagner, dans maintenant 10 jours, au Championnat de France à Brétigny-sur-Orge. Autant dire que je mets de l’huile sur le feu et je suis obligé de me pincer fort pour ne pas éclater de rire. Bientôt, je ne peux pourtant plus me retenir et, l’humour ayant ses limites, je finis par avouer le canular. Domi Souyri tombe des nues mais je sens le garçon comme… soulagé.
Dimanche 18 juin à Combelles, j’interpelle le président de Ligue Paul Calastrenc
Au départ, nous ne devions pas disputer ce championnat de Ligue. Normal dans la mesure où nous n’avions pas remporté les éliminatoires en triplettes du district de Decazeville. Le lendemain du championnat de l’Aveyron à Druelle, nous apprenons que la triplette Bouyssou – Gaubert – Guttierez avait gagné le droit de disputer ces championnats de Ligue. Pourquoi ça puisque les Cransacois, eux aussi battus lors des éliminatoires dans le district de Decazeville, avaient terminé sur la 4e marche du championnat départemental, finalement battus par les Creisselois de Rouquayrol dans la finale pour la 3e place ? Compensation, nous répond-on alors depuis le Comité puisque Rouquayrol disputera le Championnat de France. On apprend aussi que notre place de finalistes du championnat départemental pourrait nous valoir, à nous aussi, une qualification pour le championnat de Ligue à Combelles. La raison évoquée : remplacement d’un désistement. Le problème, c’est que le désistement a bien eu lieu mais que nous avons appris par la bande que notre qualification n’avait pas été validée. Et ce sans explication franche ni courrier officiel. A l’arrivée, ce championnat de Ligue s’est donc disputé en présence de… 67 triplettes réparties en 16 poules de 4 équipes et une poule de 3. La Ligue Midi-Pyrénées et le Comité de l’Aveyron ont donc préféré proposé une épreuve alignant une poule incomplète plutôt de qualifier une équipe locale à qui on n’a jamais expliqué le pourquoi du comment.
Dimanche 18 juin, je profite de l’arrivée de Paul Calastrenc, président de la Ligue Midi-Pyrénées (décédé en octobre 2013) pour m’asseoir à ses côtés en tribune et lui demander des explications. Des explications, M. Calatrenc n’en a visiblement pas. Ou alors il ne veut pas me les donner. Comme j’insiste, l’homme, hautain et antipathique à souhait, m’ignore et tourne la tête. Impossible d’établir le moindre dialogue. Devant tout le monde, je me permets de lui dire ce que je pense de sa manière de gérer la Ligue dont il a la présidence. Quelques heures plus tard, les Tarn-et-Garonnais de Castagnié, qui évoluaient dans cette fameuse poule 6 à seulement 3 équipes, sont Champions de Ligue.
24 et 25 juin, championnat de France
à Brétigny-sur-Orge (Essonne)

En pantalons… longs
Le premier souvenir que je garde de ce Championnat de France tient dans la tenue vestimentaire. Le comité a doté les 3 équipoes qualifiées de tenues qui ne ressemblent pas à grand chose, à savoir des sweats verts et des pantalons en toile bleus marines (voir photo ci-dessous) : « C’est pas grave, vous ne devriez pas les porter longtemps », s’amusent les copains moqueurs. Ils ont sans doute raison autant faire en sorte que l’on se sente bien dans cette tenue. Mes pantalons, trop longs, ont besoin d’être retouchés. Ma compagne prend les mesures, s’applique pour poser les épingles et décide de faire faire les retouches par sa maman. Dans la semaine qui précède le départ pour l’Essonne, les pantalons nous sont retournés. Direction le sac de voyage prévu à cet effet. Dans la journée pourtant, pressentiment masculin sans doute, je décide de ressortir ces pantalons pour les essayer. Et là, surprise, ce ne sont plus des pantalons mais plutôt des… pantacourts. Les genoux sont certes couverts mais les mollets, eux, ne peuvent pas en dire autant. Je n’en crois pas mes yeux tant je m’imagine ce qui se serait passé si la scène avait eu lieu samedi mati à Brétigny. Sans doute tout l’étage de l’hôtel aurait été mis au courant… Reste maintenant à voir comment on peut réparer ce coup manqué. Dans mon malheur, je vais avoir de la chance. Je retourne les pantalons et je m’aperçois en effet que la mamie retoucheuse n’a pas découpé l’ourlet. Il ne reste plus qu’à le défaire, à reprendre les mesures et à bien retoucher cette fois. Nous sommes déjà jeudi et nous partons dès le lendemain matin à 9 h. L’opération devient donc une priorité. Cette fois, c’est sûr, j’essaierai les pantalons… avant de les mettre dans le sac !
