« Jeannot » Trébosc, ce Monsieur qui faisait rouler les boules en centre-ville de Rodez

Le choix de la Place de la Cité pour y installer les 6 cadres d’honneur avait fait la réputation du National de Rodez au milieu des années 90. « Jeannot » nous a quittés il y a tout juste 10 ans.
Si l’idée lui venait de repasser par-là, il ne se reconnaitrait sans doute pas. Ni dans les quartiers, encore moins dans les mentalités. Le musée Soulages lui a d’abord piqué son jardin public, là où est vraiment né un National, « son » National, qui allait devenir quelques années plus tard un des rendez-vous les plus prisés de l’Hexagone. A quelques hectomètres de là, c’est la Place de la Cité qui a laissé ses arbres et son bitume partir avec des souvenirs plein les branches et plein les bosses et autres plaques. Des souvenirs de ces parties qui voyaient les Choupay, Miléi, Radnic, Foyot, Quintais, Robert, Olmos, Croci, Gasparini, Le Dantec, Concedieu, Pelloux, Dasnias, Dath, Robineau, Fournier, Vis…, pour ne citer qu’eux, investir ce carré de l’hyper centre-ville de Rodez pour y enchanter les foules de ces passionnés de pétanque mais aussi de ces touristes tous plus curieux les uns que les autres. Si « Jeannot » poursuivait sa route, il ne serait pas au bout de ses surprises. Si il descendait vers Saint-Eloi et son boulodrome, il apprendrait que son autre National, le « Vétérans » cette fois, n’a pas, lui non plus, survécu. La faute à des successeurs qui n’ont décidément ni la trempe ni le charisme de celui qui était réputé pour sa gouaille et ses coups de gueule, mais aussi pour son grand coeur. Déçu et dépité à souhait, sans doute remonté comme une bretelle, il pourrait alors repartir… non sans faire un détour par l’aire des gens du voyage à Saint-Cloud. L’occasion, enfin, de retrouver trace de son grand investissement au sein de ce territoire qu’est le Grand-Rodez. En mai 2010, soit 3 mois après son décès dans son quartier de la… Boule d’Or (cela ne s’invente pas !), Jean-Trébosc a vu le maire Christian Teyssèdre inaugurer une aire rénovée portant une place en son nom. Jean-Trébosc nous a quitté il y a tout juste 10 ans. Il avait 71 ans.
Avec « Jeannot », les anecdotes ne manquent pas…
Un vendredi soir d’exhibition du National de Rodez, place de la Cité…
Nous sommes au tout début des années 2000. Pour le compte du journal Midi Libre, je suis installé dans le car podium éponyme. Nous sommes un vendredi soir. Il est sur le coup des 21 heures et le tournoi exhibition vient tout juste de jeter ses premières boules. Les tribunes sont bondées et le carré d’honneur est une véritable étuve. Micro en main, « Jeannot » Trébosc vient d’ailleurs de remercier ce nombreux public. Toujours avec le même enthousiasme et le même dynamisme. Encore et toujours avec des mots simples qui sentent le parler-vrai. Soudain, il monte les marches du car podium et entre dans la cabine réservée à la presse. IL me demande presque la permission de s’assoir sur les banquettes prévues à cet effet : « Il faut que je me pose 5 minutes pour récupérer », me dit-il tout en s’essuyant le front qui ruisselle avec son mouchoir. « Jeannot » s’est assis et, très vite, il s’est… endormi. Le National n’avait pas encore commencé et l’homme était déjà claqué. Claqué par un investissement sans compter pour la réussite du National, « son » National. Claqué parce qu’il voulait tout faire, tout diriger. Claqué parce la petite équipe de ses fidèles serviteurs manquait trop d’autonomie et de charisme. « Jeannot » Trébosc ne pouvait compter que sur quelques bras. Il devait, lui, mettre les siens dans la bataille, le tout en ne faisant confiance qu’à sa propre réflexion. Il réfléchissait et décidait seul. Idéalement placé entre le National d’Espalion et le Mondial de Millau, le rendez-vous ruthénois a très vite grandi. Trop vite pour un homme qui était trop seul à la barre. A méditer pour tous ceux qui auraient des projets d’organisation de manifestations d’une telle envergure.
« Jeannot » en photos
Au four et au moulin sur tous les fronts…


