A bientôt 60 ans, le Lot-et-Garonnais vient de partager 3 concours majeurs en Aveyron
Challenge Arnal et concours du 11 novembre en triplettes à Saint-Eloi à Rodez, concours doublettes au boulodrome Paul-Granier à Creissels… en l’espace de 3 semaines, Jean-Pierre Rabanel, comme dopé par sa décision de mutation, vient de partager 3 concours qui ont connu des participations de 78, 90 et 92 équipes. Le tout avec des partenaires différents. Une preuve, si besoin était, que la réputation trainée par ce bientôt jeune vétéran venu du Lot-et-Garonne était tout sauf usurpée. Rencontre avec un jeune papy prêt à faire de la résistance pour regoûter aux joies que lui a déjà procuré la pétanque de haut niveau.
Une demi-finale au « France » triplettes en 1981 à l’âge de 22 ans
Jean-Pierre sait que le journaliste va arriver alors tout est prêt. Le café est déjà en train de chauffer et Maryse n’est pas loin. Maryse, c’est son épouse. Elle a soit-disant du repassage à faire mais elle va finalement rester parmi nous. Maryse, c’est un peu la mémoire de Jean-Pierre. Des décennies de vie commune, ça laisse forcément des traces. Et des dates plein la tête. Alors quand on demande à Jean-Pierre Rabanel de nous retracer sa carrière à pétanque, c’est souvent Maryse qui répond. Mais Maryse n’est pas que la mémoire de Jean-Pierre.
C’est aussi et surtout sa première supportrices. Cette passionnée de pétanque, qui n’a jamais eu la moindre licence, a suivi son mari sur tous les terrains de France et de Navarre. A ses côtés, elle a sillonné les routes du Lot-et-Garonne mais aussi de la Ligue Aquitaine ou encore de l’Hexagone. Concours, championnats départementaux (2 titres en doublette et en triplette), de Ligue (un quart-de-finale en tête-à-tête) ou de France (une demi-fianle en triplette en1981 à l’âge de… 22 ans ) ou encore nationaux et autres internationaux, Jean-Pierre Rabanel n’a cessé de bourlinguer par monts et par vaux. Oui, mais ça c’était avant. Le garçon était jeune et son job en usine lui laissait alors tous ces week-ends de libre : « C’est mon patron de l’époque qui m’a d’ailleurs fait découvrir la pétanque. J’avais tout juste 15 ans », se souvient Jean-Pierre. Jean-Pierre se souvient aussi que cette liberté n’a pas duré. En 1983, à tout juste 24 ans, il rêve en effet d’une autre liberté. Professionnelle celle-là. Il devient son propre patron et installe ses activités de producteur de plants de légumes à La Plaine du Moulin du Lot, sur la commune de Sainte-Livrade. C’est alors parti pour 20 années durant lesquelles les activités de maraichers et le temps consacré à sa petite famille – il est le papa d’une fille unique – lui font poser les boules.
« En Aveyron, l’ambiance est sans nul doute plus saine qu’ailleurs »

Ce n’est qu’au début des années 2000 que le métal ressort des placards. Le quadragénaire a vu sa fille grandir et, même si le boulot de maraicher prend toujours autant de temps, il retrouve le goût de la compétition. Compétition, le mot est lâché. L’homme est un compétiteur, un vrai. Cela se voit, cela se sent. Mais quand on demande à Jean-Pierre Rabanel quelle est sa principale qualité à pétanque, c’est Maryse (qui n’a toujours attaqué le repassage) qui répond : « Il est fort moralement. Je l’ai vu stoïque dans des moments cruciaux lors de parties à forts enjeux ». Jean-Pierre savoure apparemment le compliment mais n’en rajoute pas. Mais son silence vaut visiblement acquiescement. Celui qui prétend être un pointeur avant tout, mais qui jouera milieu dans l’équipe qu’il vient de monter au Quatre-Saison Pétan Club, revient sur son arrivée en Aveyron : « Depuis l’année 2004, nous ne faisions que multiplier les allers-retours entre le Lot-et-Garonne et l’Aveyron pour rester proches de notre fille et de nos 2 petits enfants qui venaient de s’installer près de Rodez. Une fois l’heure de la retraite enfin sonnée, nous avons décidé, Maryse et moi, de rallier l’Aveyron et de faire construire à Druelle ». Une sympathie liée avec un certain Raphaël Perez explique que sa première licence a été signée au Pet Onet Village. Avec le président Serge Bernié, les 2 hommes ont d’ailleurs disputé le quart-de-finale du dernier championnat de l’Aveyron en triplettes à Sainte-Geneviève-sur-Argence. Battus par les futurs vainqueurs, les Creissellois Bors, Pawlowski et Bories, les 3 hommes auraient pu décider de remettre ça en 2019. Jean-Pierre Rabanel a pourtant choisi une fois encore de donner priorité à sa liberté individuelle. Et de signer au Quatre-Saisons PC où il fera équipe avec Alexandre Barnabé et Michel Roualdès : « Si l’épaule de notre tireur le laisse tranquille, je pense que l’équipe a un certain potentiel. Avec Michel, le feeling passe bien et on est même capables de trouver les bons mots aux bons moments pour réveiller la machine et renverser une situation compromise ». Un scénario que les 2 hommes ont déjà expérimenté puisque, menés 0 à 7 en demi-finale face aux favoris Jean-Pierre Mas, Jérémy Leroch et Nicolas Albaladéjo, ils ont su trouver les ressources pour inverser la tendane et finalement s’imposer. Ou quand Jean-Pierre Rabanel se plait à enfiler ce costume de « vieux de la vieille » qui lui va si bien. Un costume que l’intéressé est aussi prêt à porter dans la catégorie vétérans qu’il va intégrer en 2019. Le 27 avril prochain, l’homme aura en effet 60 ans et semble déjà prêt à croquer à pleines dents dans la dernière partie, aveyronaise celle là, de sa carrière histoire de savourer comme une deuxième jeunesse : « L’ Aveyron, je la découvre tous les jours un peu plus. Tout n’y est certainement pas parfait notamment dans le milieu de la pétanque. Je trouve en effet que la qualité des joueurs aveyronnais ne se retrouve pas forcément dans les équipes qui sont formées. Mais le contexte semble plutôt sain, en tout cas sans comparaison aucune avec d’autres départements que j’ai eu l’occasion de fréquenter », conclut Jean-Pierre Rabanel.
Cyrille COSTES
Journaliste « Pétanque 12 »
www.petanque12.com