Sur le trajet, de l’ambiance, du Vassal et du… Ricard
Pour monter à Bretigny, je « fais équipe » avec les champions de l’Aveyron. Claude Guilhem et son monospace sont passés par Rodez pour venir nous chercher, Dominique Souyri et moi. Nous devons retrouver Marc Nogaret et Fernand Marragou, qui sont partis de leur côté, ainsi que le reste de la délégation aveyronnaise (l’équipe Rouquayrol ainsi que la famille Vassal représentant le comité départemental) pour partager le repas de midi quelque part entre Clermont-Ferrand et Paris. A l’heure des retrouvailles, le président Vassal nous demande de le suivre. Avant d’aller au restaurant, il a quelque chose à nous montrer. Il ouvre sa malle, sort une bouteille de Ricard et nous offre l’apéritif. Et une, et deux et trois tournées plus tard, on n’a pas encore le maillot « bleu – blanc – rouge » sur les épaules mais sait-on jamais ! C’est la raison pour laquelle la bouteille passablement entamée est précieusement rangée au cas où… il y ait une belle performance aveyronnaise à fêter un peu plus tard dans le week-end. Nous reprenons la route en début d’après-midi. Direction Bretigny-sur-Orge et son site accueillant le 50e Championnat de France en triplettes.
La presse aveyronnaise mal renseignée
En fin d’après-midi, nous nous retrouvons pour la traditionnelle remise des licences. J’ai en tête le numéro du cadre qui nous attend le lendemain et j’en profite pour aller voir à quoi cela ressemble. Pour tout dire, cela ne ressemble pas à grand chose. Si ce n’est à rien. Pour tout dire, c’est à se demander si l’on ne sait pas trompé d’épreuve tant ces terrains de jeu ressemblent davantage à des terrains de lyonnaise plutôt qu’à de véritables terrains de pétanque. Une chose est sûre. Demain matin, il faudra pratiquer un jeu de roulette et, sans doute, tirer à la rafle.
Le samedi, le jet des premières boules d’échauffement ne fait que confirmer les impressions de la veille. Ces véritables billards sont tout sauf intéressants. La boule ne s’arrête jamais. On dirait même qu’elle prend de la vitesse au fur et à mesure qu’elle avance vers le cochonnet. L’appoint demande une énorme concentration. Il faut se forcer à ne pas regarder le cochonnet et parvenir à se fixer un autre but, situé un mètre avant. Il faut se forcer enfin à faire partir la boules des pieds. Bref un véritable jeu de « papys » qui n’est pas celui qui nous convient le mieux. Mais on, n’a plus le choix. Le coup de sifflet retentit et il faut faire avec. Nos premiers adversaires sont justement des jeunes vétérans, des Varois répondant au nom de Laurrot. Sans être exceptionnelle, notre prestation est suffisante pour l’emporter. Pas si mal pour un début, surtout quand on sait que cette triplette d’anciens finira par sortir finalement de poule pour se hisser, le dimanche matin, jusqu’en 8e de finales. La deuxième partie a quant à elle valeur de véritable test puisqu’elle nous oppose à la triplette Petit, une formation du Loiret qui, il y a quelques années, a été sacrée vice-championne de France. Même stratégie, même résultat. Nous tenons le bouchon loin, nous faisons un bon jeu d’appoint, nous faisons preuve d’une certaine justesse dans la façon de mener le jeu… autant de conditions qui nous permettent de signer une nouvelle victoire synonyme de sortie de poule. Certes la suite sera moins convaincante. Nous nous inclinons dès les 64e de finale contre une équipe de la Haute-Savoie qui a vraiment rien de plus que nous. C’est même certainement, des 3 formations rencontrées ce jour-là, celle qui a le moins de potentiel. Peu importe, le résultat est là. C’est donc en spectateur que nous suivrons la suite, mais pas la fin, de cette 50e édition des Championnats de France. Nous quittons en effet Bretigny-sur-Orge le dimanche en fin de matinée alors que jouent encore les derniers quarts-de-finale. Ce n’est que le lendemain que nous découvrons, en lisant la presse écrite aveyronnaise, que ce sont finalement les joueurs du cru, les Essonnais de l’U.P. Montgeron Jean-Claude Rasle, Eric Sirot et Philippe Pouzier qui sont devenus champions de France en privant les champions en titre (Marc Chagot, Alain Bideau et Didier Choupay) d’un doublé. Dans cette même presse écrite locale, on découvre également un article qui, sous le titre « Les Aveyronnais : un p’tit tour et puis… », est censé informer le lecteur sur le parcours des 3 équipes représentant l’Aveyron. Or, selon cet article, les 3 triplettes en question ont toutes échoué en poules. A cette époque là, je ne suis pas encore dans le métier mais sans le savoir j’apprends déjà. Quand un journaliste n’est pas présent sur un évènement, la moindre des choses est de vérifier la véracité des informations communiquées par les soi-disants relais.

