Saison 2018 : quand le satisfecit général fait perdre un brin de crédibilité

Quand « pétanque pour tous » et « dynamisme » font débat

A l’image d’un candidat déjà en campagne pour un 3e mandat, le président Marc Nogaret, invité de nos confrères de La Dépêche du Midi à l’occasion de la dernière page hebdomadaire consacrée à la pétanque aveyronnaise, n’a caché ni ses satisfactions par rapport à l’année écoulée ni ses espoirs pour la saison à venir. Sans remettre en cause la véracité de ce bilan, il nous a paru important de le modérer en rappelant certains faits intervenus ces 12 derniers mois. Ou quand le journalisme essaie de trouver une place aux côtés d’une communication par ailleurs tout à fait légitime. 

Dossier réalisé par Cyrille COSTES
Journaliste « Pétanque 12 »

On serait en politique, il serait sans doute un candidat déjà en campagne. Mais parce que l’on est seulement à pétanque, il est juste un président qui soigne sa communication. Tout simplement. Invité de nos confrères de la Dépêche du Midi, Marc Nogaret a tiré un bilan satisfaisant de la saison 2018. Les chiffres lui donnent raison. Le nombre des licences est en sans cesse augmentation (plus de 4 300) et les recettes qui vont avec se portent plutôt bien. Sur le terrain, les Aveyronnais et surtout les Aveyronnaises ont chèrement vendu leur peau. Tant en championnats des clubs qu’en équipes. En clubs, on rappelle que les Creisselloises sont passées à 2 doigts du titre de Championnes de France à Saint-Pierre-les-Elbeuf. Les Sébazacoises ont quant à elles été sacrées vice-championnes de LIgue Midi-Pyrénées à Laburguière. En équipes cette fois, c’est la Pétanque de Creissels qui a frappé fort. Tant chez les garçons que chez les filles. Les champions d’Aveyron Bors – Bories – Pawlowski ont disputé les 8e de finales du « France ». Les féminines vice-championnes d’Aveyron Agrinier – Rouquayrol – Grimonpont se sont qualifiées pour les quarts-de-finale du « France ». Quant aux juniors, Agrinier  –  Alauzet – Fauvet, ils ont été titrés Champions de Ligue Midi-Pyrénées.

La pétanque à la portée de tous…, surtout ceux plutôt à l’aise financièrement parlant

En 2019, l’inscription à tous les Internationaux estampillés PPF sera de 30 euros la triplette.

Dans cette même interview, le président Nogaret réaffirme son implication pour la décentralisation. Il se définit aussi comme un dirigeant qui veut mettre la pétanque à la portée du plus grand nombre. Une intention certes louable mais qui s’inscrit dans un contexte qui l’est sans doute un peu moins. D’argent, il en est beaucoup et souvent question au détour des terrains de boules du département. Des indemnités souvent jugées insuffisantes, du prix des boissons trop chères, du prix des tenues qu’il faut soit compléter soit renouveler. Du montant de l’abonnement à « Pétanque 12 » qui en dissuaderait certains de se tenir informés… Certains joueurs ont même mis en avant cet argument financier pour expliquer leurs non-participations à certains concours régionaux, surtout quand ils commencent le matin. L’année 2019 ne devrait malheureusement pas améliorer les choses. Règlementation fédérale oblige, les tenues homogènes vont prendre de plus en plus de place. En championnat mais aussi lors des Nationaux et autres Internationaux. Ajoutez à cela le prix des inscriptions qui ne cesse de flamber pour tenir compte de paramètres toujours plus nombreux (appartenance au circuit PPF, Internet, frais liés aux sociétés de sécurité en particulier, frais d’organisation en général).  Le mieux est de prendre un exemple. En Aveyron, l’évènement estival est l’International d’Epsilon. Le président Robert Costes nous a confirmé que l’inscription 2019 serait de 30 euros la triplette : « Ce sont tous les Internationux qui sont à la même enseigne. La « Fédé » prend 8 euros par joueur. Ajoutez à cela les contraintes préfectorales qui imposent des surveillances assurées par des sociétés de sécurité et les autres frais d’organisation, on arrive à 10 euros par joueur. Soit 30 euros par triplette ». Soit le double d’un concours simplement départemental. Ajoutez à cela, homogénéité des tenues oblige, l’achat d’un ou plusieurs tee-shirts, les enveloppes buvette et restaurant, on va vite arriver à un budget quotidien de quelque 70 ou 80 euros. Pour ceux qui sont accompagnés, l’enveloppe dépassera largement les 100 euros la journée. Une broutille pour certains, une contrainte insurmontable pour beaucoup d’autres. Conclusion : Monsieur Nogaret, vous ne pouvez pas occulter cette barrière financière si vous prétendez mettre la pétanque à la portée de tous.

Il est question de dynamisme, mais de quel dynamisme ?
Le président Nogaret parle d’un « dynamisme rassurant » à l’échelle départementale. Ce dynamisme, cette capacité à se mettre au goût du jour pour mieux se projeter vers l’avant, est-il une constance dans le tissu de la pétanque aveyronnaise. Nous ne croyons pas. Sans citer de noms, on dira que moins d’un quart de la centaine de sociétés répertoriées en Aveyron se reconnaitront dans cette image du dynamisme. Trop de clubs ne pensent pas à communiquer. Ni avec leurs licenciés ni avec les organes de presse. Trop de clubs n’organisent pas le moindre concours. Trop de présidents et autres élus restent fachés avec l’outil internet. Le Comité ne montre d’ailleurs pas l’exemple à suivre. Les bonnes volontés, ou alors les compétences, manquent pour une mise à jour régulière des infos mises en ligne sur le site départemental.
Nous, journaliste, on parlerait plutôt de dynamisme à 2 vitesses. Une poignée de sociétés  – une dizaine au maximum – tire la pétanque aveyronnaise vers le haut. C’est peu. Beaucoup trop peu.
Nous, on aimerait parler de vrai dynamisme. A commencer par celui que devrait initier le Comité départemental. En réfléchissant aux conditions financières et matérielles à mettre en place pour lancer un pôle compétition qui aurait pour mission de bonifier les équipes appelées à défendre les couleurs aveyronnaises hors du département. En investissant dans l’acquisition d’infrastructures et autres matériels (tribune, système d’éclairage…) qui seraient ensuite prêtées ou louées à bas prix aux sociétés qui seraient ainsi incitées à avoir des projets.
Peux-t-on parler de dynamisme quand on est sans nouvelles de l’avenir du boulodrome Saint-Eloi à Rodez ? L’ Amicale des sociétés de pétanque de Rodez devrait défendre un projet bien ficelé qui mettrait en avant son programme actuel mais aussi et surtout ses futurs projets. L’Amicale devrait être actrice de se son propre devenir. En l’état acutuel des choses, cette amicale est davantage spectatrice que véritableent actrice. Une spectatrice qui n’a pas marqué des points en mettant fin au National triplettes vétérans et au Challenge triplettes seniors.

  • A lire prochainement : la suite des évènements marquants de 2018 (démission de Bernard Amalric, suspension de Yannick Boudes, création d’un nouveau club à Rodez, composition et décomposition des équipes, lancement de folles rumeurs…). 

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