« Être à nouveau Champion du Monde avec mon ami Philippe serait mon plus grand bonheur »
Quelques minutes avant d’embarquer pour le Canada, pays hôte du 48e Championnat du Monde de pétanque, le tout nouveau Champion de France doublettes – c’était ce week-end à Quillan – a bien voulu consacrer quelques minutes de son précieux temps pour répondre aux questions de « Pétanque 12 ». L’occasion, inévitablement, de revenir sur cet incroyable triplé qui restera éternellement lié à cette année 2018. L’occasion d »évoquer aussi son départ annoncé, dès la saison prochaine, pour la ville voisine de Fréjus. L’occasion, enfin, de le questionner sur la probabilité de le revoir un jour, boules en mains, en Aveyron. Morceaux choisis.
Entretien réalisé par Cyrille COSTES, journaliste
Pétanque 12 : Réaliser le triplé Champion de France en tête-à-tête, en doublette et en triplette la même saison est une première. Pensiez-vous qu’une telle performance était possible ?
Henri Lacroix : Je me doutais que c’était possible mais ce n’était surtout pas un objectif. C’est tellement dur de gagner que l’on prend les compétitions les unes après les autres. Être sacré en tête-à-tête et en triplette, franchement, c’était déjà exceptionnel. Avec Dylan, on s’est surtout pas mis une pression supplémentaire. On a été à Quillan pour se faire plaisir et essayer de conserver le maillot tricolore qui était le notre depuis 2 ans. Ce devait être le bon état d’esprit puisqu’à l’arrivée, nous avons gagné.
De ces 3 titres, lequel a été le plus dur à conquérir ?
Sans aucun doute le tête-à-tête. Pour la simple et bonne raison que je n’ai pas bien joué le samedi. Le dimanche, heureusement ça allait mieux. Avec le résultat que l’on sait…
Disputer une finale du « France » doublettes contre une équipe de son club, l’ABC Draguignan, qui plus est face à son partenaire de triplette Stéphane Robineau, ce ne doit pas être facile…
C’est d’autant moins facile que notre groupe est animé d’une très bonne ambiance. Il n’y a aucune animosité entre nous, bien au contraire. Mais avec Dylan, on s’était préparé à cet affrontement. Quand on a vu que le tirage au sort nous épargnait ce face-à-face en demi-finale, on s’est dit que ce serait peut-être pour la finale. Quand on a remporté la demi-finale, on était déjà contents car on savait qu’on avait déjà gagné notre qualification pour le championnat 2019. On a décidé de continuer à se faire plaisir. Je suis content d’avoir gagné mais si défaite il y avait eu, franchement, j’aurais été heureux pour mon ami Stéphane Robineau qui aurait enrichi son palmarès mais aussi pour son partenaire Benji Renaud qui court toujours après son premier titre national.
A l’instant de votre victoire, à qui, à quoi avez-vous pensé en premier ?

Je ne serai pas original. J’ai pensé à ma famille. A ma femme qui est toujours là auprès de moi et qui sait toujours m’apporter son soutien. Cela n’a pas de prix. A mon fils et à ma fille qui ne comptent jamais leurs encouragements. Mais aussi et surtout à mon père, ce joueur de boules que j’ai perdu il y a maintenant 18 ans. C’était en 2000 et Papa avait 47 ans. Tout ce qui se passe maintenant lui aura échappé. S’il avait vu ça, j’espère qu’il aurait été fier de moi.
Quand on antout gagné, et ce à de multiples reprises, comment fait-on pour garder la motivation et se fixer toujours de nouveaux objectifs ?
On se fixe une feuille de route et on s’y tient. On sait qu’on est attendus partout. Mais on aime ça. Alors je me fixe un calendrier en essayant de faire le moins de kilomètres possibles. Répondre aux invitations, participer en enchainant les rendez-vous, se faire plaisir en gagnant, c’est à la fois notre leïmotiv et notre quotidien.
Vous êtes sur le départ pour le Canada, pays hôte du 48e Championnat du Monde de pétanque. Dans quel état d’esprit êtes-vous moins de 24 heures après votre sacre à Quillan ?
Être Champion du Monde serait sans aucun doute le titre qui me ferait le plus plaisir en cette saison 2018. Endosser à nouveau le maillot arc-en-ciel à l’occasion du retour en équipe de France de Philippe Quintais serait mon plus grand bonheur. Philippe est un ami, un vrai. Son retour aujourd’hui en équipe de France me semble la plus juste des récompenses et des évidences. Faire gagner à nouveau les couleurs françaises avec lui, voilà ce qui me tient le plus à coeur pour cette fin de saison. Mais cela va être compliqué. Il va falloir digérer 7 heurs d’avion, 6 heures de voiture sur les routes canadiennes et surtout les 6 heures de décalage horaire. Le tout avant jeudi pour Dylan qui ouvre le bal avec le tir de précision avant d’attaquer le Championnat triplettes dès le lendemain vendredi. Après, ce sera parti pour 3 jours de très haute compétition avec Dylan et les 2 Philippe, Quintais et Suchaud.
» Si les organisateurs du FIPEM à Millau reviennent vers nous, nous étudierons leur invitation avec attention »
La fin de saison, parlons-en. Il se dit que c’est votre dernière sous les couleurs de l’ABC Draguignan. Les bruits disent que vous allez rejoindre la ville voisine de Fréjus. Confirmez-vous cette information ?
Ce n’est pas encore officiel mais c’est fait à 99,99%. Ce transfert a beaucoup fait parler et je tiens à remettre les choses au point. On nous a accusés de trahison et de porter un coup de couteau dans le dos aux dirigeants de l’ABC Draguignan. Aujourd’hui, des explications ont eu lieu et les choses se sont apaisées. Je tiens à rappeler que cela fait maintenant plusieurs années que le Président de l’ABC Draguignan disait vouloir quitter son poste. Parallèlement à çà, la ville voisine de Fréjus lance le projet de monter un club et nous fait une proposition. Le challenge nous a plus et on a décidé de le relever. Ce sont donc des raisons uniquement sportives qui expliquent ce choix. Mais il y aura sans soute une suite à Fréjus. J’ai porté les couleurs de Nice, de Lyon, et Draguignan et, l’an prochain, je porterai sans doute celles de Fréjus. Mais mon tour de France n’est sans doute pas terminé.
Reverra-t-on, un jour, Henri Lacroix, boules à la main, sur les terrains aveyronnais ?
Je l’espère mais c’est compliqué. Comme je vous l’ai dit, j’établis mon calendrier en essayant de faire le moins de kilomètres possibles. A Espalion, j’apprécie beaucoup de choses, notamment le cadre. Le problème, c’est qu’à cette date-là, un National en jeu provençal est organisé à 2 km de mon domicile. J’aime bien cette discipline et j’y consacre 2 à 3 concours chaque année. Quant à Millau, pourquoi pas. Le FIPEM est aujourd’hui en concurrence avec le National d’Objat en Corrèze où nous sommes invités. Si les dirigeants millavois se rapprochent de nous pour évoquer la possibilité d’un retour en Aveyron autour du 15 août, notre porte ne sera pas fermée. Au contraire, nous étudierons leur proposition avec attention.
très bien de nous faire davantage connaitre un super joueur qui a les pieds sur terre !!!