Du 7 au 10 août, National de Rodez : Quintais tremble mais Quintais gagne
Trois ans après avoir disputé la finale de l’épreuve chère au président Jean Trébosc, j’ai la chance de retrouver le dernier carré. Mais cette fois c’est contre Quintais et c’est Place de la Cité…
En 16e, plus de 2 h 30 pour battre les Ruthénois de Bonnet
Après une année de mise en sommeil, le National nouveau est arrivé. En cette année 1995, deux sites sont en effet au programme. La compétition débutera dans les allées du jardin public mais les parties finales se disputeront sur les terrains d’honneur tracés au beau milieu de la Place de la Cité. Dès le tournoi exhibition du lundi 7 août au soir, cela donne envie. Le site est magnifique, les tribunes affichent complet, les spectateurs sont près des joueurs. Tous les joueurs aveyronnais espèrent disputer au moins une partie dans un tel cadre. Mais une telle récompense se mérite. 152 triplettes figurent sur la ligne de départ le mardi à 14 h mais une équipe fait figure d »épouvantail, celle composée du roi Philippe Quintais, dont c’est la première participation à Rodez, de Jean-Luc Robert et de David Le Dantec. Moi je fais équipe avec Marc Nogaret et Fernand Marragou et l’après midi se passe bien. Nous remportons une, deux puis trois parties… gagnant ainsi le droit de revenir en soirée où le sort nous oppose alors à la formation ruthénoise composée d’ Aimé Bonnet, de Jacques Bonnafous et, je crois, de Jean-Paul Dalous. Le vainqueur gagnera son billet pour la journée du lendemain et des 8e de finales qui auront pour principal enjeu une entrée dans le fameux carré d’honneur de la Place de la Cité. La partie n’en finit plus de durer. Aucune équipe ne veut lâcher et, en plus, le terrain est mal placé. Il est situé à proximité immédiate de la salle des fêtes ce qui contraint les six joueurs à composer avec les allées et venues des spectateurs multipliant les aller-retours entre le jardin public et le centre-ville de Rodez. Plus de 2 h 30 d’un véritable « mano à mano » au cours duquel les deux équipes vont se rendre coup pour coup, nous finissons finalement par l’emporter sur le fil (13 à 12). Nous rejoignons ainsi les deux autres formations 100% aveyronnaises, les Ruthénois Bernard Cerchi, Robert Costes et Philippe Bru et les Primaubois Michel Furet, Didier Cabaniols et Patrick Bories, à avoir empoché leur billet pour les 8e de finales du mercredi matin. La nuit va être courte mais forcément réparatrice. Enfin, on le souhaite car nous sommes vraiment crevés.

Le mercredi, une matinée de rêve avant une fin de parcours cauchemardesque
En 8e de finale, le sort nous oppose à une formation non homogène composée de l’Audois Bonald, du Haut-Savoyard Pagès et du voisin Lotois Rabassa. Les affrontements avec ce dernier sont souvent épiques et donnent parfois lieu à des situations de jeu pour le moins cocasses. Si je ne devais en retenir qu’une, ce serait celle d’une 3e partie de la Coupe de Noël à Figeac. Nous sommes au début des années 90 et la compétition se déroule à l’intérieur de la salle des fêtes. Je fais équipe avec Dominique Souyri et Thierry Ortalo et nous sommes menés 8 à 3 par Joseph dit Antoine Rabassa qui, ce jour-là, joue avec son fils. La mène n’est pas à nous et nous sommes même à deux doigts de perdre. Les Lotois ne font finalement que quatre points et alors que je me relève après avoir ramassé mes deux boules, Antoine Rabassa avance vers et me tend la main :« Non, Antoine, 8 et 4 ça ne fait que 12. Tu mènes 12 à 3 et tu n’as pas encore gagné ». « Ils ont raison, Papa, on n’avait que 8 », lance alors le fils. Ce petit incident a le don de nous remettre dans la partie. Une petite heure plus tard, le coup de sifflet annonce l’arrêt des parties et nous sommes encore vivants (8 à 12). Nous quittons la salle des fêtes sans passer par la case buvette et nous prenons la direction du bar restaurant de La Poste où nous avons nos repères et nos habitudes. Nous y sommes connus et le patron est d’ailleurs intrigué par notre comportement. Aller directement en salle restauration sans passer par le bar, il faut dire que les Villefranchois ne l’avaient pas habitué à un tel comportement. Il vient d’ailleurs nous voir et nous demande si tout va bien. On le rassure en lui expliquant rapidement la situation. Deux heures plus tard, retour dans la salle des fêtes où une seule mène nous suffit pour enterrer les Figeacois de Rabassa : « 8 et 5 qui font 13. Maintenant, tu as perdu et cette fois tu peux me serrer la main ». La famille Rabassa est au bord de la crise de nerfs..
Ce mercredi 9 août 1995, c’est nous qui jouons à domicile et cette énième confrontation avec Rabassa ne doit pas nous échapper. Nous avons trop envie de porter les couleurs aveyronnaises jusqu’au beau milieu de la Place de la Cité. Nous sommes sur une bonne dynamique et nous entamons bien la partie. Nous faisons la course en tête et la victoire ne tarde pas à se dessiner. Cette fois, il n’y aura qu’une seule poignée de mains entre les Aveyronnais et Rabassa et ce sera la bonne. Nous voilà qualifiés pour les quarts-de-finale. Nous quittons définitivement les terrains plus ou moins sablonneux du jardin public pour retrouver le bitume gravillonné du carré d’honneur du centre-volle. Déjà une première victoire. Mais, c’est bien connu, l’appétit venant en mangeant, on ne veut surtout pas que ce soit la dernière. Le tirage au sort nous ramène pourtant, très vite, à la réalité. Il nous épargne certes de la montagne Quintais mais nous propose quand même un défi de taille en nous donnant comme adversaires les talentueux et très expérimentés Héraultais Krawczick, Roques et Pedrero. Nos facultés d’adaptation et notre homogénéité d’équipe continuent pourtant à faire merveille. Les joueurs de Béziers et de Pézenas ne voient pas le jour. Ils ne marquent qu’une seule fois et sont littéralement atomisés (13 à 3). Nous voilà en demi-finale.
La malice et les carreaux de Quintais, les trous… de mémoire de Le Dantec

Après la défaite du Capdenacois Ferreira, du Villefranchois Païva et du Cransacois Amadu en quart-de-finale, nous sommes la dernière équipe 100% aveyronnaise à rester en lice. Un autre Aveyronnais est pourtant toujours en course. Il s’agit du Creissellois Bernard Rouquayrol qui fait équipe avec l’Héraultais Jean Vitou et le Gardois Michel Maurin. Si l’on pouvait choisir notre adversaire, je crois que l’on prendrait les Tarnais Nounours et Siblom Vis. On se connait pour s’être affrontés à plusieurs reprises et le partage des indemnités ne poserait aucun problème. Le sort va en décider autrement en nous opposant aux grandissimes favoris de cette édition 1995 du National de Rodez, à savoir Philippe Quintais, Jean-Luc Robert et David Le Dantec. Pour leur première participation à l’épreuve aveyronnaise, ces 3 champions entendent bien inscrire leurs noms au palmarès. Première bonne nouvelle, ces champions acceptent le proposition de partage qui leur est faite. On essaie alors de se motiver pour, au moins, proposer une réelle opposition. Et, surtout, essayer de marquer les premiers. Ce ne sera malheureusement pas le cas. Dans le chaudron de la Place de la Cité, devant des tribunes qui affichent plus que complet, les champions déroulent et le score défile (7 à 0). Nous continuons pourtant à nous accrocher et nous finissons enfin par marquer. Changement de programme et surtout de distance(s). Nous allongeons le bouchon et nous recollons, doucement mais sûrement, au score. Nos adversaires essuient alors un véritable coup de moins bien. Nous en profitons pour les rejoindre et même les dépasser pour virer en tête à l’entrée de la dernière ligne droite (10 à 7). L’exploit n’est plus qu’à une portée de bouchon que je relance encore une fois à près de 10 mètres. Par acquis de conscience, je mesure avec les pas. Le bouchon est bien bon. Alors que je regagne le rond pour entamer la mène, Philippe Quintais ramasse le bouchon et me le ramène en me disant gentiment qu’il n’était pas bon. Je viens de commettre une première erreur. J’aurais du marquer le but pour pouvoir faire intervenir le corps arbitral pour une mesure. Je reste persuadé qu’il y a avait moins de 10 mètres mais je préfère rester concentré. Le moment n’est pas venu de lancer une polémique. L’adversaire n’attend peut-être que ça pour revenir dans une partie qu’il sent lui échapper. Il me reste deux essais. Le premier sera malheureusement le bon. Malheureusement, car ce satané bouchon se plante (le mot n’est pas trop fort) inexpliquablement dans le bitume à tout juste 6 mètres. Même si j’ai le sentiment d’avoir été trahi par le terrain, le résultat est là. Il s’agit donc d’une deuxième erreur qui, elle, va s’avérer fatale. Je comprends vite que n’importe où je vais engager, Philippe Quintais va partir au rond en courant. Le carreau est certes allongé mais c’est à moi de rejouer. Je regagne le point et Quintais récidive. Impossible de contre-attaquer tant les deux boules adverses sont éloignées du bouchon. David Le Dantec se charge ensuite de notre milieu Fernand Marragou. Avec le même résultats, deux carreaux allongés qui laissent 4 points par terre. On sent le piège se refermer sur nous mais à part tirer le bouchon, que faire ? On préfère finalement faire jouer. Pour la simple et bonne raison que le pointeur Jean-Luc Robert n’a pas encore tiré la moindre boule. Alors, sait-on jamais. Le Poitevin se montrera pourtant à la hauteur de ses partenaires et c’est une « royale » et les 6 points qui vont avec qui expédient les favoris en finale du National de Rodez. Notre belle remontée et les 10 points successifs réalisés face à des champions du Monde et autres champions de France avaient fait naître un rêve. Mais une seule mène aura suffi pour donner à ce rêve une fin cauchemardesque. En nous serrant la main, nos vainqueurs nous félicitent pour la bonne partie que l’on vient de faire. Ils nous payeraient bien un verre mais ils se disent fatigués. Ils préfèrent pour l’instant faire un saut jusqu’à l’hôtel pour prendre une douche, s’allonger un petit moment et récupérer. Histoire de préparer au mieux la finale qui les opposera finalement à Rouquayrol – Vitou – Maurin tombeurs des Tarnais Antoine et Louis Vis et Gonzales. Par contre, ils nous donnent rendez-vous après cette finale pour procéder aux partage des indemnités et, là, boire un coup. Nous avons bien assisté à la finale (victoire finale de Quintais, Robert et Le Dantec 13 à 7), nous avons bien perçu les sommes qui nous étaient dues, mais par contre il n’a plus été question du moindre coup à boire…


Espalion en août 2014, soit dix-neuf ans plus tard…
Ce vendredi d’août, l’Amicale Pétanque Espalion lance l’édition 2014 de son International avec le traditionnel tournoi Gentlemen. Je suis présent sur le site au titre de journaliste du site « Pétanque 12 » et, dans le courant de l’après-midi, je discute avec le président Robert Costes. Passe à nos côtés un certain Bruno Le Boursicaud. Le vice-champion de France en triplettes vient nous saluer et Robert se charge des présentations. Dix minutes plus tard, un 4e homme se joint à nous. Ce 4e homme, c’est un certain David Le Dantec : « Vous non plus, vous ne vous connaissez pas », lance alors Robert Costes. « Non, non », confirme alors le joueur breton. Et là, je me permets d’intervenir : « Si, si, vous me connaissez. Vous ne me reconnaissez pas mais vous me connaissez pour la simple et bonne raison que cela fait maintenant 19 ans que vous me devez un coup à boire ! ». Et là, David Le Dantec change de mine. Il est gêné, il ne comprend pas, il pense qu’il s’agit d’un mauvaise plaisanterie… Je me charge alors de lui rafraichir la mémoire. Quintais – Robert – Le Dantec. Demi-finale partagée du National de Rodez 1995. Six frappes et six points pour conclure la partie… Le Dantec sourit. Cette fois, il se souvient. Il reconnaît les faits et se détend. Mais la discussion glisse rapidement sur autre chose. Et Le Dantec n’a toujours pas payé son verre…
Circuit Midi Libre, Coupe de Noël à Saint-Affrique… A l’arrivée, une place
de dauphin au classement des joueurs
Concours départementaux : 3 victoires en un seul week-end
Finaliste du Championnat de l’Aveyron, demi-finaliste du National de Rodez…, autant de performances qui ont de quoi donner confiance. Or, chacun sait que la confiance est un des atouts numéro un du pétanqueur. En cet été 95, la confiance est bel et bien au rendez-vous et, j’ai beau ne pas avoir de partenaires attitrés, les victoires s’enchainent. Un exemple, un seul, les trois succès remportés lors du dernier week-end d’août. Le vendredi 25 au soir, je remporte le concours triplettes mixtes (35 équipes) de Capdenac avec Cathy Couderc et Diego Diaz. Le lendemain, c’est à Druelle (40 doublettes) que je m’impose aux côtés de Dominique Souyri. Le lundi enfin, c’est en compagnie de Jean Noté que je gagne à Saint-Côme d’Olt (52 doublettes).
Bernard Rouquayrol à Cassagnes-Begonhès :
« Tant que vous pointerez mieux que nous… »
Une telle régularité ne doit rien au hasard. Elle est le résultat d’un niveau de jeu pour le moins intéressant, réalité qui n’a pas échappé à personnes y compris certains joueurs qui ont valeur de référence dans le milieu de la pétanque aveyronnaise. Je me souviens notamment de la réflexion lancée par Bernard Rouquayrol, un samedi à Cassagnes-Begonhès. Ce jour-là, en ouverture de son Grand-Prix, le président Rey a organisé un tournoi exhibition auquel, Fernand Marragou et moi, sommes invités. Nous somme amenés à rencontrer un Bernard Rouquayrol alors en pleine forme. Mais comme nous l’avions déjà fait un peu plus tôt dans la saison en demi-finale du championnat de l’Aveyron en triplettes, nous nous imposons encore. Et ce malgré la belle performance du tireur creissellois. D’où son analyse, tout juste sorti des cadres de jeu : « Tant que vous pointerez mieux que nous, on ne vous battra pas… »
Circuit Midi Libre : une bonne fin de parcoursqui ouvre les portes de la Maison Bras à Laguiole
Vainqueur à Livinhac en doublettes puis demi-finaliste lors de la dernière étape à Rieupeyroux en triplettes, je termine à la 8e place d’un classement remporté cette année-là par Eric Archimbeaud.
Avec seulement 20 points au compteur après les 4 premières étapes, Marc Nogaret et moi sommes alors dans le ventre mou du classement de ce Circuit Midi Libre édition 1995. Tout va en fait s’accélérer lors de la cinquième étape qui rassemble 84 doublettes sur les bords de la rivière Lot à Livinhac.Vainqueurs tour à tour des Espalionnais Archimbeaud et Costes en 8e, des Livinhacois Alary et Lacoste en quart puis des Bassionois Croiset et Lagriffoulière en demie, nous sommes opposés en finale à Hervé Grès et Marc Vergnol. Les sociétaires de Combes font partie des hommes forts de cette édition 1995 puisqu’ils talonnent au classement l’incontestable leader, Eric Archimbeaud. L’an passé, Livinhac avait déjà accueilli une étape de ce Circuit Midi Libre. Nous étions déjà, Marc et moi, parvenus en finale mais la pièce avait alors été favorable à nos adversaires, les Creissellois Olivier Sicre et Richard Fauvet. Cette fois, pas question de jouer la partie à la pièce. Peu importe l’heure fort avancée de la nuit, peu importe l’état de fatigue qui est le notre, c’est boules en mains que l’on va en découdre.

Devant une poignée de spectateurs restés supporter les vrais joueurs du cru (nous aussi sommes licenciés dans le Bassin mais restons des Villefranchois exilés !), nous l’emportons finalement logiquement sur le score de 13 à 6. Nous empochons ainsi 20 points et remontons à la 6e place du classement, place que nous partageons alors avec José Albuquerque et Raymond Cerchi. Nous revenons surtout à 2 petits points de la 4e place occupée alors par les Espalionnais Diego Diaz et Nicolas Salerno. Tout reste donc possible lors de la dernière étape, y compris se hisser sur le podium. A Rieupeyroux, le scénario d’un concours qui a rassemblé 45 triplettes a longtemps été idéal. Grès et Vergnol, qui font équipe avec Hortélano, sont battus en quarts-de-finale par José Albuquerque, Raymond Cerchi et Jean-Louis Molines, des Ruthénois qui deviennet nos adversaires en demi-finale. Ce jour-là, je fais équipe avec Marc Nogaret et Patrice Hennequin. Une victoire, surtout si elle venait à être confirmée ensuite face aux Espalionnais Diaz-Archimbeaud-B. Cerchi, nous ferait grimper sur le podium. Vingt ans après, cette victoire, je ne comprends toujours pas comment elle nous a échappé. Après avoir concédé les trois premiers points, nous en faisons 12 les 3 mènes suivantes. 12 à 3. Les Ruthénois sont KO debout, il ne reste plus qu’à conclure. Ce que nous n’avons jamais su faire. Impardonnable. Marc Nogaret et moi ne rattrapons pas Hervé Grès, Marc Vergnol et Diego Diaz et nous nous faisons finalement devancer par José Albuquerque et Raymond Cerchi. Nous finissons aux 7e et 8e places d’un classement remporté cette année-là par Eric Archimbeaud récompensé par un voyage à Bruxelles pour assister au Championnat du Monde de pétanque. Le 28 juin lors de la remise des prix qui se déroule au Saloon de Sainte-Radegonde, je repars avec 2 repas à déguster chez Michel Bras à Laguiole.
A Saint-Affrique, une Coupe en guise de cadeau de Noël
Après avoir battu les Aveyronnais Nogaret, Lagarde et Sancerni, les Aubinois Marragou-Costes-Hortélano remportent cette 10e Coupe de Noël après avoir successivement écarté les formations sudistes d’ Alfonso (Montpellier), de Fernandez (Sète) et de Domenech (Bédarieux).
Organisée en même temps que celle de Figeac, la Coupe de Noël de Saint-Affrique, 10e du nom, a attiré cette année-la 76 triplettes. Je fais équipe avec Fernand Marragou et Didier Hortélano et, dès la deuxième partie, le sort nous oppose à de vieilles connaissances aveyronnaises Marc Nogaret, Christophe Lagarde et Clément Sancerni. Nous sortons vainqueurs de ce « choc fratricide » et nous poursuivons notre route. L’aventure a failli s’arrêter dès la partie suivante où seul un carreau en place peut nous laisser quelques petits espoirs. Didier Hortélano a fait carreau avant que nos adversaires déjouent alors complètement. Suffisamment en tout cas pour que l’on arrive en quart-de-finale et que l’on enchaine trois succès synonymes de victoire finale contre des équipes héraultaises venues de Montpelliers (Alfonso- Chategner-Boyer), de Sète (Fernandez-Guibal-Berdinel) puis de Bédarieux (Louvin-Domenech-Feijol). Fernand Marragou, déjà lauréat du classement par points en cette saison 1995, attaquait la nouvelle année de la meilleure des façons. Quant à moi, je devais me contenter de la deuxième place de ce classement avec quelque… 20 points de retard. Nicolas Bories complétait alors le podium.
- A lire prochainement les souvenirs de l’année 96 marquée notamment par l’épisode du National d’hiver Raoul-Bonnefous à Millau



